﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0"><channel><title>La Revue Développement social</title><link>http://www.dev.inspq.qc.ca/ipcdc/nouvelles.aspx</link><description>Les derniers article de la Revue Développement social</description><copyright>(c) Gouvernement du Québec</copyright><ttl>60</ttl><item><title>Lancement de la norme conciliation travail-famille</title><description>&lt;h1 class="theme_breves"&gt;Brèves&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_breves" /&gt;
&lt;h2&gt;Lancement de la norme conciliation travail-famille&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises peuvent désormais compter sur un outil de taille pour attirer de nouveaux employés et retenir les leurs : la norme conciliation travail-famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impulsée en 2007 par le ministère de la Famille et des Aînés, conjointement avec le Bureau de normalisation du Québec, la norme Conciliation travail-famille s'adresse à toute entreprise ou organisation qui souhaite faire reconnaître et certifier ses bonnes pratiques en matière de conciliation travail-famille. Parmi les mesures reconnues, mentionnons les suivantes : offrir un service de garde sur les lieux de travail, des congés pour raisons familiales, une semaine de travail comprimée, un horaire flexible, le télétravail. Les entreprises seront encouragées à mettre de l’avant des pratiques de conciliation travail-famille répondant aux besoins de leurs employés. Quatre niveaux de certification peuvent être atteints, en fonction des exigences de la norme. Plus une organisation répond à ces exigences, meilleur est son rendement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mentionnons que le ministère de la Famille et des Aînés compte déjà un programme visant à favoriser et à soutenir financièrement l’implantation de mesures de conciliation travail-famille. Lancé en 2009, le Programme de soutien financier aux milieux de travail appuie les entreprises et les associations qui désirent mettre en place des mesures de conciliation travail-famille. Ce programme s’adresse en particulier aux petites et moyennes entreprises de 250 employés ou moins, ainsi qu’aux organisations à but non lucratif et aux associations patronales, syndicales, professionnelles ou sectorielles, dont les activités sont principalement liées au travail, à l’emploi ou à la gestion et au développement des ressources humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations qui s’intéressent à la norme Conciliation travail-famille et à la démarche de certification peuvent s’adresser directement au Bureau de normalisation ou visiter son site Internet à l’adresse suivante : &lt;a href="http://www.bnq.qc.ca" target="_blank"&gt;www.bnq.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><link>lancement-de-la-norme-conciliation-travail-famille.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:19:06 GMT</pubDate></item><item><title>Forum international de l'économie sociale et solidaire</title><description>&lt;h1 class="theme_breves"&gt;Brèves&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_breves" /&gt;
&lt;h2&gt;Forum international de l'économie sociale et solidaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur la scène internationale, le Québec est devenu un acteur reconnu autant pour son dynamisme dans le domaine de l'économie sociale que pour le partenariat constructif qu'il a su bâtir entre les pouvoirs publics et la société civile sur les plans national, régional et local. C’est sans doute pourquoi les acteurs de l’économie sociale du Québec auront l’immense privilège d’accueillir à Montréal, du 17 au 20 octobre prochain, dans le cadre du Forum international de l'économie sociale et solidaire (FIESS), des partenaires de tous les continents qui partagent le même engagement à promouvoir et à développer l’économie sociale et solidaire sur leurs territoires respectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fruit d’un partenariat entre pouvoirs publics et société civile, l'organisation de ce Forum permettra au gouvernement du Québec, à la Ville de Montréal, à l'ensemble des régions du Québec et aux partenaires de la société civile de mettre en valeur leurs meilleures pratiques, mais également d'apprendre à connaître celles des autres. Avec une approche participative et interactive, le FIESS 2011 sera un lieu privilégié pour discuter et s'inspirer des méthodes et pratiques de divers pays du Nord et du Sud facilitant cette co-construction des politiques publiques qui ont su favoriser l'émergence d'entreprises d'économie sociale et solidaire contribuant à l'atteinte d'objectifs de développement économique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À cette occasion, la revue &lt;em&gt;Développement social&lt;/em&gt;, en collaboration avec les principaux partenaires du FIESS, lancera un numéro entièrement consacré à l’économie sociale et solidaire. En complémentarité avec l’événement, ce numéro spécial visera à présenter là où nous en sommes, au Québec, en termes de co-construction des politiques publiques, tout en présentant des expériences internationales novatrices et inspirantes. Le numéro reprendra les cinq thèmes du FIESS, soit finance et commerce solidaire, sécurité et souveraineté alimentaire, innovation et entrepreneuriat collectif, emploi et travail,  territoire et développement local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un numéro à lire en octobre prochain. Une programmation à connaître dès maintenant. &lt;a href="http://www.fiess2011.org" target="_blank"&gt;www.fiess2011.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><link>forum-international-de-leconomie-sociale-et-solidaire.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:18:58 GMT</pubDate></item><item><title>La force de l’intelligence collective locale : le 23e colloque du Réseau québécois de Villes et Villages en santé (RQVVS) à Sherbrooke </title><description>&lt;h1 class="theme_breves"&gt;Brèves&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_breves" /&gt;
&lt;h2&gt;La force de l’intelligence collective locale&lt;/h2&gt;
&lt;h2&gt;&lt;span class="soustitre"&gt;Le 23&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; colloque du Réseau québécois de Villes et Villages en santé (RQVVS) à Sherbrooke&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment tisser à l’échelle locale une vie démocratique centrée sur le bien commun? Comment mettre à profit les différentes expertises qui cohabitent dans nos milieux : expertise citoyenne, des élus, des experts et des organismes divers pour faire triompher l’intelligence collective?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si de ce mariage naissait une force collective capable de relever tous les défis, même ceux qui semblent impossibles à relever?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des communautés arrivent à mettre en place, grâce à la stratégie Villes et Villages en santé notamment, des processus qui tablent sur cette intelligence collective. Comment les choses se passent-elles chez vous?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le colloque du RQVVS 2011, les 15 et 16 septembre prochain, mettra en lumière la richesse de l’intelligence collective locale. On y traitera, entre autres sujets, de participation citoyenne, de développement durable, d’écoles au cœur de leur communauté, d’urbanisme, de stratégies de mobilisation, de bénévolat et de médias sociaux avec, comme toile de fond, ce postulat : ensemble c’est vrai qu’on peut faire plus et mieux… mais on est aussi beaucoup plus intelligent! Programme et inscription disponibles à compter de mai.&lt;/p&gt;</description><link>la-force-de-lintelligence-collective-locale-le-23e-colloque-du-reseau-quebecois-de-villes-et-villages-en-sante.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:18:46 GMT</pubDate></item><item><title>Déclaration québécoise pour l'innovation sociale : le Québec doit s'investir davantage dans l'innovation sociale</title><description>&lt;h1 class="theme_breves"&gt;Brèves&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_breves" /&gt;
&lt;h2&gt;Déclaration québécoise pour l'innovation sociale : le Québec doit s'investir davantage dans l'innovation sociale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Communauté d'intérêt sur l'innovation sociale vient de rendre publique une déclaration intitulée « &lt;em&gt;Pour un système d'innovation sociale au Québec&lt;/em&gt; », qui enjoint le gouvernement québécois de donner au système d'innovation sociale les moyens de se mettre véritablement au service du développement du Québec. Cette communauté est composée d'une vingtaine de représentants d'organisations reconnues comme leaders de l'innovation sociale au Québec, réunies depuis avril 2010 par le &lt;em&gt;Réseau québécois en innovation sociale&lt;/em&gt; (RQIS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Divulguée à l'occasion du troisième Colloque international du Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES), la « &lt;em&gt;Déclaration québécoise pour l'innovation sociale&lt;/em&gt; » découle du mandat confié le printemps dernier au RQIS par le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE), de même que par l'Université du Québec, afin de mettre en place une communauté d'intérêt intersectorielle sur l'innovation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Déclaration a été rédigée par un groupe de praticiens et de théoriciens provenant de milieux institutionnels et de la société civile, des milieux de la recherche, de la liaison ou de l'intervention, actifs dans les secteurs économique, social, éducatif ou culturel. Au cours de la dernière année, ils ont élaboré une réflexion commune sur la valorisation et la consolidation du système québécois d'innovation sociale à partir de leurs propres expériences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux connaître les membres de la Communauté d'intérêt sur l'innovation sociale et leurs travaux, ainsi que pour lire et signer la Déclaration québécoise pour l'innovation sociale : &lt;a href="http://www.uquebec.ca/dqis/" target="_blank"&gt;www.uquebec.ca/dqis/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><link>declaration-quebecoise-pour-linnovation-sociale-le-quebec-doit-sinvestir-davantage-dans-linnovation-sociale.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:18:35 GMT</pubDate></item><item><title>Bureaux des temps : fondements, enjeux et résultats</title><description>&lt;h1 class="theme_d_ici_et_d_ailleurs"&gt;D'ici et d'ailleurs&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_d_ici_et_d_ailleurs" /&gt;
&lt;h2&gt;Bureaux des temps : fondements – enjeux et résultats&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Juliette Rochman, ARUC sur la gestion des âges et des temps sociaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C’est en Italie, dès la fin des années 1980, que se sont développées les premières politiques temporelles en Europe. Elles ont été portées par des syndicats de salariés et par des mouvements féministes, lesquels revendiquaient précisément le droit de concilier les divers temps de leur vie, ou temps sociaux. Ces démarches ont été consacrées par deux lois donnant notamment aux maires italiens la responsabilité de la gestion de tous les horaires des services publics sur leur territoire&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;. La problématique, d’abord centrée sur les temps de la personne, s’est rapidement élargie à l’espace public : il s’agit désormais de déterminer, par exemple, comment créer avec les habitants d’un quartier un « espace-temps » convivial en réhabilitant une place publique, ou encore d’améliorer la circulation d’une ville en coconstruisant un « plan de mobilité » avec les entreprises, la municipalité et les citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des années 1990, les politiques des temps ont fait leur apparition, simultanément, ailleurs en Europe. En France, les premières politiques temporelles apparaissent en 1997, dans un cadre « politique » : ce sont des élus, puis le gouvernement, qui prennent l’initiative. En Allemagne, le flambeau est porté à la fois par des universitaires et par des représentants de la société civile, qui créent le premier « bureau des temps » allemand, à Brême, en 1999. Au même moment, aux Pays-Bas, des « programmes d’aménagement de la vie quotidienne » sont mis en place. En Espagne, c’est pour répondre à une urgence, soit l’existence de problèmes sociaux concernant plus particulièrement les jeunes, que sont développées les politiques temporelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Québec, bien que plusieurs discussions aient entouré la mise sur pied d’un possible « bureau des temps » à la ville de Québec, celui-ci ne verra jamais le jour. Cependant, sans avoir de politiques bien arrêtées en la matière&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;, plusieurs villes québécoises s’intéressent à des sujets connexes à travers les politiques familiales municipales&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Les politiques temporelles et bureaux des temps en deux mots&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Les « politiques des temps de la ville ont pour objectifs, tant l’amélioration de la qualité de vie que l’égalité entre les sexes, les âges, les catégories sociales, la reconstitution du lien social ou encore la requalification urbaine »&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;. Elles sont fondées sur une approche de la vie quotidienne qui réfère à de réels problèmes d’organisation individuelle et collective, des problèmes associés à la conciliation emploi-famille dans bien des cas. L’enjeu est notamment de parvenir à concilier et articuler les activités quotidiennes relevant de différentes sphères : celle du travail d’une part et, d’autre part, celle de la sphère de la famille et celle des activités sociales et des loisirs. Les politiques temporelles résultent également de la multiplication et de la diversification des usages du temps, ainsi que des mobilités et de la sensibilité croissante des populations à l’égard des questions temporelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les « bureaux des temps », quant à eux, sont de nouvelles structures qui accompagnent la mise en œuvre des politiques temporelles. Il s’agit d’une structure municipale – ou fortement articulée à l’action de la collectivité territoriale – qui assure une transversalité à l’écoute des habitants et des utilisateurs du territoire, en même temps qu’elle associe ceux-ci à la formulation des problèmes et des solutions. Il s’agit de contribuer à construire des compromis destinés à résoudre les conflits temporels inhérents à nos sociétés individualisées et diversifiées, notamment en matière de conciliation emploi-famille.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Thématiques et enjeux&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Au-delà des spécificités et des priorités nationales et locales, un consensus s’est progressivement créé, à l’échelle de l’Europe, entre les acteurs des politiques temporelles, autour d’un certain nombre de thématiques et de champs d’intervention. L’analyse des mesures adoptées dans le cadre des différentes politiques temporelles françaises et européennes&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt; est révélatrice de cet état de fait. En regroupant ces lignes d’action par grandes thématiques, il est possible de mettre en évidence une série d’enjeux abordés de façon systématique – bien que différenciée – par les politiques temporelles et comportant une dimension individuelle et collective. Il s’agit de a) la sensibilisation/formation aux questions temporelles et à l’utilité des bureaux des temps; b) le temps de travail, notamment les questions de la réduction des inégalités liées au temps et à l’amélioration de l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle; c) l’adaptation des services publics et privés aux besoins et aux rythmes des habitants et des familles; d) la question des rythmes scolaires et l’accueil des enfants; e) la mobilité durable; f) la nuit ou les enjeux liés aux activités de nuit; g) et enfin l’urbanisme temporel et la gouvernance des territoires&lt;sup&gt;7&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Des exemples de projets mis en œuvre à l’échelle européenne&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;À Dijon, l’école se termine à 11 h 45 et reprend à 13 h 50. La très forte fréquentation des restaurants scolaires posait des problèmes de saturation des services, nécessitant de soulever des questions à l’égard de l’effectif des animateurs, du nombre de services à proposer, du temps d’attente pour les enfants, etc. De plus, cette organisation imposait à certains enfants des rythmes trop contraignants : arrivée très tôt au centre de loisirs le matin, permanence à la cafétéria le midi et étude le soir. La « Mission temps urbains » a donc réfléchi à un moyen de permettre à ces enfants de rentrer chez eux ou, du moins, d’avoir une coupure le midi. La proposition qui a finalement été retenue permet aux parents de venir récupérer leurs enfants un peu plus tard (à 12 h 30 plutôt qu’à 11 h 45) ou de les ramener un peu plus tôt (dès 13 h 30 au lieu de 13 h 40). Cette réorganisation de l’horaire permet aux parents travaillant en ville (les commerçants notamment) de manger et de passer du temps avec leurs enfants. Cette disposition s’est avérée peu coûteuse, car elle n’a pas requis la mobilisation d’animateurs supplémentaires. Dans les écoles proposant un double service, les enfants attendant leurs parents restent sous surveillance collective dans la cour.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Des initiatives bien utiles&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Il est possible de tirer un bilan relativement positif des politiques temporelles en matière de conciliation des temps sociaux. En effet, à l’échelon local, la mise en œuvre des « projets temporels » contribue réellement à améliorer la qualité de vie des citoyens, relayant le succès d’estime des politiques temporelles. En conséquence, la création de nouveaux bureaux – agences, espaces ou missions, quelle que soit leur appellation – des temps, permet d’entretenir et de renforcer un réseau d’expériences et de connaissances sans lequel aucune « véritable » politique temporelle ne pourrait émerger.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Des défis à relever&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;On mesure donc à la fois le potentiel des politiques temporelles et l’immense défi qui leur est lancé. Ce défi apparaît d’autant plus important que la construction d’une réelle concordance des temps a, dès l’émergence des politiques temporelles, été envisagée comme un moyen de passer d’un dialogue social (entre patrons et syndicats ou salariés) à un dialogue sociétal quadripartite (collectivités locales, société civile, entreprises, salariés). De fait, le débat sur ces questions, au Québec comme ailleurs, conduit à élargir le débat sur la conciliation et à le faire passer du milieu de travail au milieu de vie. Au-delà de ces défis, et en dépit d’un appareillage administratif souvent minimal, les politiques temporelles et les bureaux des temps ont des effets bien au-delà des moyens à leur disposition. La diffusion des projets temporels constitue à ce titre une avancée et doit être considérée comme telle.&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;Le présent article est issu d’une recherche réalisée en septembre et octobre 2010 dans le cadre de l’ARUC (Alliance de recherche université-communauté) sur la gestion des âges et des temps sociaux (&lt;a href="http://www.teluq.uqam.ca/aruc-gats" target="_blank"&gt;www.teluq.uqam.ca/aruc-gats&lt;/a&gt;) et de cette note de recherche : Rochman, J. et Tremblay, D.-G. (2011). &lt;em&gt;Les bureaux et agences des temps en France et en Europe; état des lieux&lt;/em&gt;. Note de recherche no 2011-2 de la l’ARUC sur la gestion des âges et des temps sociaux. Montréal : ARUC-GATS. &lt;a href="http://benhur.teluq.uquebec.ca/SPIP/aruc/spip.php?page=nouvelles&amp;amp;mois=02&amp;amp;lang=fr" target="_blank"&gt;benhur.teluq.uquebec.ca/SPIP/aruc/spip.php?page=nouvelles&amp;amp;mois=02&amp;amp;lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La loi 142 en 1990. Et la loi TURCO, de mars 2000, qui « promeut un équilibre entre les temps de travail, de loisirs, de formation et de sociabilité à travers l’institution de congés parentaux et de congés pour formation continue, de coordination des temps de fonctionnement de la ville et de promotion des usages du temps à des fins de solidarité sociale ». &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Un projet d’agence des temps est actuellement en développement dans la région de Charlevoix, en lien avec le Carrefour Action municipale et famille.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Rochman et Tremblay (2010). Voir &lt;a href="http://benhur.teluq.uquebec.ca/SPIP/aruc/spip.php?article13" target="_blank"&gt;benhur.teluq.uquebec.ca/SPIP/aruc/spip.php?article13&lt;/a&gt; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Boulin Jean-Yves (2003), &lt;em&gt;La nouvelle aire du temps&lt;/em&gt;. (dir. : Godard, F. et Dommergues, P.). Éd. de l’Aube.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Rochman, J. et Tremblay, D.-G. (2011). Voir &lt;a href="http://benhur.teluq.uquebec.ca/SPIP/aruc/spip.php?page=nouvelles&amp;amp;mois=02&amp;amp;lang=fr" target="_blank"&gt;benhur.teluq.uquebec.ca/SPIP/aruc/spip.php?page=nouvelles&amp;amp;mois=02&amp;amp;lang=fr&lt;/a&gt; et Boulin, J.-Y. (2008) &lt;em&gt;Villes et politiques temporelles&lt;/em&gt;, la Documentation Française, Paris.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Comme le souligne J.-Y. Boulin (entrevue  2010), il s’agit de plus en plus de favoriser la multifonctionnalité des lieux (Pays Bas et Allemagne). D. Royoux (entrevue 2010) précise qu’il n’y a en effet d’affectation permanente, ni du sol pour un usage, ni d’une personne pour une fonction (travailleur, utilisateur, habitant), ce qui implique des transformations constantes des usages et des conceptions des individus (…) et nécessite une concertation en permanence. &lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>bureaux-des-temps-fondements-enjeux-et-resultats.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:18:15 GMT</pubDate></item><item><title>Cap sur les jeunes bénévoles</title><description>&lt;h1 class="theme_monde_communautaire"&gt;Monde communautaire&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_monde_communautaire" /&gt;
&lt;h2&gt;Cap sur les jeunes bénévoles&lt;br /&gt; &lt;span class="soustitre"&gt;Tracez votre chemin : un guide pratique à l’intention des organismes         qui souhaitent faire une place aux jeunes bénévoles&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Marie-Josée Ouellet, Secrétariat à l’action communautaire autonome et aux initiatives     sociales&lt;/h3&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/cap-sur-les-jeunes-benevoles.jpg" alt="Marie-Josée Ouellet" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Fany Ducharme&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La force de nombreuses organisations repose sur les efforts de milliers de bénévoles.     Le recrutement, la formation et la fidélisation des bénévoles posent cependant des     défis importants, particulièrement dans un contexte où l’action bénévole est en     pleine mutation&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;. Notamment, les jeunes de 15 à 34 ans – qui composent     26 % de la population au Québec – représentent un potentiel de relève significatif,     en plus de constituer un apport bienvenu au sein des organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l’apport des jeunes bénévoles est synonyme de renouveau, il oblige également     les organisations à adapter, voire à remettre en question leurs pratiques de gestion     des bénévoles. C’est dans cette perspective que le Réseau de l’action bénévole du     Québec, en concertation avec ses membres, a élaboré le guide &lt;em&gt;Cap sur les jeunes         bénévoles&lt;/em&gt;. Tout juste lancé, il présente une démarche simple en trois étapes.&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;Un questionnaire diagnostic permet de faire le point sur la place occupée par les         jeunes bénévoles dans l’organisme.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Une section de prise de conscience présente de l’information sur les apports, les         caractéristiques et les besoins des jeunes.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Un processus de mise en action amène les organismes à faire les choix qui correspondent         à leur réalité et à planifier le changement.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Agréablement illustré, le guide est truffé de « Pratiques porteuses », qui sont     des exemples concrets d’approches ayant fait leurs preuves en matière d’intégration     des jeunes. On y trouve également des exercices de réflexion sur les pratiques en     cours dans divers organismes, ce qui, une fois transposé adéquatement, pourrait     inspirer des solutions adaptées à la réalité propre de plusieurs autres organismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le guide présente également de l’information sur les jeunes bénévoles en fonction     de leur groupe d’âge (15 à 17 ans, 18 à 23 ans et 24 à 35 ans). On y apprend, entre     autres, que les adolescents de 15 à 17 ans aiment surtout explorer leurs intérêts     personnels et professionnels et tenter diverses expériences, qu’ils ne recherchent     pas nécessairement d’engagement à long terme, que leurs intérêts fluctuent, qu’ils     ont une disponibilité variable en raison des nombreuses activités qui animent leur     quotidien, etc. Le fait de mieux connaître la réalité et les préoccupations des     différents groupes d’âge permet aux organismes d’en tenir compte dans la façon de     les recruter et de les retenir, notamment en répondant mieux à leurs besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes bénévoles sont également susceptibles de jouer un rôle décisionnel au     sein des diverses instances démocratiques des organismes. Le guide présente plusieurs     trucs pour y faciliter la participation des jeunes, comme l’assignation d’une personne     ressource, qui n’est pas membre du conseil d’administration, pour expliquer les     dossiers et soutenir les nouveaux administrateurs, ou l’organisation d’une activité     brise-glace lors de la première rencontre du conseil d’administration suivant l’élection,     afin que tous puissent mieux se connaître et faire équipe durant l’année.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À la fin de la démarche, l’organisme pourra prioriser trois actions qu’il aura jugé     réalistes et élaborer son propre plan d’action. Enfin, le guide présente un aide-mémoire     qui reprend toutes les étapes de préparation de l’action : l’information, la participation,     la motivation, la priorisation, les moyens, le suivi et l’évaluation de l’action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d’appuyer la démarche décrite dans le guide, un processus d’accompagnement     et de formation a été élaboré afin de soutenir les organismes intéressés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le guide &lt;em&gt;Cap sur les jeunes bénévoles&lt;/em&gt; est un résultat concret du Plan de     valorisation de l’action bénévole lancé en avril 2009 par le ministère de l’Emploi     et de la Solidarité sociale et auquel le Réseau de l’action bénévole du Québec contribue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Réseau de l’action bénévole du Québec a été créé en 2003, dans la foulée de l’année     internationale des bénévoles de 2001. Il est composé de dix-huit organisations membres,     issues de divers secteurs de l’action bénévole. Il a pour mission la concertation     de ses membres et des autres acteurs de l’action bénévole, la promotion de l’action     bénévole, la valorisation et la reconnaissance de celle-ci au Québec et le soutien     à son développement. Il est également reconnu comme interlocuteur du gouvernement     en matière d’action bénévole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de plus amples informations, visitez le site Internet du Réseau de l’action     bénévole au &lt;a href="http://www.rabq.ca" target="_blank"&gt;www.rabq.ca&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;Julie Fortier, André Thibault et David Leclerc (2010). &lt;em&gt;Bénévolat nouveau, approches         nouvelles, Faits saillants de la recherche au Québec&lt;/em&gt;, Laboratoire en loisir         et vie communautaire, Université du Québec à Trois-Rivières, 12 pages.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>cap-sur-les-jeunes-benevoles.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:17:54 GMT</pubDate></item><item><title>Un rythme pour la coopération : le Réseau des grandes villes se penche sur l’hyperconcertation </title><description>&lt;h1 class="theme_autour_du_municipal"&gt;AUTOUR DU MUNICIPAL&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_autour_du_municipal" /&gt;
&lt;h2&gt;Un rythme pour la coopération&lt;br /&gt;&lt;span&gt;Le Réseau des grandes villes se penche sur l’hyperconcertation&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Angèle-Anne Brouillette, comité de rédaction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le réseau des grandes villes en développement social se penche depuis maintenant deux ans sur le phénomène de l'hyperconcertation. Car nombreux sont les acteurs qui soulignent depuis un certain temps que la multiplication des instances au sein de leur municipalité pose quelques défis en matière de gouvernance et de temps. Fruit de leurs réflexions, un outil convivial et vulgarisé du Réseau québécois de Villes et Villages en santé sera bientôt disponible; il visera d’une part à aider les acteurs des différents secteurs à se faire une tête sur le sujet et d’autre part à proposer des idées susceptibles de prévenir ou de limiter les effets pervers de l’hyperconcertation. Présentant les enjeux, les défis et quelques solutions ou initiatives pertinentes, il s’adressera à l’ensemble des acteurs du développement social et des communautés. En attendant, voici quelques faits saillants de leur réflexion.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Hyperconcerter, c'est possible?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L'hyperconcertation est la multiplication des instances de concertation qui font appel aux mêmes acteurs en changeant toutefois de promoteurs. Les causes sont multiples : des exigences nombreuses et non coordonnées pour la planification, la reddition de comptes ou l'évaluation par les bailleurs de fonds; une absence de régulation des processus de concertation; et une pression sur les acteurs quant à la mise sur pieds d'instances multisectorielles. Selon Denis Bourque, professeur au département de travail social à l’Université du Québec en Outaouais et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en organisation communautaire, « [s]ur le terrain, cela ressemble plus à un embouteillage tellement les instances, démarches ou lieux de concertation se multiplient à la vitesse de la création de toute nouvelle initiative publique ou privée touchant le développement des communautés »&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conséquences sont nombreuses. Pour les acteurs individuels d'abord, puisque cette sursollicitation les épuise. Ensuite pour les collectivités, puisque le danger d'affaiblir les instances locales de concertation est grand en raison de l'instrumentalisation des mécanismes collectifs. Il y a, par ailleurs, un risque de cloisonnement du traitement des dossiers, en raison de la sectorialisation de la concertation, allant jusqu'à l'incohérence dans les actions et les interventions sur un même territoire. Enfin, la multiplication des politiques et des programmes qui en appellent à la concertation assujettit ou instrumentalise, volontairement ou de facto, les processus locaux de concertation intersectorielle.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Des solutions pour prévenir ou limiter les effets pervers?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Selon les membres du réseau des grandes villes en développement social les mesures à mettre en œuvre doivent l'être aux trois paliers de l'action, soit aux niveaux local, régional et national. D'abord au national, les mesures, complexes, doivent viser à harmoniser les politiques, les programmes et les autres initiatives. Il faut par ailleurs davantage de souplesse afin que les localités puissent adapter les initiatives à leur réalité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au palier régional, il faut trouver des moyens d'arrimer, de coordonner et d'harmoniser les initiatives. Pour ce faire, il y a nécessité d’un leadership régional capable de rallier et de soutenir la mobilisation des acteurs et des organisations autour d'une vision et d'un langage communs. Afin de maintenir une bonne cohésion au sein du réseau des partenaires, on doit user de stratégies efficaces de gestion de conflits, poser les bonnes questions pour faire ressortir les enjeux et identifier les bonnes personnes pouvant jouer un rôle de « chef d’orchestre dans l'ombre ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau local et des MRC, les mêmes pratiques s'imposent. Dans diverses localités, la stratégie des « chantiers » réunissant l'ensemble des partenaires facilite la concertation de même que l'arrivée de nouveaux partenaires ou le lancement de nouveaux projets. Une autre des mesures proposées est d'offrir, au moins une fois par année, à l'ensemble des tables de concertation d'un territoire, l’occasion de présenter leur bilan et leur plan d’action. Sur le plan informel, ce sera aussi une excellente occasion de s'informer de ce que font les autres acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Un leadership pour la coopération&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Si l’hyperconcertation offre un terreau fertile pour la compétition au sein des municipalités et des autres instances de développement, les mesures d’atténuation de ses effets pervers vont plutôt favoriser la coopération. Le leadership est en ce sens crucial, qu’il soit politique ou opérationnel. Au niveau municipal, notamment, il faut favoriser et soutenir la mobilisation des acteurs et des organisations autour d'une vision commune. Selon Julie Lévesque, coordonnatrice du Réseau québécois de Villes et villages en santé, « [i]l faut faire attention puisque ce ne sont pas tous les acteurs qui ont le sentiment d’une hyperconcertation; beaucoup tiennent à leur espace de dialogue et de concertation. La solution n’est pas simple : il ne faut pas éliminer d’emblée une table ou une instance, il faut plutôt travailler sur les compétences des leaders, leaders qui peuvent être des individus ou des organisations. Dans un contexte d’hyperconcertation, les leaders doivent avoir une bonne capacité de lier ou de connecter les individus, les ressources et les idées. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’outil sera disponible en juin 2011 sur le site Internet du Réseau québécois de Villes et Villages en santé.&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;Denis Bourque (2008). &lt;em&gt;Concertation et partenariat. Entre levier et piège du développement des communautés&lt;/em&gt;, Québec, Presses de l’Université du Québec, p. 66.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>un-rythme-pour-la-cooperation-le-reseau-des-grandes-villes-se-penche-sur-lhyperconcertation.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:17:43 GMT</pubDate></item><item><title>Une heure de mon temps contre une heure du tien : Le Réseau Accorderie</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;Une heure de mon temps contre une heure du tien : Le Réseau Accorderie&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Angèle-Anne Brouillette, Comité de rédaction&lt;/h3&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/une-heure-de-mon-temps-contre-une-heure-du-tien-le-reseau-accorderie.jpg" alt="Réseau Accorderie" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Réseau Accorderie&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;« Avez-vous déjà remarqué à quel point le temps passé à faire ce qu’on aime s’écoule     rapidement? Avec l’Accorderie, nous avons remis au goût du jour le talent et remis     en musique la valeur du temps de chacun et de la communauté dans lequel il vit »,     nous raconte Joël Lebossé, fondateur et ancien président du Réseau Accorderie. Une     Accorderie, c’est un système d’échange de services qui regroupe toutes les personnes     intéressées à échanger entre elles différents services, tels que du dépannage informatique,     de la traduction de texte, du transport, des formations, de l’aide pour une déclaration     de revenus, pour le ménage ou la cuisine. Les Accordeurs ont accès aux services     des membres de l’Accorderie locale, ainsi qu’à ceux offerts dans d’autres Accorderies     installées dans l’une ou l’autre des villes qui les héberge (Montréal, Québec, Trois     Rivières, Shawinigan). De plus, en devenant membre, une personne a accès aux activités     collectives d’échange offertes par son Accorderie locale, c’est-à-dire des services     d’intérêt général qui s’adressent à l’ensemble des Accordeurs. Ces activités peuvent     prendre différentes formes : groupes d’achats de produits alimentaires, des systèmes     de crédit solidaire, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe sur lequel repose le Réseau Accorderie est simple… et vieux comme le     monde – le troc – mais original et solidaire : une heure du temps de l'un vaut une     heure du temps de l'autre. Alors que, dans notre société, les services et les compétences     sont rémunérés selon une échelle de valeur déterminée par le marché, les services     offerts par les membres du Réseau Accorderie le sont en fonction de ce que ceux-ci     affectionnent dans la vie : la danse, la cuisine, la menuiserie, l'enseignement,     etc. Joël Lebossé commente : « Nous travaillons à lutter contre la pauvreté et l’exclusion.     Avec l'Accorderie, nous faisons d'une pierre deux coups : c'est un moyen d'augmenter     le pouvoir d'achat de chacun et, en même temps, de renforcer le tissu social en     prenant le temps de se rencontrer et de se connaître ». Nicole Beaulieu, Accordeure     de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve à Montréal, renchérit : « Dans une société où le     problème est moins le manque de temps que l’individualisme, la peur des autres et     l’organisation du temps basée sur le travail, les enfants et la télévision, l’Accorderie     constitue un milieu de vie dans lequel je me sens citoyenne parce que je peux influencer     les décisions ».&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_sur_le_terrain"&gt;
&lt;p&gt;Une Accorderie, c’est un système d’échange de services qui regroupe toutes les personnes intéressées à échanger entre elles différents services.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h4&gt;Du temps de soi pour aller vers l’autre&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Stéphanie Jones est une Accordeure de Québec. Ayant étudié à l'extérieur de la ville     et voyagé pendant quelque temps, elle souhaitait, à son retour dans sa ville d'origine,     recréer des liens avec les gens de sa communauté. « J'ai travaillé à Montréal dans     les services d'accueil et d'intégration des immigrants et des réfugiés et je trouve     que l'Accorderie est un service idéal pour permettre aux nouveaux arrivants, quels     qu'ils soient, de connaître la communauté d'accueil. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le système de l’Accorderie s'adapte aux individus et ne les exclut pas lorsqu'il     advient des changements importants dans leur vie. « Lorsque tu deviens parent, ton     employeur te demande toujours de travailler le même nombre d'heures même si tu as     moins de temps; à l'Accorderie, tu donnes selon tes disponibilités », nous raconte     Stéphanie Jones. Société nord-américaine oblige, nous sommes habitués à acheter     un service et à pouvoir l'utiliser facilement et immédiatement. Bien qu'on ne puisse     dissocier les membres de l'Accorderie de cette société, le temps redevient une richesse     précieuse, et les services offerts par les Accordeurs s’adaptent au temps et à la     disponibilité de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicole Beaulieu résume ainsi la pertinence de l’Accorderie. « Plus que le service     offert, donné, demandé et accueilli, c’est la dimension relationnelle qui est importante,     c’est le cœur même de l’Accorderie ». Et c’est ainsi que le lien social et communautaire     reprend, dans l’agenda, la place qui lui revient!&lt;/p&gt;</description><link>une-heure-de-mon-temps-contre-une-heure-du-tien-le-reseau-accorderie.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:17:31 GMT</pubDate></item><item><title>Du temps pour nos ados</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;Du temps pour nos ados&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Elisabeth Bois, Coopérative d'Animation Jeunesse de l'Amitié (CAJA)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 2000, prenant acte du taux de décrochage élevé, du taux d’intervention et du     taux d’absentéisme préoccupant, et ce, malgré la volonté des enseignants, des parents     et du milieu, la direction de l’École secondaire de l’Amitié située à l’Assomption     et les acteurs du milieu se sont réunis et concertés afin de déposer un projet intitulé     « Après l’École », suivi d’« Anim’Action ». Financés par le Fonds Jeunesse Québec,     puis par le Fond régional d’investissement jeunesse (FRIJ), ces projets visaient     essentiellement à augmenter la motivation des élèves et à contrer l’abandon scolaire,     tout en offrant des activités et des projets parascolaires stimulants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces divers projets, qui se sont déroulés durant la période 2001-2005, ont eu un     impact manifeste : augmentation du taux de diplomation et du taux de réussite des     élèves et diminution drastique des interventions pour contrer la violence et la     consommation de drogues. Les résultats ont même dépassé les attentes; en effet,     il s’est créé un sentiment durable d’appartenance et de soutien chez les parents     et les élèves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’épuisement des ressources financières faisant craindre la fin du projet, parents,     enseignants, direction, animateurs, organismes et entreprises de la communauté se     sont tous mobilisés afin de trouver une solution novatrice pour assurer la pérennité     des actions entreprises. C’est ainsi que le modèle coopératif a été pressenti comme     solution et que la Coopérative d’Animation Jeunesse de l’Amitié (CAJA) a vu le jour     en novembre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/du-temps-pour-nos-ados.jpg" alt="Activité du Mieux-vivre en tête ; les jeunes vivent l’effet de l’ébriété en conduisant avec des lunettes spéciales" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Coopérative d’Animation Jeunesse de l’Amitié – CAJA&lt;/p&gt;
&lt;p class="article_photo_legende"&gt;Activité du Mieux-vivre en tête ; les jeunes vivent l’effet de l’ébriété en conduisant avec des lunettes spéciales&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La CAJA a pour mission de s’investir auprès de l’ensemble des jeunes de la communauté     âgés de 0 à 17 ans et non pas seulement auprès des élèves de l’École de l’Amitié.     Elle anime le milieu avec un support pédagogique, organise des activités parascolaires     (comme des ligues sportives intra-muros), offre du soutien aux évènements scolaires     et communautaires et organise des projets de sensibilisation et de prévention concernant     la santé, les saines habitudes de vie et l’alimentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour financer ses activités d’engagement auprès de la communauté, un magasin de     fournitures scolaires et de bureau, à prix compétitifs, a été mis sur pied. Les     profits ainsi réalisés sont retournés sous forme de projets destinés aux jeunes.     Par ailleurs, au-delà de ce réinvestissement social des profits, le magasin constitue     un réel service aux collectivités, d’abord en offrant des fournitures scolaires     et de bureau à bas prix, puis en créant des emplois étudiants de qualité, tout en     faisant la promotion des valeurs coopératives et entrepreneuriales. La CAJA soutient     également la création d’une Coopérative Jeunesse de Services (CJS) durant l’été.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À ce jour, des milliers d’élèves de plusieurs écoles et 1346 membres ont profité     de près ou de loin des services de la CAJA. Le modèle a été repris par d’autres     écoles, faisant ainsi boule de neige dans la région lanaudoise, et est aujourd’hui     reconnu comme une innovation sociale importante. Nous en sommes d’ailleurs très     fiers! Il faut le souligner, l’apport en temps et en énergie de la part des bénévoles     a été considérable et, sans eux, la CAJA n’aurait pu survivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps qu’on accorde à chacun de ces jeunes, c’est une contribution à long terme     à une vie scolaire stimulante, à une richesse collective et à une société meilleure.&lt;/p&gt;</description><link>du-temps-pour-nos-ados.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:17:20 GMT</pubDate></item><item><title>Pour des environnements de vie à échelle humaine</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;Pour des environnements de vie à échelle humaine&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Mélanie Chabot, comité de rédaction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;De nos jours, les déplacements accaparent une bonne partie de notre temps et de         notre énergie. Qu’on habite en milieu urbain ou rural, on doit souvent parcourir         d’importantes distances pour se rendre au travail, à la garderie ou à l’école, pour         visiter la famille ou les amis, faire nos emplettes, utiliser différents services,         profiter des infrastructures culturelles et sportives, en somme pour combler nos         divers besoins. En plus de nous essouffler, tous ces déplacements à l’extérieur         de notre milieu de vie sont loin de favoriser le sentiment d’appartenance à notre         communauté et notre engagement envers celle-ci. Résultat, la vie sociale tend à         s’effriter, l’isolement à augmenter. Et si on repensait la façon d’aménager nos         villes, nos quartiers et nos villages pour miser sur la proximité, la multifonctionnalité,         la cohésion sociale et la convivialité?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voilà le pari qu’a fait la petite – mais bien connue! – municipalité rurale de Saint-Camille.     Abritant 500 âmes sur 81,27 kilomètres carrés, Saint-Camille possède une petite     épicerie, un centre culturel et communautaire, deux garages, une cantine, une école,     un bureau de poste et une Caisse populaire&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;. Rien de très particulier,     direz-vous! Pourtant, depuis quelques années, sa population ne cesse d’augmenter     : ses jeunes y reviennent, de jeunes familles et de nouveaux retraités s’y installent,     ses aînés y restent. Mais qu’est-ce donc qui attire et qui retient tant à Saint-Camille?&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/pour-des-environnements-de-vie-a-echelle-humaine-1.jpg" alt="Corvée de ramassage de branches suite à une coupe d’arbres sur le tracé d’un des chemins du développement domiciliaire du Rang 13" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Sylvain Laroche&lt;/p&gt;
&lt;p class="article_photo_legende"&gt;Corvée de ramassage de branches suite à une coupe d’arbres sur le tracé d’un des &lt;br /&gt;chemins du développement domiciliaire du Rang 13&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h4&gt;Un projet collectif d’habitations… unifamiliales&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La disparition, au cours du dernier siècle, des entreprises d’exploitation forestière     ou de transformation et de commercialisation des produits de l’agriculture – et     donc des emplois correspondants – a entraîné à Saint-Camille, comme pour de nombreux     villages québécois, une baisse importante de sa population. Visiblement menacée     de dévitalisation, risquant même de perdre son école et son bureau de poste, cette     communauté devait de toute urgence attirer de nouveaux résidents. Mais comment intéresser     des professionnels, de jeunes familles ou des retraités à un milieu rural, retranché     à 35 kilomètres de route sinueuse au nord-est de Sherbrooke? En développant une     offre immobilière originale qui allait miser sur la qualité de vie et sur la vie     communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Aujourd’hui déserté, le Rang 13 était autrefois le rang le plus populeux de Saint-Camille     », nous explique Pascal Beauregard, néo-camillois et président de la &lt;em&gt;Coopérative         du Rang 13&lt;/em&gt;. « Propriétaire d’un lot de 300 acres zoné blanc, Marc-André     Charland rêvait de voir revivre le rang. En 2004, il a donc accepté de vendre le     tout, à prix abordable ». C’est ainsi que la &lt;em&gt;Coopérative du Rang 13&lt;/em&gt;, d’abord     appelée le projet des &lt;em&gt;Fermettes du rang 13&lt;/em&gt;, allait voir le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Étant à la recherche d’acheteurs potentiels pour son projet de&lt;em&gt; Fermettes du rang         13&lt;/em&gt;, le conseil municipal a posé des conditions à l’établissement des nouveaux     venus : les futures résidences devaient être permanentes, construites en cinq ans     maximum et inclure un projet d’agroforesterie. Plus de 300 personnes ont visité     les lieux. « L’information s’est rapidement transmise de bouche à oreille », explique     Pascal Beauregard. « Rapidement, une dizaine de familles ont été intéressées par     le projet, qu’elles se sont mises à définir et à planifier ensemble ». Ensemble.     Voilà toute l’originalité du projet. « Car normalement, c’est un promoteur immobilier     qui conçoit les plans du développement, qui prévoit les infrastructures et qui prend     les risques. Dans le cas du Rang 13, ce sont les propriétaires futurs résidents,     constitués en coopérative, qui ont joué ce rôle. Ce faisant, leur projet d’habitation     en est devenu collectif, plutôt qu’uniquement personnel », de poursuivre fièrement     ce résident du Rang 13.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Un projet taillé sur mesure&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Constitués en coopérative, les futurs résidents ont donc acquis les 300 acres, qu’ils     ont redécoupés en 25 lots à vendre. Puis, représentés par les membres de leur conseil     d’administration qui se rencontraient chaque semaine, ils ont pu se tailler un projet     immobilier sur mesure. C’est ainsi que 50 acres ont été retirés de la superficie     totale du domaine pour protéger les berges de la rivière Nicolet. Ce ruban de terre     inondable constitue désormais un parc naturel qui appartient à la &lt;em&gt;Coopérative du         Rang 13&lt;/em&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_droite"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/pour-des-environnements-de-vie-a-echelle-humaine-2.jpg" alt="Inauguration officielle des deux chemins du développement domiciliaire du Rang 13, en présence des familles souches qui ont donné leur nom aux chemins : Pinard et Durand" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Sylvain Laroche&lt;/p&gt;
&lt;p class="article_photo_legende"&gt;Inauguration officielle des deux chemins du développement domiciliaire du Rang 13, en présence des familles souches&lt;br /&gt;qui ont donné leur nom aux chemins : Pinard et Durand&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En plus du raccordement au réseau routier et électrique, l’accès, dans le rang,     à Internet haute vitesse s’est ensuite imposé. « Quand on parle de qualité de vie     en milieu rural, le télétravail est un incontournable. Sur les 25 familles que le     projet a attirées, 75 % d’entre elles sont âgées de 25 et 35 ans et occupent des     professions très variées. Certains sont travailleurs autonomes, d’autres entrepreneurs&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;.     De mon côté, malgré que je travaille à l’Université de Sherbrooke, je travaille     souvent de la maison. Il y a même un couple qui travaille à Montréal… à partir de     Saint-Camille », de lancer Pascal Beauregard. « Le décloisonnement entre le lieu     de travail et le lieu de résidence, grâce à Internet, s’avérait un atout considérable     pour plusieurs d’entre nous ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussitôt le volet infrastructure complété, la coopérative s’est consacrée à de nouveaux     projets. « Contrairement à ce qu’on peut penser, s’approvisionner en aliments frais     et biologiques, en milieu rural, n’est pas toujours chose facile. C’est pourquoi     nous avons mis sur pied un groupe d’achat qui nous permet de nous approvisionner     deux fois par mois en fruits et légumes frais, mais aussi en nourriture sèche biologique     : huile, farine, noix, riz, bœuf, pain, œufs frais, etc. Grâce au site Internet     que nous avons créé, les habitants de Saint-Camille peuvent faire des achats en     ligne, qui leur sont ensuite livrés au village. On évite ainsi les longs trajets     jusqu’à la ville, en plus de créer des habitudes de consommation de proximité »,     de poursuivre Pascal Beauregard.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Un père, une mère… et une communauté&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Si la solidité du tissu social dépend bien souvent de l’existence de lieux qui servent     d’amarres, pour plusieurs néo-camillois, ce lieu s’incarne dans le Rang 13. Car     l’esprit derrière le projet domiciliaire a permis aux familles de se rencontrer,     de tisser des liens et de développer un fort sentiment d’appartenance à la communauté.     « Les gens sont très près les uns des autres. On se connaît, on se fréquente, on     s’entraide. Plusieurs sont devenus des amis très proches. Quand on habite dans un     rang isolé, dans le bois, c’est rassurant de savoir qu’on peut compter sur son voisinage     », d’expliquer Pascal Beauregard. « Et même nos enfants y trouvent leur compte!     » Car si en milieu rural le risque est grand que les enfants soient isolés et que     les parents aient à parcourir de longues distances pour les amener chez les amis,     dans le Rang 13, on dénombre 28 enfants âgés de 0 à 10 ans. « Autant de partenaires     de jeu, toujours très volontaires! Et ça aussi, comme parent, c’est rassurant! »,     de poursuivre ce papa de quatre jeunes enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau milieu de vie vient évidemment s’insérer dans la dynamique vie communautaire     et associative de Saint-Camille. D’ailleurs, la plupart des habitants du Rang 13     participent à la gouvernance locale en s’impliquant bénévolement dans divers comités.     « Et comment pourrait-il en être autrement! », s’exclame Pascal Beauregard. « Car     c’est justement le dynamisme du village, les valeurs sous-jacentes à la vie communautaire     et la qualité de vie qui en découle qui nous ont incités à nous établir à Saint-Camille     », conclut-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bienheureux Saint-Camille qui, par ce projet, s’enrichit d’un capital humain des     plus stimulant qui semble, en plus, ne pas vouloir compter son temps!&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;Jocelyne Béïque (2011). &lt;em&gt;Saint-Camille, le pari de la convivialité&lt;/em&gt;. Montréal,         Écosociété, p. 18. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Ibid., p. 142 &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Deux entreprises se sont installées dans le développement du Rang 13 : &lt;em&gt;Aménagements         Natur’Eau-Lac&lt;/em&gt;, qui s’intéresse à la revitalisation des berges et &lt;em&gt;Rustique Apiculture&lt;/em&gt;,         spécialisée dans la production de reines abeilles et de miel. &lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>pour-des-environnements-de-vie-a-echelle-humaine.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:17:09 GMT</pubDate></item><item><title>Accommoder pour mieux concilier!</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;Accommoder pour mieux concilier!&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Jean-Christophe Cuttaz, Conciliation travail-famille Commodus&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Conjuguer la performance au travail et la qualité de vie à la maison, et prendre     du temps pour sa famille tout en se réalisant professionnellement, représente un     défi de jonglerie et de course permanente contre le temps. À l’heure où les exigences     des générations entrant sur le marché du travail sont de plus en plus orientées     vers la qualité de vie, les employeurs doivent pouvoir trouver des réponses adéquates     et innovantes. C’est ainsi qu’en plus du traditionnel aménagement du temps de travail,     une autre forme de gestion du temps prend de l’ampleur : les services aux salariés.&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/accommoder-pour-mieux-concilier.jpg" alt="Commodus" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Illustration : Annick Désormeaux&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L’entreprise éthique Commodus&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt; propose ainsi aux employeurs une offre     clé en main de services pour leurs salariés, afin de les soulager de certaines tâches     de la vie quotidienne et de leur faciliter la vie. Ces services peuvent constituer     une nouvelle forme d’avantages sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe de Commodus est très simple et repose sur un système de points gérés     par une plateforme transactionnelle disponible sur Internet. Un employeur achète     des points Commodus et les distribue à ses salariés comme système de reconnaissance     ou pour leur faire un cadeau. La simplicité est là : un point Commodus égale un     dollar et la plateforme gère toutes les transactions. Chaque salarié possède son     compte personnalisé et peut utiliser les points offerts par son employeur ou en     acheter d’autres avec sa propre carte de crédit.&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_sur_le_terrain"&gt;
&lt;p&gt;À l’heure où les exigences des générations entrant sur le marché du travail sont de plus en plus orientées vers la qualité de vie, les employeurs doivent pouvoir trouver des réponses adéquates et innovantes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Grâce à ses points Commodus, l’employé peut avoir accès à une large gamme de services     (et non de produits) et choisir celui qui lui convient le mieux. De l’entretien     ménager aux repas préparés, en passant par les services pour parents aînés ou les     menus travaux, c’est une palette de plus de 40 services qui est mise à la disposition     des usagers. En déléguant ainsi certaines tâches à des ressources spécialisées,     le salarié a la possibilité de libérer du temps et de le consacrer à d’autres priorités     (famille, loisirs, engagement bénévole, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À titre d’exemple, le CSSS des Sommets, dans les Laurentides, a choisi de collaborer     avec Commodus et offre des services à ses infirmières, dans une perspective de prendre     soin d’elles en favorisant leur conciliation travail-famille et en aidant à libérer     leur esprit d’une partie du stress quotidien, afin de devenir, par le fait même     un employeur de choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services proposés par Commodus sont offerts par des fournisseurs de services     locaux, qui ont été recrutés selon un cadre d’agrément afin d’assurer la meilleure     qualité de service possible. Ceci explique en partie le positionnement de l’entreprise     comme « système de reconnaissance intelligent », puisque l’offre combine le mieux-être     et la qualité de vie du salarié par l’accès à des services pertinents, au développement     local de la communauté dont sont issus les fournisseurs agréés, tout en permettant     aux employeurs de mobiliser leurs employés, de les remercier de leur contribution     et surtout, de prendre soin d’eux!&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;Commodus est une entreprise d’économie sociale; voir : &lt;a href="http://www.commodus.ca/index.fr.html" target="_blank"&gt;www.commodus.ca/index.fr.html&lt;/a&gt; &lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>accommoder-pour-mieux-concilier.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:16:59 GMT</pubDate></item><item><title>La concertation sur la conciliation travail-famille dans la région de la Capitale-Nationale</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;La concertation sur la conciliation travail-famille dans la région de la Capitale-Nationale&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Sophie Michaud, Conférence régionale des élus de la Capitale-Nationale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C’est lors de l’élaboration du plan quinquennal de développement 2006-2011 de la     région de la Capitale-Nationale que la conciliation travail-famille s’est véritablement     imposée comme un objet de préoccupation en matière de développement régional. Plusieurs     acteurs avaient alors soulevé auprès de la Conférence régionale des élus (CRÉ) l’importance     de la famille et de la nécessaire conciliation à réaliser entre les obligations     familiales et professionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/la-concertation-sur-la-conciliation-travail-famille-dans-la-region-de-la-capitale-nationale.jpg" alt="Rendez-vous sur la conciliation travail-famille-études, 10 février 2011." /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : CRÉ Capitale-Nationale&lt;/p&gt;
&lt;p class="article_photo_legende"&gt;Rendez-vous sur la conciliation travail-famille-études, 10 février 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un comité de travail chapeauté par la Table de concertation en développement social     et regroupant des acteurs multisectoriels a donc été constitué dans le but d’analyser     la question en profondeur et d’identifier les actions à entreprendre régionalement.     Mus par la volonté de faire converger les efforts vers un plan d’action régional     qui serait porté par une pluralité d’acteurs, les membres du comité ont choisi de     réaliser deux projets, l’un touchant le milieu des entreprises et des organisations     et l’autre les acteurs et les actions menées dans la région.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier projet avait principalement pour objectif de mieux connaître l’état de     situation de la conciliation travail-famille dans l'ensemble des entreprises de     la région de manière à pouvoir, à terme, aider celles-ci à cerner les besoins de     leur personnel et à identifier des solutions réalistes, peu coûteuses et faciles     à implanter. Un portrait de la situation a donc été dressé, et ce, à partir des     données disponibles dans la &lt;em&gt;Liste des industries et des commerces&lt;/em&gt; (LIC)&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;.     Depuis 2008, un certain nombre de questions en lien avec la conciliation travail-famille     sont en effet posées aux entreprises répertoriées dans cette banque de données dont     la mise à jour se fait régulièrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de raffiner les données recueillies, deux sondages ont été réalisés auprès     des entreprises contactées lors de l'enquête de LIC. Le premier a été mené auprès     des entreprises ne disposant pas de mesures de conciliation travail-famille et n'ayant     pas l'intention d'en instaurer, afin de savoir quelles étaient les raisons de ce     choix. Le second s’adressait aux entreprises ayant mis sur pied de telles mesures,     dans le but de connaître celles qui étaient les plus populaires et les bénéfices     qu’en retiraient les employeurs. Ces différentes démarches ayant maintenant été     complétées, il ne reste plus qu’à espérer que la connaissance accrue du milieu des     organisations et des entreprises qui en a résulté permettra d’intégrer dans le plan     d’action des opportunités mieux arrimées aux besoins de la région.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier projet, malgré sa pertinence, ne couvrait qu’une partie des enjeux liés     à la conciliation travail-famille. En effet, au-delà des mesures offertes par les     employeurs, d’autres besoins se manifestent et réclament des interventions de la     part des différents acteurs institutionnels et sociaux que sont les villes et les     municipalités régionales de comté (MRC), les services de garde, les services de     transport, les organismes communautaires œuvrant auprès des familles, les écoles,     les centres de santé et de services sociaux, les ministères, etc. C’est dans cette     perspective que les travaux dans la région de la Capitale-Nationale ont aussi été     menés en consultation et en concertation avec les différents acteurs. Un premier     &lt;em&gt;Rendez-vous sur la conciliation travail-famille-études&lt;/em&gt;, regroupant des     acteurs de plusieurs horizons a donc été organisé, le 10 février dernier, afin de     poser les balises d’une action concertée beaucoup plus large dans la région.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces initiatives nous amènent à aujourd’hui, au moment où les expériences     et les connaissances résultant des deux projets réalisés nous permettent de croire     que nos actions concertées nous permettront de faire de la Capitale-Nationale une     région de prédilection pour les familles.&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;La &lt;em&gt;Liste des industries et des commerces&lt;/em&gt; (LIC) est une base de données         qui regroupe diverses informations sur les entreprises de la région de la Capitale-Nationale         et qui permet d’effectuer des recherches en fonction de plusieurs critères. Elle         est le fruit du travail de plusieurs partenaires, dont Emploi-Québec et la CRÉ.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>la-concertation-sur-la-conciliation-travail-famille-dans-la-region-de-la-capitale-nationale.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:16:48 GMT</pubDate></item><item><title>Ton voisin, tu connaîtras</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;Ton voisin, tu connaîtras&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Angèle-Anne Brouillette, Comité de rédaction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Au Québec, on voyage de plus en plus, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur de nos         frontières, afin de rendre visite à nos familles et à nos amis. Résultat : la vie         est riche des liens tissés hors de notre communauté… alors que l’on connaît à peine         le prénom de notre voisin. Le Réseau québécois de Villes et Villages en santé (RQVVS)         invite les Québécois à réfléchir sur les façons qu'ils ont de vivre en société et         sur les manières de développer un meilleur équilibre entre désir d'autonomie, solidarité         et actions. Dans la foulée de la Fête des voisins, le RQVVS entend donc développer         la notion de « Voisins solidaires » afin de faire la promotion des solidarités de         voisinage tout au long de l'année. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/ton-voisin-tu-connaitras.jpg" alt="Fête des voisins" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Réseau québécois de Villes et Villages en santé&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h4&gt;De l'importance des solidarités de voisinage&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Au Québec, le voisinage n'est pas un territoire naturel d'entraide; les solidarités     institutionnelles ou collectives, de même que celles basées sur les rapports familiaux     et amicaux, sont bien plus développées. Or, de nombreux rapports démontrent l'importance     des liens sociaux sur la santé des individus. Si on a tendance à croire que les     mauvaises habitudes de vie (tabagisme, alimentation mal équilibrée ou manque d'exercice     physique) causent plus de mortalité et de problèmes de santé, il faut savoir que     de récentes études nous indiquent qu'avoir ou non des relations sociales a encore     plus d'effets positifs ou négatifs sur la santé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant. Dans une société qui préconise l'autonomie et l'indépendance à tout     prix, les liens de proximité ne sont pas naturels. Avec la montée de l'urbanisation,     les gens sont devenus de plus en plus mobiles et se sont, du même souffle, affranchis     des solidarités traditionnelles. Ainsi, la famille et les amis, autrefois dans l'environnement     immédiat, sont maintenant répartis aux quatre coins du Québec. Les routes de la     province sont remplies, la fin de semaine, de gens rendant visite à leurs « proches     ». Selon Nadine Maltais, responsable de la Fête des Voisins au RQVVS : « Quand on     parle de cette pénurie de temps, je crois que prendre le temps pour les autres,     pour les solidarités de voisinage notamment, voilà une belle solution à cette course     contre la montre. Le voisinage permet de créer des dynamiques différentes de participation     – nous savons que les formes plus traditionnelles sont souvent engageantes et nécessitent     temps et investissement de la part des individus. Agir dans son milieu, au niveau     du voisinage, c'est se donner des espaces de socialisation qui nous permettent de     repenser le lien social. »&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;En route vers Voisins solidaires&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le Réseau québécois de Villes et Villages en santé a lancé en 2006 le Fête des Voisins,     qui a suscité une mobilisation et un enthousiasme vraiment remarquables. Rassemblements     de citoyens et citoyennes basés sur la convivialité et la solidarité, la Fête des     Voisins est maintenant un incontournable dans le paysage québécois. Comment poursuivre     cet état d'esprit tout au long de l'année? En France, depuis maintenant trois ans,     le projet Voisins solidaires est expérimenté dans une cinquantaine de municipalités.     Les Français ont de cette manière fait un pas de plus dans ce domaine de la solidarité     de proximité physique; la prochaine étape québécoise, encore à développer, sera     évidemment tributaire des besoins propres aux membres des communautés québécoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voisins solidaires veut activer les solidarités de voisinage et influencer un rapport     à l'autre plus ouvert et enclin à l'entraide. Il y a une volonté d’élargir la gamme     de contacts composant les réseaux individuels. Voisins solidaires vise un vivre-ensemble     où les citoyens, dans leur environnement immédiat et au quotidien, identifient des     gestes d'entraide simples qui leur conviennent, et ce, sans qu’il soit question     de bénévolat ou d'implication dans un comité ou un projet collectif, ces dernières     formes d'engagement étant perçues comme contraignantes. On peut ainsi rejoindre     des citoyens qui ne sont engagés dans aucune forme de participation communautaire     et on stimule une forme d'implication qui peut éventuellement conduire à des changements     de représentations sociales quant à leur rôle dans la société et quant à l'importance     de la communauté locale dans leur vie. Le voisinage a la vie dure en effet. « Vous     n’avez qu’à taper voisinage sur les moteurs de recherche d’Internet; il y a seulement     des éléments négatifs qui ressortent : mesures de médiation, chicanes, bruits, etc.     Le bon voisin, c’est celui qu’on ne voit pas et qu’on n’entend pas. On veut changer     cette représentation », commente Nadine Maltais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'initiative Voisins solidaires, en partenariat avec les municipalités, le     RQVVS souhaite soutenir des dynamiques locales de renforcement des solidarités de     voisinage et donner aux citoyens l'occasion de poser des gestes d'entraide dans     leur environnement immédiat. En s'inscrivant dans la continuité de la Fête des Voisins,     Voisins solidaires profite de l'élan créé par son succès et capitalise sur le réseau     de municipalités et de citoyens. Le RQVVS entend expérimenter l'approche via des     projets-pilotes dans quatre milieux. Selon les résultats obtenus, un dispositif     national destiné à l'ensemble des municipalités sera ensuite déployé.&lt;/p&gt;</description><link>ton-voisin-tu-connaitras.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:16:37 GMT</pubDate></item><item><title>3,2,1 GO! Les soupers et le transport collectif, c’est pas sorcier!</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;3,2,1 GO! Les soupers et le transport collectif, c’est pas sorcier!&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Cathy Chabot, Initiative 1,2,3 GO! Longueuil&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le temps qui nous est si précieux semble de plus en plus nous filer entre les doigts.     Mais plutôt que de faire toujours plus vite, comment pourrions-nous faire différemment?     Voilà la question à l’origine de divers projets lancés par l’Initiative 1,2,3 GO!     Longueuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux ans, dans le cadre du Programme conciliation famille/travail du gouvernement     du Québec, l’Initiative 1,2,3 GO! Longueuil, avec plusieurs partenaires du milieu,     a mis sur pied le projet &lt;em&gt;Les soupers, c'est pas sorcier!&lt;/em&gt; qui s’adresse     aux parents d’enfants de 0 à 12 ans, qui travaillent ou sont aux études à temps     plein. L’idée est simple : cuisiner collectivement les repas de la semaine, un samedi     ou un dimanche, en offrant gratuitement un service de garde. Comme les menus et     les achats sont faits par une chargée de projet, il ne reste plus qu’à s’inscrire     en choisissant les menus souhaités, ainsi que la quantité de portions voulues –     dont le coût varie entre 1 et 2 dollars. Et le tour est joué! Au cours de la semaine,     les parents peuvent donc se consacrer à leurs enfants pour faire les devoirs plus     paisiblement, s’amuser et passer du temps de qualité avec ces derniers et, une fois     qu’il sont couchés, profiter un peu de la soirée!&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_droite"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/3-2-1-go-les-soupers-et-le-transport-collectif-cest-pas-sorcier.jpg" alt="Les soupers, c’est pas sorcier!" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Julie Bernier-Bachand&lt;/p&gt;
&lt;p class="article_photo_legende"&gt;Les soupers, c’est pas sorcier!&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Puis, le lendemain matin, aller hop tout le monde, une autre journée commence! À     l’heure de pointe, se déplacer en transport en commun peut, en plus d’être très     écologique, nous permettre de gagner beaucoup de temps. Or, voyager en transport     en commun accompagné de tout-petits c’est souvent plus long, difficile, voire même     décourageant. C’est pourquoi, au cours des dernières années, divers partenaires     de la Ville de Longueuil se sont penchés sur la question de l’accessibilité au transport     en commun pour les familles avec de jeunes enfants. Après les initiatives &lt;em&gt;Transport         pour mes trésors, Bébébus, Poussettes et astuces en autobus&lt;/em&gt;, voilà maintenant     le &lt;em&gt;3,2,1 GO! Transport famille&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’initiative &lt;em&gt;3,2,1 GO! &lt;/em&gt;c’est une ligne d’autobus pensée spécialement pour     répondre aux besoins des familles. Grâce à un trajet spécifiquement conçu pour celles-ci,     il est désormais possible de se déplacer vers les services les plus fréquentés (organismes     familles, garderies, CLSC, bibliothèques, centres commerciaux, etc.) sans correspondance.     De plus, l’autobus peut accueillir plus de deux poussettes ouvertes à la fois (maximum     permis dans un autobus du service régulier) et le temps alloué aux arrêts est plus     long, ce qui permet aux tout-petits de s’asseoir de façon sécuritaire avant que     l’autobus redémarre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, la navette est surtout utilisée par des mamans qui sont de retour     sur les bancs d’école. En plus de leur faire économiser du temps, « ce service contribue     réellement au maintien de leur motivation et favorise donc la réussite de leur projet     éducatif », explique Karine Voyer, coordonnatrice au Programme d’aide aux jeunes     mères &lt;em&gt;L’Envol&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet pilote, entièrement financé par Centraide du Grand Montréal, devait initialement     se dérouler du 7 septembre 2010 au 31 mars 2011. Cependant, grâce au soutien financier     et à l’engagement social du &lt;em&gt;Réseau de transport de Longueuil&lt;/em&gt;, le projet     pilote a été prolongé jusqu’au 23 juin, ce qui permettra aux étudiants de terminer     leur année scolaire. Nous ne pouvons qu’espérer que cette navette demeure permanente     et s’enrichisse des conclusions tirées par le projet pilote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au projet &lt;em&gt;Les soupers, c'est pas sorcier! &lt;/em&gt;, il tire à sa fin. Mais     au-delà de la découverte culinaire et du temps gagné, un vrai réseau d’entraide     s’est créé. Aujourd’hui, malgré la fin du projet, des parents ont décidé de se retrouver     chaque mois pour cuisiner. De notre côté, c’est tout un plaisir de savoir qu’ils     prendront le relais pour organiser eux-mêmes leur propre atelier avec les outils     qui leur ont été fournis au cours des deux dernières années.&lt;/p&gt;</description><link>3-2-1-go-les-soupers-et-le-transport-collectif-cest-pas-sorcier.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:16:27 GMT</pubDate></item><item><title>Un geste concret vers la réussite éducative</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;Un geste concret vers la réussite éducative&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Bibiane Roy et Marie-Hélène Boucher, Programme Conciliation études-travail&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les Grecs avaient deux mots pour parler du temps : le Chronos et le Kaïros&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;.     Le Chronos, c’est en quelque sorte le temps programmé, celui que l’on prévoit et     qui permet d’organiser notre agenda, de répartir les plages horaires en temps d’études,     de travail, de loisirs, avec les amis, la famille, etc. Bref, c’est celui auquel     on réfère lorsqu’on parle de gestion du temps. Le Kaïros, c’est l’évènement qui     vient déprogrammer le Chronos…&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/un-geste-concret-vers-la-reussite-educative.jpg" alt="Trois responsables du Programme CÉ-T en Estrie : Isabelle Bouchard, MRC de Memphrémagog, Marie-Hélène Boucher, Sherbrooke et Carmen Ingraham, MRC du Val Saint-François." /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Roxanne Boutin&lt;/p&gt;
&lt;p class="article_photo_legende"&gt;Trois responsables du Programme CÉ-T en Estrie : Isabelle Bouchard,&lt;br /&gt;MRC de Memphrémagog, Marie-Hélène Boucher, Sherbrooke &lt;br /&gt;et Carmen Ingraham,  MRC du Val Saint-François.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h4&gt;Saine gestion du temps s’accorde bien avec persévérance et réussite scolaire&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs recherches démontrent que les étudiants québécois travaillent de plus     en plus. En 1977, 17 % des étudiants de niveau collégial occupaient un travail à     temps partiel. En 2008, ce pourcentage était de 72 %&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;. Jusque-là, pas     de problème, car le travail rémunéré peut être un atout à la persévérance scolaire.     En effet, les étudiants qui occupent un emploi pendant leurs études rapportent une     meilleure valorisation personnelle, une augmentation de leur autonomie, ainsi que     l’acquisition de nouvelles connaissances pouvant mener à une employabilité accrue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, une étude effectuée en Estrie indique que 75 % des décrocheurs garçons     et 44 % des décrocheurs filles identifient le travail comme étant une raison motivant     leur choix de décrocher&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;. C’est que les difficultés surviennent lorsqu’il     y a mauvaise conciliation entre les études et le travail. Pour un étudiant à temps     plein, seulement 10 % de son temps devrait, en moyenne, être consacré à un emploi.     Car au-delà de 16 heures de travail rémunéré par semaine, un étudiant devra forcément     faire des choix, en accordant moins de temps à ses études, à ses loisirs ou à son     sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_sur_le_terrain"&gt;
&lt;p&gt;Le Programme Conciliation études-travail de Sherbrooke [...] compte aujourd’hui plus de 220 milieux de travail certifiés.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h4&gt;Une piste de solution : une responsabilité partagée entre étudiants et employeurs&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;À l’instar de plusieurs régions du Québec, l’Estrie s’est dotée d’un Programme Conciliation     études-travail afin de créer un mouvement de solidarité sociale autour de la réussite     éducative de nos jeunes par l’engagement des employeurs, des établissements d’enseignement     et de la population estrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnel du Programme Conciliation études-travail contacte les entreprises qui     embauchent des étudiants. Pour devenir un milieu de travail certifié, l’employeur     doit répondre à deux critères de base : allouer aux étudiants un horaire de travail     favorisant leur réussite éducative, idéalement entre 10 et 15 heures de travail     rémunéré par semaine (maximum 20 heures). De plus, les employeurs doivent prévoir     un horaire de travail adapté lors de périodes de travaux ou d’examens. L’embauche     d’un nombre suffisant d’employés est un exemple de pratique efficace qui permet     de ne pas surcharger les semaines de travail. Le Programme CÉ-T est aussi soutenu     par divers intervenants dans les milieux scolaires afin de bien informer les étudiants     sur les avantages d’un bon équilibre entre les études et le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Programme Conciliation études-travail de Sherbrooke, instigateur du Programme     en Estrie, compte aujourd’hui plus de 220 milieux de travail certifiés. Travailler     dans un milieu conciliant permet aux étudiants de ne pas être en déséquilibre si     le Kaïros vient déprogrammer le Chronos. De plus, une bonne communication dans la     planification des horaires peut donner l’occasion à l’étudiant de travailler au     sein d’une même entreprise tout au long de son parcours scolaire, une stabilité     qui est aussi bénéfique pour l’employeur. Une responsabilité partagée, donc aux     retombées tout aussi partagées!&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;Voir Moutsopoulus (1988) et Trédé (1990).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Jacques Roy, Josée Bouchard et Marie-Anne Turcotte (2009). Les collégiens et le         travail rémunéré pendant les études : portrait d'un phénomène social en expansion,         &lt;em&gt;Revue Pédagogie collégiale&lt;/em&gt;, vol. 22, no. 2, hiver &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L. Fortin et A. Lessard (2007). Recherche longitudinale (1996-2006) auprès des écoles         secondaires de l’Estrie. &lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>un-geste-concret-vers-la-reussite-educative.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:16:15 GMT</pubDate></item><item><title>Pour une reconnaissance du temps consacré à nos proches en perte d’autonomie</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;Pour une reconnaissance du temps consacré à nos proches en perte d’autonomie&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Sylvie Riopel, Regroupement des aidantes et aidants naturels de Montréal (RAANM)&lt;/h3&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/pour-une-reconnaissance-du-temps-consacre-a-nos-proches-en-perte-dautonomie.jpg" alt="Deux mains" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Dieter Hawlan (iStock)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nombreuses sont les personnes au Québec à consacrer plusieurs heures par jour à     dispenser des soins, à apporter un soutien ou de l’accompagnement à des proches     en perte d’autonomie due à une incapacité physique ou mentale... et ce afin de les     aider à demeurer dans leur milieu de vie. À Montréal seulement, ils seraient près     de 281 650&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;, pour la plupart des femmes (75 %). Ces femmes appartiennent     à la tranche d’âge des 45 64 ans et font donc partie de la population active. En     fait, ce serait 25 % de la main-d’œuvre québécoise&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; qui serait composée     d’aidants naturels. Et on craint que ce phénomène s’accentue encore en raison du     vieillissement de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si les proches aidants s’enrichissent de la reconnaissance des personnes qu’ils     soutiennent, force est de constater qu’ils s’appauvrissent sur le plan économique,     en plus de vivre un appauvrissement social puisque le temps alloué à dispenser des     soins conduit souvent à l’isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est ainsi que de nombreux proches aidants nous ont confié avoir dû quitter leur     emploi, la lourdeur de leurs tâches à titre de proche aidant ne leur permettant     pas de concilier les exigences liées à leur travail. Par ailleurs, la majorité d’entre     eux n’aurait pas osé expliquer à leur employeur leurs conditions de vie de proche     aidant. Ils n’ont pas abordé les raisons qui motivaient leur départ de peur d’être     jugés ou incompris. C’est aussi pour cette même raison qu’ils ont caché leur condition     de proche aidant à leurs collègues de travail.&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_sur_le_terrain"&gt;
&lt;p&gt;... les congés pour proches aidants doivent être intégrés aux conditions de travail, au même titre que les congés parentaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C’est dans ce contexte que le Regroupement des aidantes et aidants naturels de Montréal     (RAANM), dont la mission est de favoriser l’amélioration des conditions de vie des     proches aidants, a décidé de prioriser la question du maintien du lien à l’emploi     des proches aidants. Pour ce faire, il travaille à sensibiliser les proches aidants     à se reconnaître comme tel, ainsi qu’à reconnaître le temps investi à dispenser     des soins à leur proche. D’autre part, le RAANM les encourage à parler de leur situation     dans leur milieu de travail afin d’en arriver à identifier et mettre en place des     conditions de travail qui permettront de continuer à jouer leur rôle de proche aidant     tout en travaillant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conciliation « travail/proche aidant » pourrait s’apparenter à la conciliation     « travail/famille ». Mais il existe une différence fondamentale : la situation du     proche aidant est évolutive et ses tâches s’alourdissent au fil du temps, puisque     la condition de santé de la personne aidée va malheureusement en s’aggravant, et     non en s’améliorant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des proches aidants ont donc commencé à identifier des conditions de travail qui     leur permettraient de rester en emploi : des horaires de travail flexible pour accompagner     leurs proches aux différents rendez-vous médicaux sans pénalité de revenus; un horaire     de travail à temps partiel pouvant éviter l’épuisement; la mise en place d’un programme     de soutien aux proches aidants, à titre de condition de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les proches aidants ne représentent pas une catégorie de travailleurs à part. Ils     ont des besoins spécifiques au même titre que les familles ou les travailleurs âgés.     C’est pourquoi les congés pour proches aidants doivent être intégrés aux conditions     de travail, au même titre que les congés parentaux.&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;Institut de la statistique du Québec, 2009&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Vers une politique gouvernementale sur la conciliation travail-famille&lt;/em&gt;.         Ministère de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Gouvernement du         Québec, page 9, 2004&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>pour-une-reconnaissance-du-temps-consacre-a-nos-proches-en-perte-dautonomie.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:16:03 GMT</pubDate></item><item><title>Dans mon temps, on marchait trois miles</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;Dans mon temps, on marchait trois miles...&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Mélanie Chabot, Comité de rédaction&lt;/h3&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/dans-mon-temps-on-marchait-trois-miles.jpg" alt="Pédibus" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Vélo Québec&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;On véhicule de plus en plus nos enfants. On les transporte, tels de petits paquets,         à la garderie, à l’école, au cours de natation. Évidemment, on le fait pour des         raisons d’efficacité. On le fait aussi pour des raisons de sécurité. Aujourd’hui,         qui laisserait ses enfants marcher ou « véloter », seuls, vers l’école?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À Montréal, entre 2002 et 2004, les piétons ont compté pour 14 % des blessés de     la route, 29 % des hospitalisations et pour 47 % des décès d’usager de la route&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;.     Dans ce contexte, pas étonnant que les seuils de tolérance à la marche aient tendance     à diminuer. « La pression de l’automobile a tellement augmenté dans les quartiers     que, souvent, cette pression est trop grande pour les aménagements existants, comme     la largeur des trottoirs par exemple. Les volumes de circulation et certains aménagements     engendrent donc un sentiment justifié d’insécurité », d’expliquer Lucie Lapierre,     kinésiologue-conseil à &lt;em&gt;Québec en forme&lt;/em&gt;. « Ceci a forcément un impact sur     les habitudes des individus à l’égard de leurs déplacements ». À cela, il faut ajouter     que notre perception de l’espace et du temps a été considérablement modifiée par     l’usage grandissant de l’automobile, ce qui continue de faire rétrécir la distance     que nous sommes prêts à parcourir à pied ou à vélo. Résultat, 70 % des déplacements     des enfants, quelle que soit leur destination, se font aujourd’hui sur la banquette     d’une automobile&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est pour réduire la motorisation parentale aux abords des écoles et pour encourager     les élèves du primaire et du secondaire à intégrer le transport actif au quotidien     que Vélo Québec lançait le programme &lt;em&gt;Mon école à pied, à vélo! &lt;/em&gt;en 2005.     Visant la sensibilisation et la mobilisation communautaire autour de l’aménagement     sécuritaire et agréable des chemins piétons et cyclistes menant à l’école, ce programme     permet de soutenir les écoles pour qu’elles intègrent à leur planification des activités     ludiques et pédagogiques liées au transport actif. Grâce à des partenaires solidement     implantés dans leur localité ou leur région et qui participent au déploiement du     programme, il y a aujourd’hui 210 écoles, réparties sur tout le territoire québécois,     dont les élèves profitent du programme &lt;em&gt;Mon école à pied, à vélo!&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_sur_le_terrain"&gt;
&lt;p&gt;... notre perception de l’espace et du temps a été considérablement modifiée par l’usage grandissant de l’automobile, ce qui continue de faire rétrécir la distance que nous sommes prêts à parcourir à pied ou à vélo.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h4&gt;Pour des environnements favorables à la marche&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L’école Jean-de-Brébeuf, située dans le secteur Hull de la ville de Gatineau, participe     au programme de &lt;em&gt;Vélo Québec&lt;/em&gt; depuis 2008. Située à proximité du centre-ville,     dans le secteur de l’Université du Québec en Outaouais, la circulation automobile     aux abords de l’école constituait un sujet de préoccupation important pour de nombreux     parents. Déjà, l’association de quartier avait fait de nombreuses pressions auprès     de la municipalité afin qu’elle adopte des mesures d’apaisement de la circulation.     « Car la circulation est très dense dans le secteur », d’expliquer Manon Côté, maman     d’une écolière âgée de 7 ans. « Pour se rendre à l’école, les enfants de notre quartier     doivent traverser de grands axes où les voitures filent à toute allure et où les     autobus roulent dans les voies adjacentes aux trottoirs. C’est un environnement     de marche très stressant ». Dans ce contexte, inutile d’insister. Manon Côté, comme     de nombreux parents, n’allait pas envoyer sa fille à l’école, seule, à pied ou à     vélo!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est pour assurer la sécurité des enfants qui souhaitaient marcher et pour développer     leur autonomie, en leur faisant apprivoiser le chemin de l’école et en les responsabilisant     face aux dangers de la route, que Manon Côté, avec l’aide de l’établissement scolaire     et du partenaire régional de Vélo Québec, &lt;em&gt;Loisir sport Outaouais&lt;/em&gt;, s’est     investie dans la mise sur pied d’un système d’accompagnement appelé &lt;em&gt;Pédibus&lt;/em&gt;.     Très populaire en Europe, notamment en Suisse et en Belgique, le &lt;em&gt;Pédibus&lt;/em&gt; constitue une des formes que peut prendre le programme &lt;em&gt;Mon école à pied, à vélo! &lt;/em&gt;Le fonctionnement est simple : un parent attend les enfants inscrits aux arrêts     du Pédibus et les accompagne jusqu’à l’école, selon un itinéraire défini. « En fait,     il s’agissait de formaliser quelque chose qui existait déjà. Nous étions plusieurs     parents à accompagner nos enfants à l’école. On se rencontrait sur la rue et on     marchait ensemble. Alors pourquoi ne pas se partager la tâche? », de lancer Manon     Côté. « Aujourd’hui, on a une dizaine de bénévoles qui accompagnent une vingtaine     d’enfants pour trois trajets différents, trois fois par semaine. Concrètement, cela     veut dire que je suis responsable du Pédibus trois fois par mois et que huit autres     fois, au cours du même mois, ma fille est accompagnée par un autre parent. Pour     moi, ces matins-là, c’est un bon 20 minutes de gagnées », se réjouit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_sur_le_terrain"&gt;
&lt;p&gt;La marche utilitaire régulière fournit de multiples occasions de contacts informels, entre parents, et entre parents et enfants, et contribue donc à renforcer le tissu communautaire et les liens de voisinage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h4&gt;Pour une fonction sociale des trottoirs&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;« Si c’est la sécurité routière qui a motivé la mise en place du &lt;em&gt;Pédibus&lt;/em&gt;,     les retombées sociales et communautaires en sont, aujourd’hui, presque plus importantes     », explique Manon Côté. « Par exemple, on a une maman pour qui le &lt;em&gt;Pédibus&lt;/em&gt; a constitué une occasion unique de s’engager activement dans la vie scolaire. Monoparentale     et propriétaire d’un commerce, elle n’avait pas le temps de s’engager dans les activités     de l’école. Or, comme le &lt;em&gt;Pédibus&lt;/em&gt; lui permettait de sauver du temps plusieurs     matins par semaine, le temps ainsi libéré lui a permis d’en redonner un peu. En     étant responsable d’un trajet par semaine et en fréquentant d’autres parents, elle     est aujourd’hui partie prenante de la vie scolaire ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La marche utilitaire régulière fournit donc de multiples occasions de contacts informels,     entre parents, et entre parents et enfants, et contribue donc à renforcer le tissu     communautaire et les liens de voisinage. « Ma fille connaît aujourd’hui plein de     parents et d’adultes dans le quartier, des gens qu’elle n’aurait pas connus autrement.     Quand elle va au parc toute seule, elle sait que si elle ne se sent pas en sécurité,     elle peut se réfugier à divers endroits dans le voisinage. Ce “Parent secours” informel     augmente donc son sentiment de confiance et, du coup, son niveau d’autonomie. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’équipe du &lt;em&gt;Pédibus&lt;/em&gt; compte aussi dans ses rangs des bénévoles ayant été     recrutés à l’extérieur du cercle des parents. « Nous avons réussi à mobiliser deux     professeurs qui habitent le quartier, qui n’ont pas d’enfant d’âge scolaire et qui     marchaient pour aller à l’école. Comme ils connaissent les élèves, il s’agissait,     pour eux, d’une façon de s’engager autrement envers les jeunes en les côtoyant dans     un contexte extrascolaire », ajoute madame Côté. « À terme, nous souhaiterions recruter     des voisins ou des retraités, afin d’ancrer véritablement le &lt;em&gt;Pédibus&lt;/em&gt; dans     le paysage communautaire. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce quartier de Hull, le &lt;em&gt;Pédibus&lt;/em&gt; semble donc avoir renforcé le sentiment     d’appartenance, l’entraide et la solidarité. Et si, finalement, donner de son temps     était le meilleur moyen d’en récupérer un peu?&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;DSP de Montréal (2006). &lt;em&gt;Le transport urbain, une question de santé. Rapport         annuel 2006 sur la santé de la population montréalaise&lt;/em&gt;, Montréal, DSP, p. 91. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Marie Demers (2008). &lt;em&gt;Pour une ville qui marche&lt;/em&gt;, Montréal, Écosociété, p.         84.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>dans-mon-temps-on-marchait-trois-miles.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:15:53 GMT</pubDate></item><item><title>La Certification Virage-Famille : quand la souplesse n’est pas un obstacle à la performance!</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;La Certification Virage-Famille : quand la souplesse n’est pas un obstacle à la     performance!&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Marie-Claude Desbiens, Comité Virage-Famille&lt;/h3&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/la-certification-virage-famille-quand-la-souplesse-nest-pas-un-obstacle-a-la-performance.jpg" alt="Certification du Club Emploi-Carrière" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Virage-Famille&lt;/p&gt;
&lt;p class="article_photo_legende"&gt;Certification du Club Emploi-Carrière&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;À l’automne 2004, un comité composé d’intervenants de divers secteurs sociaux et     économiques de la MRC de Rivière-du-Loup décide de tenir une journée sur le thème     de la conciliation travail-famille. Rivière-du-Loup est alors la capitale canadienne     de la PME, on y frôle le plein emploi et la natalité est en hausse. Forts de cette     journée, qui fut une réussite autant par la forte participation que par la qualité     des intervenants, les membres du comité organisateur décident de se « transformer     » en une organisation permanente, bien connue aujourd’hui dans le milieu sous le     nom de Virage-Famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, Virage-Famille fait la promotion auprès des entreprises de l’importance     de mettre en place des politiques de gestion des ressources humaines teintées de     mesures de conciliation travail-famille. Et pour encourager une saine compétition,     le comité a mis sur pied en 2007 la certification Virage-Famille qui reconnaît les     efforts des petites, moyennes et même grandes entreprises en matière de conciliation     travail-famille.&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_sur_le_terrain"&gt;
&lt;p&gt;Une philosophie de gestion basée sur le respect de l’employé et de ses besoins amène celui-ci à être plus coopérant avec son employeur, augmente l’engagement et la loyauté envers l’entreprise et fait diminuer à des niveaux très enviables le taux de roulement et d’absentéisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parmi les certifiés, on retrouve de tous les genres : commerces au détail, bureaux     de comptables, organismes communautaires et même des membres de chaînes hôtelières!     Par exemple, le CPE de Rivière-du-Loup a instauré la semaine de 4 jours, les congés     de maladie-repos payés fractionnables sans justification, le congé pour obligation     familiale, l’accumulation de temps en vue d’une prise de congé, et bien d’autres     mesures encore. Le Quality Inn de Rivière-du-Loup a, quant à lui, instauré des horaires     souples tenant compte des disponibilités et des obligations des employés, institué     des quarts de travail ajustés aux horaires des services de garde, et porte une attention     particulière aux étudiants pour favoriser la réussite scolaire et une meilleure     conciliation travail-études. Le Carrefour Jeunesse-Emploi a, de son côté, introduit     les horaires flexibles, les congés de maladie payés, les congés mobiles payés et     l’accumulation de temps de travail pour reprise de congés. Le Club Emploi Carrière     de Rivière-du-Loup a, en plus d’abolir les formations et les réunions en soirées,     mis sur pied un calendrier de planification des activités pour permettre aux employés     de savoir longtemps à l’avance les activités à venir, et ce, afin de mieux planifier     leurs agendas personnels. Enfin Premier Tech, une entreprise de plus de 1000 employés,     a mis sur pied un service de garde sur les lieux de travail, de même qu’une gamme     de services de soutien à la vie domestique : retour de films au club vidéo, service     de nettoyeur et couturière, commande de repas, traiteur, poste, réparation de véhicule,     entretien et réparation de chaussures, livraison de petit colis, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques exemples concrets confirment les résultats d’études et de théories     sur le sujet : une philosophie de gestion basée sur le respect de l’employé et de     ses besoins amène celui-ci à être plus coopérant avec son employeur, augmente l’engagement     et la loyauté envers l’entreprise et fait diminuer à des niveaux très enviables     le taux de roulement et d’absentéisme dans ces entreprises : moins de 1 % de taux     de roulement par année pour certaines d’entre elles!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conviction profonde du comité Virage-Famille, c’est qu’il n’y a pas de recette     unique en matière de conciliation travail-famille, mais plutôt de très nombreuses     mesures adaptées aux besoins des employés et respectueuses de la mission et de la     taille de l’entreprise. Souvent, la créativité et la souplesse permettent d’aussi     bons résultats que des investissements importants! N’attendez plus, prenez le virage!&lt;/p&gt;</description><link>la-certification-virage-famille-quand-la-souplesse-nest-pas-un-obstacle-a-la-performance.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:15:42 GMT</pubDate></item><item><title>Manger vrai, plus près : l’agriculture de proximité à la rescousse du temps perdu</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;Manger vrai, plus près&lt;/h2&gt;
&lt;h2&gt;&lt;span&gt;L’agriculture de proximité à la rescousse du temps perdu &lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Angèle-Anne Brouillette, comité de rédaction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L’air pur, les grands espaces et la simplicité de la vie : voilà quelques-unes des     représentations – des clichés diront certains – des milieux ruraux ou des petites     municipalités. Or, s’il est vrai que le côté jardin du Québec recèle un nombre important     d’avantages, il comporte aussi moult défis. L’industrialisation et le développement     tous azimuts ayant comme pierre d’assise l’automobile, s’ils ont en effet permis     aux populations de visiter d’autres coins du pays, les ont aussi éloignées de leur     milieu d’origine, et ont dispersé les services, provoquant ainsi des écarts quant     à leur accessibilité. Pour s’alimenter sans faire des kilomètres que tous et toutes     ne sont pas nécessairement en mesure de parcourir, l’intelligence collective a fait     son œuvre et un nombre important d’initiatives visant à valoriser les services de     proximité, et plus spécifiquement les produits locaux alimentaires, ont été mises     en place. Car il est vrai que s’alimenter plus loin nous oblige à passer du temps     en voiture et nous coupe ainsi de nos concitoyens.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;De l’importance des services de proximité&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Solidarité rurale du Québec qualifie ainsi l’importance des services de proximité     : « Ils jouent […] un rôle social, culturel et symbolique important puisque c’est     souvent dans ces lieux de services que les membres d’une communauté se rencontrent     et tissent les liens sociaux si importants pour la vie collective ». La force de     ces liens sociaux permet aux populations de circonscrire leurs activités dans un     rayon plus restreint, rendant les déplacements moins nécessaires. Moins de temps     dans la voiture, plus de temps pour les uns et les autres. De nombreux projets ont     ainsi été mis en place afin de créer cet espace créateur de lien, plusieurs coopératives     de solidarité ayant essaimé partout dans les territoires, rassemblant divers services     au sein d’un bâtiment central, significatif pour les populations qui y habitent.&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/manger-vrai-plus-pres-lagriculture-de-proximite-a-la-rescousse-du-temps-perdu.jpg" alt="Une équipe de joyeux cueilleurs d’eau d’érable à la sucrerie Massicotte et filles, une sucrerie ancestrale" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Sucrerie Massicotte et filles&lt;/p&gt;
&lt;p class="article_photo_legende"&gt;Une équipe de joyeux cueilleurs d’eau d’érable à la sucrerie Massicotte et filles,&lt;br /&gt; une sucrerie ancestrale&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h4&gt;La Coop &lt;em&gt;Fierté d’ici!&lt;/em&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;C’est le cas par exemple de la Coop de solidarité &lt;em&gt;Fierté d’ici! &lt;/em&gt;située     à Louiseville en Mauricie. Elle a été fondée afin de stimuler l’achat de produits     locaux en facilitant le lien entre les consommateurs de la MRC de Maskinongé et     les producteurs et artisans. Inspirée d’initiatives similaires, telles que l’Écomarché     de Trois-Rivières, le Magasin général de Mékinac et le Grand marché de Beauce, la     Coop est faite par et pour les gens de la MRC, en réseau avec les agriculteurs de     la région. &lt;em&gt;Fierté d’ici! &lt;/em&gt;cristallise le lien de marché entre les producteurs     et artisans et les consommateurs. Elle recense et contacte les producteurs et les     artisans locaux de la MRC de Maskinongé afin de les inviter à adhérer à la coopérative.     Ensuite, grâce à la liste de ses membres producteurs ou artisans, la Coop dresse     une liste des produits offerts et la diffuse sur son site Internet. Elle sollicite     aussi les citoyens par des communiqués et des envois personnalisés. Fondamentalement,     il s’agit de développer un réseau de distribution qui réduira le temps et les frais     de transport en regroupant les producteurs, les artisans et leurs produits à un     même endroit… où sont invités aussi les consommateurs.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Slowfood Vallée-de-la-Batiscan… Au-delà de manger lentement!&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La population de la Vallée-de-la-Batiscan en a long à dire à ce sujet, elle qui     est au centre de la création du &lt;em&gt;Convivium Slowfood de la Vallée de la Batiscan&lt;/em&gt;.     D’abord opposée à une certaine forme de développement basée sur le profit à court     terme, sans vision de développement global, elle s’est opposée dès 1999 à la fermeture     de l’école, à la construction de trois microcentrales hydroélectriques sur la rivière     Batiscan et à l’implantation d’un site d’enfouissement de matières dangereuses.     L’opposition s’est transformée en culture de collaboration lorsqu’une citoyenne,     madame Johanne Germain, maintenant présidente d’&lt;em&gt;Héritage Vallée de la Batiscan&lt;/em&gt;,     est allée découvrir en Italie le mouvement Slow Food. Elle en est revenue avec une     proposition, celle de créer un espace écogastronomique faisant de la Vallée de la     Batiscan, une zone d’expérimentation en écodéveloppement s’étendant sur 177 kilomètres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Le convivium offre aux différents acteurs du secteur primaire, qui demeurent dans     la vallée, la possibilité de faire la promotion de produits finis caractérisés par     la qualité et la durabilité. En favorisant l'émergence et le soutien à la micro-entreprise     agroalimentaire, touristique et culturelle, le convivium entretient et fait grandir     le sentiment d'appartenance des citoyens à une communauté étroitement liée du point     de vue historique, social, économique et culturel à son territoire. » Les rencontres     de cuisine ont notamment permis aux personnes de briser leur isolement. Selon Johanne     Germain : « … nos actions ne divisent pas et favorisent la prise en charge de notre     milieu de vie. Le pouvoir d’intervenir sur notre mieux-être collectif, tous ensemble,     procure un sentiment d’espoir et de liberté ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En misant sur l’agriculture de proximité et sur les producteurs locaux, on gagne     du temps tout en renforçant les liens entre les membres de la collectivité. Investir     dans l’agriculture de proximité, c’est arrêter de faire la promotion des aliments     qui mûrissent dans les camions et manger plus près, plus vrai.&lt;/p&gt;</description><link>manger-vrai-plus-pres-lagriculture-de-proximite-a-la-rescousse-du-temps-perdu.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:15:30 GMT</pubDate></item><item><title>Concilier famille, travail et milieu de vie en région</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;Concilier famille, travail et milieu de vie en région&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Sylvie Fortin, Conférence régionale des élus – Chaudière-Appalaches&lt;br /&gt; avec la collaboration de François Baril, Guy Boudreau, France Boulé, Maryse Drolet,     Pierre Drouin, Johanne Faucher, Mathieu Gaudette et Luce Lacroix&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les transformations que vivent actuellement le monde du travail et les structures     familiales sont des facteurs qui contribuent à l’augmentation du stress chez bon     nombre de travailleurs. Dans un contexte d’exode des populations et de pénurie de     main-d'œuvre, la conciliation travail-famille devient un enjeu d’importance dans     la gestion des ressources humaines et le bien-être des communautés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la région de la Chaudière-Appalaches, concilier famille, travail et milieu     de vie implique nécessairement de comprendre les besoins et les préoccupations des     familles. C’est pourquoi la Conférence régionale des élu(e)s (CRÉ) et ses partenaires     ont choisi de réaliser une recherche-action qui donne la parole aux familles. Les     résultats de « Mieux comprendre les familles de la Chaudière-Appalaches » permettront     de favoriser des interventions et des actions efficaces pour le développement de     la région. Car des collectivités qui répondent aux attentes et aux aspirations des     familles sont des milieux attractifs et dynamiques, où il fait bon vivre!&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/concilier-famille-travail-et-milieu-de-vie-en-region.jpg" alt="Illustration" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Illustration : Pascal Blanchet&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La recherche-action visait trois objectifs : 1) dresser l’état de la situation des     services entourant la vie des familles dans les sphères d’activité touchant leur     quotidien, et ce, suivant l’évolution chronologique des familles; 2) dresser l’état     de la situation sur les besoins des familles en matière de conciliation entre la     vie familiale et le milieu du travail, les études et les autres milieux de vie;     3) et enfin, déterminer les besoins prioritaires des familles (satisfaits et non     satisfaits) et les cibles d’intervention en cohérence avec les politiques familiales     municipales ou toutes autres initiatives locales présentes dans un milieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour approfondir la connaissance des familles, l’étude présente les résultats d’une     méthodologie mixte, soit une démarche qualitative, quantitative et participative,     où la participation citoyenne est au cœur de l’action. De cette enquête, neuf priorités     régionales ont émergé, les trois principales étant d’augmenter la compatibilité     entre les horaires de services et la vie de famille, de valoriser une économie novatrice     et de modifier l’environnement pour favoriser les déplacements actifs et les saines     habitudes de vie. De plus, l’entraide, la diversité des services scolaires, le transport     collectif, l’accès au logement, à l’emploi et aux services ainsi que les services     de garde scolaire ont aussi été retenus à titre de priorité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« La famille constitue un pilier de notre société. Elle représente la source de     la solidarité entre les générations. Les résultats de la recherche-action contribuent     déjà à mettre en place, en Chaudière-Appalaches, des mesures pour relever le défi     démographique », souligne le président de la CRÉ de la Chaudière-Appalaches, monsieur     Maurice Sénécal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rejoindre les citoyennes et citoyens de la Chaudière-Appalaches, la CRÉ, le     Forum jeunesse régional Chaudière-Appalaches et le ministère de la Famille et des     Aînés ont pu compter, entre autres, sur l’implication des agents de développement     rural, des organisateurs communautaires des centres de santé et de services sociaux     (CSSS), des maisons de la famille, des municipalités et du réseau scolaire. Ainsi,     la présente démarche a identifié non seulement les besoins exprimés et les priorités     des familles à l’échelle régionale, mais aussi dans chacune des neuf MRC et la Ville     de Lévis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les résultats de la recherche-action sont disponibles sur le site Internet de la     CRÉ de la Chaudière-Appalaches : &lt;a href="http://www.chaudiere-appalaches.qc.ca" target="_blank"&gt;www.chaudiere-appalaches.qc.ca&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description><link>concilier-famille-travail-et-milieu-de-vie-en-region.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:15:20 GMT</pubDate></item><item><title>L’Agence des Temps de la MRC de Charlevoix-Est : un bureau des temps typiquement québécois</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;L’Agence des temps de la MRC de Charlevoix-Est : un bureau des temps typiquement     québécois&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Marie-Ève Gagnon, MRC de Charlevoix-Est&lt;br /&gt; et Denis Guérin, Carrefour Action Municipale et Famille&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Agence des temps est un laboratoire rural dont la mission est de faciliter la     conciliation travail-vie personnelle sur le territoire de la MRC de Charlevoix-Est     en important un modèle inspiré de l’Europe : les Bureaux des temps&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;.     Ces instances proposent d’arrimer les horaires des différents services et de mettre     sur pied des projets qui facilitent la vie des citoyens en leur permettant, notamment,     de gagner du temps. Car au cours des vingt dernières années, des changements majeurs     aux niveaux familial, social et économique ont diminué l’entraide, alors que se     sont intensifiés le temps passé au travail et les exigences qui y sont reliées.     Résultat, de nos jours tout le monde semble manquer de temps : les deux parents     travaillent souvent, les enfants ont toutes sortes d'activités à leur horaire, la     famille élargie est souvent moins présente pour soutenir les parents dans leur rôle     et le travail est de plus en plus exigeant.&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/lagence-des-temps-de-la-mrc-de-charlevoix-est-un-bureau-des-temps-typiquement-quebecois.jpg" alt="Denis Guérin du Carrefour Action Municipale et Famille et Marie-Ève Gagnon de la MRC de Charlevoix-Est" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : MRC de Charlevois Est&lt;/p&gt;
&lt;p class="article_photo_legende"&gt;Denis Guérin du Carrefour Action Municipale et Famille et Marie-Ève Gagnon&lt;br /&gt; de la MRC de Charlevoix-Est&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur notre territoire, des caractéristiques particulières compliquent la conciliation     travail-vie personnelle. Par exemple, nous retrouvons une grande proportion de travailleurs     atypiques, à quoi il faut ajouter une réalité rurale bien différente de celle des     milieux urbains. Pensons simplement à l'absence de masse critique pour le développement     de certains services, la grandeur du territoire qui complique les déplacements,     l'isolement social de plusieurs familles, la précarité financière, le vieillissement     de la population et l'exode des jeunes qui provoquent une pénurie de main-d'œuvre     croissante, l'économie peu diversifiée, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Un bureau des temps à la québécoise&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La famille, le travail et la communauté sont trois aspects interreliés qui animent     un contexte en perpétuel mouvement. Conséquemment, le défi imposé par la problématique     de la conciliation travail-vie personnelle dépasse largement le pouvoir d’intervention     d’un seul acteur. La recherche de solutions durables nécessite en effet la participation     de tous les acteurs du milieu pour aspirer à des résultats durables et efficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc en regard de ces réalités que la MRC de Charlevoix-Est a décidé, il y     a un an, en partenariat avec le Carrefour Action Municipale et Famille, de démarrer     ce projet d’Agence des temps : un lieu de concertation et de partenariat visant     à faciliter la conciliation travail-vie personnelle des gens d'ici, avec les gens     d'ici! Les objectifs poursuivis sont donc de soutenir les parents dans l’exercice     de leurs responsabilités parentales, d’améliorer le pouvoir attractif des milieux     ruraux pour les familles et les entreprises, et d’accroître la maîtrise des milieux     ruraux sur leur avenir et sur leur développement. Plus spécifiquement, il s’agit     d’améliorer nos connaissances et notre compréhension de la réalité des familles     et des entreprises, et de comprendre les avantages et les conditions de réussite     des pratiques de conciliation travail-vie personnelle, leur processus d’implantation,     ainsi que les obstacles qui peuvent se poser et les façons de les surmonter. En     plus de mettre en place une dynamique locale de concertation, de réseautage et de     partenariat qui implique l’ensemble des acteurs locaux (familles, municipalités,     entreprises, institutions, organismes communautaires, etc.) et de mobiliser de façon     cohérente les principaux intervenants du milieu afin qu’ils adhèrent au projet et     contribuent à sa viabilité sur une base continue, il s’agit d’offrir aux acteurs     du milieu l’accès à un lieu d’échanges et d’expertise adaptés à leur réalité et     à des outils en matière de conciliation travail-vie personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Des actions concrètes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Depuis déjà un an, l’Agence des temps s’affaire donc à consulter, concerter et innover     sur son territoire. Des projets ont ainsi vu le jour. Une campagne de sensibilisation     a d’abord été lancée auprès des employeurs, des employés, des syndicats et de la     communauté, car cet enjeu a été estimé prioritaire par les divers partenaires du     laboratoire. Des outils ont été créés et une pochette est remise aux employeurs     rencontrés qui sont, par ailleurs, invités à démarrer un projet de conciliation     travail-vie personnelle ou à s’impliquer dans le processus de laboratoire. Par ailleurs,     une consultation d’envergure sera prochainement réalisée auprès des parents travailleurs     afin d’identifier, plus précisément, ce qui pose problème dans leur conciliation     travail-vie personnelle. Grâce à un partenariat de recherche avec la Chaire en entrepreneuriat     et innovation de l’Université Laval, nous consulterons également les employeurs,     en plus de consulter des travailleurs sociaux et des infirmiers du territoire grâce     à un autre partenariat de recherche, cette fois avec l’ARUC-GATS&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Divers projets devraient également voir le jour dans les années à venir : cuisines     en milieu de travail, garderie coopérative avec horaires atypiques, certification     pour les entreprises ayant fait de la conciliation travail-vie personnelle, regroupement     des travailleurs atypiques de Charlevoix, réseautage et entraide intergénérationnelle     dans les districts municipaux (déjà appelé « Vie de quartier »). Et il ne s’agit     que d’un début! Suivez-nous sur : &lt;a href="http://www.agencedestemps.com" target="_blank"&gt; www.agencedestemps.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;Voir le &lt;a href="/bureaux-des-temps-fondements-enjeux-et-resultats.aspx"&gt;texte de         Juliette Rochman&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L’ARUC-GATS est l’Alliance de Recherche Université Communauté sur la Gestion des         Âges et des Temps Sociaux&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>lagence-des-temps-de-la-mrc-de-charlevoix-est-un-bureau-des-temps-typiquement-quebecois.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:15:09 GMT</pubDate></item><item><title>Parce que le bonheur a besoin de temps … les coopératives de services à la personne</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;Parce que le bonheur a besoin de temps… les coopératives de services à la personne&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Marie-Joëlle Brassard, Conseil québécois de la coopération et de la mutualité&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Des relations de qualité, entre des personnes signifiantes les unes pour les autres,     supposent d’y mettre le temps. Voilà la trame de fonds d’un projet que caresse le     Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, en collaboration avec la     Fédération des coopératives de services à domicile et de santé. Quelques scénarios     sont sur la planche à dessin du Conseil et de la Fédération.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Un travailleur, un parent, un amoureux, un soutien, un ami, c’est une seule personne&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le projet vise à libérer du temps pour abaisser le niveau de stress découlant du     cumul de responsabilités des personnes. Nous voulons améliorer la qualité du temps     que la personne vit avec les siens en la soulageant de certaines tâches.&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_sur_le_terrain"&gt;
&lt;p&gt;Le projet vise à libérer du temps pour abaisser le niveau de stress découlant du cumul de responsabilités des personnes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le moyen consiste à donner accès à des services de qualité assurée, à des prix abordables.     Le concept réfère à l’offre de services à des travailleurs, dirigeants et, éventuellement     des travailleurs autonomes. Les scénarios, élaborés dans la recherche d’un modèle     idéal, engagent tous les acteurs concernés : l’employeur, l’État et le travailleur.     Chacun peut contribuer financièrement en défrayant le coût des services tout en     retirant des avantages, notamment celui de retenir les employés dans l’entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Une approche éthique et responsable des services à la personne&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La desserte de services à la personne n’est pas sans poser la question du temps     gagné qui pourrait se transformer en temps de travail. Conséquemment, le choix de     l’offre de services est judicieux. Nous nous devons, en tant que coopératives porteuses     de valeurs sociales d’équité, d’égalité et de solidarité, de définir un panier de     services « responsables ». Le temps gagné doit être protégé et utilisé à des activités     favorisant les relations avec les proches. Par exemple, les services peuvent se     traduire par l’entretien et les travaux ménagers, le soutien scolaire, le répit     pour les travailleurs et aidants naturels, l’assistance administrative à domicile,     la visite au garage pour le changement d’huile et de pneus, les commissions diverses,     etc.&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/parce-que-le-bonheur-a-besoin-de-temps-les-cooperatives-de-services-a-la-personne.jpg" alt="Tic Tac" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Illustration : Anne-Laure Jean&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h4&gt;Deux scénarios de réalisation&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Des coopératives « médiatrices », agiraient comme intermédiaires entre l’offre des     fournisseurs de services à la personne, et la demande par les entreprises et pour     les personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier scénario consiste à ajouter des services dans une coopérative de services     à domicile déjà en place et qui gère l’offre et la demande de ses propres services,     sachant qu’elle est reconnue pour la qualité de son travail et que son réseau est     bien structuré. L’intégration de nouveaux services à une coopérative existante pourrait     aussi contribuer à en améliorer la rentabilité et permettre de diversifier ou de     bonifier les activités des emplois existants. Finalement, la coopérative de services     à domicile dispose d’une expertise d’appariement pour répartir le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxième scénario consisterait à démarrer une nouvelle coopérative en incubation     au sein d’une coopérative de développement régional (CDR), en partenariat avec une     coopérative de services à domicile régionale. Une petite structure, à peu de frais,     pourrait profiter de l’expertise de la CDR et de la coopérative de services à domicile.     Elle serait hébergée par la CDR et bénéficierait des infrastructures et services     existants. Une fois mature, elle prendrait son autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Un projet de développement local&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La mise en place d’une ou plusieurs coopératives médiatrices est doublement intéressante     pour la collectivité. D’un côté, la qualité de vie des personnes s’en trouverait     améliorée, et de l’autre les fournisseurs de services en retireraient des retombées     économiques et sociales.&lt;/p&gt;</description><link>parce-que-le-bonheur-a-besoin-de-temps-les-cooperatives-de-services-a-la-personne.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:14:54 GMT</pubDate></item><item><title>Simplifier le temps, c’est l’enrichir…</title><description>&lt;h1 class="theme_sur_le_terrain"&gt;SUR LE TERRAIN&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_sur_le_terrain" /&gt;
&lt;h2&gt;Simplifier le temps, c’est l’enrichir…&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Christine Lemaire&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On associe la plupart du temps le mouvement de la simplicité volontaire à un combat     contre la surconsommation, à un mouvement écologique, à un moyen de sauver la planète.     Ce que l’on sait moins, c’est qu’une grande partie des personnes qui se tournent     vers la simplicité volontaire le font dans l’espoir d’améliorer leur rapport au     temps&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;. Cela a été mon cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la naissance de mon fils aîné, un élément formidable s’était greffé à ma vie     sans que je veuille y faire la place qui lui était due. J’avais une carrière exigeante     et beaucoup d’autres activités. Je voulais tout faire et je refusais de choisir.     Après m’être évertuée pendant quelques années à « gérer mon temps » de la façon     la plus efficace possible, j’ai fini par entrevoir que cette manière de vivre –     que j’associais au fait de vivre pleinement – me gardait toujours en périphérie     de l’essentiel. J’avais du mal à mettre dans mes journées ce qui avait le plus de     sens pour moi, du mal à y vivre certaines valeurs que je chérissais pourtant. Et     j’étais si fatiguée!&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Réduire&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Au cœur de la simplicité volontaire, il y a l’idée de réduction : réduire notre     consommation, réduire notre empreinte écologique. Quand il s’agit de vivre le temps     plus sereinement, cette idée s’impose aussi. Ce ne sont pas nos actions prises une     à une qui créent le problème, c’est leur accumulation. Notre vie peut être gorgée     de sens – ce qui serait déjà fantastique! – mais s’il y a trop de choses à faire     (projets, activités, tâches), nous perdons la saveur de chacune d’elles et nous     nous asséchons. La simplicité volontaire nous invite à apprivoiser le mot « assez     ».&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_sur_le_terrain"&gt;
&lt;p&gt;En nous enseignant le mot « assez », la simplicité volontaire nous enseigne aussi le mot « contentement »&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et cela ne se fait pas en un jour. La simplicité volontaire est un long processus,     une spirale aux circonvolutions infinies, menant au centre de notre vie. Si la maladie     nous force à réduire abruptement le nombre de nos activités, la simplicité volontaire     nous permet quant à elle de faire ce travail plus en douceur; elle nous donne la     possibilité de réfléchir, de discerner ce qui est vital de ce qui ne l’est pas,     de respecter nos engagements avant de dire « ne comptez plus sur moi ». Elle permet     aussi d’expérimenter (si je cessais de faire cela?) et même de se tromper (finalement,     cette action a plus d’importance à mes yeux qu’elle en avait l’air).&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Vivre toutes les textures du temps&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La gestion du temps n’est pas neutre. Elle a été inventée par le monde des affaires     et repose sur son système de valeur à lui. De ce fait, elle biaise nos comportements     et valorise certaines actions au détriment de d’autres, certaines façons de voir     au lieu de d’autres. Par exemple, elle se fonde sur l’idée que le temps est une     ressource exploitable au maximum. Or, bien d’autres façons de vivre le temps existent     et la simplicité volontaire nous aide à les découvrir, précisément parce qu’elle     repose sur d’autres valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La simplicité volontaire met les personnes au centre. L’individu qui vit un processus     de réalisation de lui-même a besoin d’être, davantage que de faire. Pour être, il     faut affiner notre conscience, ici et maintenant. En nous enseignant le mot « assez     », la simplicité volontaire nous enseigne aussi le mot « contentement ». Elle nous     aide à nous poser, à dégager le temps pour y introduire l’espace nécessaire à faire     le vide, à respirer. Le temps est comme un tiroir où il y aurait un double fond     secret. En nous enseignant à remplir chaque tiroir à ras bord, la gestion du temps     a pour effet de nous faire oublier que le temps peut s’ouvrir, qu’il peut soudainement     nous faire toucher à l’éternité. La simplicité volontaire nous enseigne la disponibilité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La simplicité volontaire valorise le bien commun et l’action communautaire. Elle     nous permet donc de redonner aux autres leur juste place dans notre vie. Si la gestion     du temps nous invite à l’action individuelle (exemple : par l’établissement d’objectifs     personnels), la simplicité volontaire nous fait comprendre que notre temps fracasse     les limites des heures comptées lorsqu’il se fond dans le temps des autres. Les     petits gestes qui, aux yeux du temps individuel, peuvent paraître dérisoires – recycler,     prendre le métro, prêter son échelle au voisin – prennent ainsi une envergure, une     gravité et une puissance qui nous avaient échappé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, réduire la pression sur son temps, c’est commencer à le voir comme une matière     vivante, un écosystème fragile où l’harmonie et les équilibres entre les actions     de notre vie sont plus importants que la quantité de choses que l’on peut y mettre.     En cessant de considérer notre temps comme une ressource exploitable à l’infini,     nous en arriverons peu à peu à changer notre regard sur le monde qui nous entoure,     sur ces êtres humains et sur cette terre qu’il faut considérer avec moins d’avidité     et plus de bienveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je continue à utiliser la gestion du temps pour organiser ce que j’ai à &lt;em&gt;faire&lt;/em&gt;.     Mais la simplicité volontaire, en m’aidant à en faire &lt;em&gt;moins&lt;/em&gt;, me donne l’occasion     de faire mieux. Voilà donc une autre façon de vivre pleinement!&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;Christine Lemaire est membre du Réseau québécois pour la simplicité volontaire depuis         2001. Elle est l’auteure d’un essai intitulé &lt;em&gt;À contretemps. Gérer moins, vivre mieux&lt;/em&gt; qui paraîtra à l’automne.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Cecile Andrews (1997). &lt;em&gt;The Circle of Simplicity: Return to the Good Life&lt;/em&gt;,         New York, Harper Perennial, p. 28&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>simplifier-le-temps-cest-lenrichir.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:14:40 GMT</pubDate></item><item><title>La nécessaire quatrième saison : aller au-delà de « Liberté 55 »</title><description>&lt;h1 class="theme_defis_enjeux"&gt;DÉFIS ET ENJEUX&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_defis_enjeux" /&gt;
&lt;h2&gt;La nécessaire quatrième saison&lt;br /&gt; &lt;span&gt;Aller au-delà de « Liberté 55 »&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Angèle-Anne Brouillette, comité de rédaction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Toute une génération a cru au célébrissime « projet de société » de la Financière         : « Liberté 55 », mais la fin du dernier millénaire et le début de celui-ci ont         jeté un froid sur l’alléchante proposition. Était-ce la seule option qui s’offrait         aux travailleurs âgés ? Et si les fins de carrières se conjuguaient au plus-que-divers         ? Tenir compte des différents rythmes des travailleurs âgés, c’est possible ? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Le travail… pas seulement faire « du temps »&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le déclin démographique anticipé, la pénurie de travailleurs qualifiés, l’effondrement     du secteur manufacturier et la crise économique ont remis en question la promesse     faite à l’endroit des travailleurs de prendre leur retraite à la mi-cinquantaine.     Mais pour environ le tiers des travailleurs âgés, la liberté promise à 55 ans n’est     de toute façon pas une panacée, puisque le travail n’est pas seulement la salle     d’attente de la retraite. Motivant et stimulant, il contribue aussi à enrichir leur     vie et à développer des liens sociaux. Or, que faire pour permettre à ceux qui le     souhaitent de prolonger leur carrière?&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_defis_enjeux"&gt;
&lt;p&gt;Le morcellement et la répétition des tâches seraient en cause dans la difficulté des nouveaux retraités à s’adapter au rythme si particulier de la retraite&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On sait que les travailleurs âgés sont de plus en plus convoités, non seulement     pour leurs expertises, leurs expériences, le fait qu’ils soient moins pris par les     obligations familiales, mais aussi pour leur rapport différent au marché du travail.     Dans un article de l’Actualité de mai 2009, Pierre Gagner, directeur général du     Centre Eurêka qui aide les plus de 40 ans à se trouver du travail affirmait : «     La majorité des employeurs croient encore que les travailleurs plus âgés sont difficiles     à former, qu’ils sont allergiques aux technologies et qu’ils ne resteront pas longtemps.     Au contraire, le taux d’absentéisme et de roulement est moindre que celui des 18-25     ans; ils sont plus fidèles à leur employeur! »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diane-Gabrielle Tremblay, professeure à la Téluq_UQAM et directrice de l’Alliance     de recherche sur la gestion des âges et des temps sociaux, nous raconte « qu’en     Finlande notamment, des campagnes publicitaires visent à valoriser l’expertise des     travailleurs âgés en montrant qu’ils ne sont pas moins productifs, qu'ils ont au     contraire acquis de l'expérience pertinente pouvant être utilisée dans le contexte     d'une économie du savoir. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle poursuit : « diverses mesures pourraient permettre aux travailleurs âgés de     rester plus longtemps en emploi ou encore rendre leur fin de carrière plus adaptée     à leurs besoins. Réduire le nombre d’heures de travail et offrir du télé-travail     seraient quelques-unes des pistes d’action, mais les organisations sont assez frileuses     et hésitent encore à accorder ce genre d'aménagement. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons-en des entreprises; elles ont un rôle essentiel à jouer quand vient le temps     de concilier le travail et les trajectoires de vie. Leur rôle est bien sûr majeur     lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre des mesures permettant d’accommoder les jeunes     familles, mais il ne se limite pas à cela. Plurielles et complexes, les expériences     de vie des individus doivent être prises en compte par les employeurs et les entreprises.     Comment ? Il fallait seulement y penser : prévoir et planifier les besoins et les     carrières afin de bien connaître les effectifs. Non seulement en fin de carrières,     mais à toutes les étapes de la vie, les personnes peuvent vouloir ralentir ou arrêter     pendant un temps, nous dit Diane-Gabrielle Tremblay. L’entreprise devrait donc être     outillée pour permettre à ses travailleurs de prendre du temps pour s’occuper d’un     jeune enfant, prendre soin d’un parent malade ou encore pour prendre du temps pour     soi. Toujours selon Diane-Gabrielle Tremblay «Il faut que les entreprises acceptent     de ses travailleurs qu’ils réduisent leur temps de travail - pendant deux ans peut-être     - et qu'ils reviennent ensuite à un horaire régulier. Les entreprises ont beaucoup     de mal avec cela. » Des mesures européennes vont en ce sens, le crédit-temps en     Belgique notamment, permet aux travailleurs de prendre un moment d'arrêt pendant     leur carrière, que ce soit pour un congé de maternité ou pour aller vers une préretraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas d’accommoder les travailleurs âgés en fin de carrières. Si, comme     on le mentionnait plus tôt, les entreprises, les employeurs et les organisations     utilisent des mesures de prévisibilité, c’est aussi pour offrir de la formation     aux travailleurs, tout au long de leur vie active afin que chacun et chacune puissent     demeurer au sommet de ses compétences. Ils pourront donc demeurer à l’emploi plus     longtemps s’ils le souhaitent. « Les entreprises ont tendance à offrir de la formation     aux plus jeunes travailleurs, alors que les individus vont souvent rester en poste     au-delà de 60 ans. », mentionne Diane-Gabrielle Tremblay.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;La retraite, du temps à apprivoiser&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Mais ce rapport positif au travail n’est pas partagé par tous, le travail, lorsqu’il     est exigeant ne permet pas sa poursuite pour environ un autre tiers des travailleurs,     ceux-ci étant trop usés pour profiter d’un second souffle professionnel. Selon Diane-Gabrielle     Tremblay : « On peut en faire la promotion, mais les ouvriers et toutes les personnes     qui ont des problèmes de santé ou ont eu un accident de travail risquent de ne pas     le souhaiter. Ce sont surtout les travailleurs des services et les cols blancs qui     sont intéressé à rester en emploi. » Et pour d’autres encore, la retraite s’accompagne     de difficultés d’adaptation à ce nouveau rythme de vie. Car au-delà de l’aspect     financier, le travail permet à plusieurs de se sentir utiles. La nature et la profondeur     des liens développés dans les milieux de travail ont aussi un impact sur l’envie     des gens de prendre ou non leur retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales centrales syndicales offrent des formations aux travailleurs pour     se préparer à la retraite. Denise Verrette a 63 ans et est retraitée du secteur     de la santé depuis trois ans. À la veille de son départ, son employeur lui a offert     une formation de deux jours afin qu’elle se prépare à cette nouvelle étape de la     vie. « C’est très peu, vous savez ? Est-ce que ça m’a aidée ? Pas vraiment. On vous     dit de vous préparer à la retraite pendant au moins 10 ans, mais comment le faire     à part se dire qu’il faut le faire ? » nous confie-t-elle non sans humour. Mais     certaines initiatives vont plus loin, en Suède notamment. Diane-Gabrielle Tremblay     nous parle en effet « de mesures permettent de concilier des prestations de retraite     et un temps réduit favorisent une préretraite graduelle. Le temps de s’habituer     à ce nouveau rythme. »&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/la-necessaire-quatrieme-saison-aller-au-dela-de-liberte-55.jpg" alt="Illustration" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Illustration : Anne-Laure Jean&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Or, pour certains, dont Jacques Fournier, ancien organisateur communautaire, maintenant     retraité, fortement engagé dans le mouvement de la simplicité volontaire, le problème     de fond est le travail. Le morcellement et la répétition des tâches seraient la     cause dans la difficulté des nouveaux retraités à s’adapter au rythme si particulier     de la retraite. « Vous savez, il y a des retraités qui sont morts socialement; ils     ne pratiquent ni loisirs ni bénévolat. Pourquoi sont-ils si passifs ? Ce sont surtout     les cols blancs et les cols bleus - eux qui ont fait un travail très répétitif et     ne requérant aucune initiative - qui ne sont pas en mesure de mettre en œuvre des     projets au moment de leur retraite. Pour que la retraite soit agréable, il faut     la planifier adéquatement et changer le marché du travail… Mon utopie est que les     gens travaillent seulement quatre jours par semaine afin qu’ils puissent passer     du temps en famille et développer d’autres intérêts. Le sociologue Edgar Morin parle     de métamorphoser les milieux de travail»&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Pour s’activer dans sa collectivité&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Mais d’ici l’avènement de ce changement, il reste qu’une des façons de s’activer     au moment de la retraite est l’engagement bénévole. La fin de la carrière professionnelle     peut de ce fait constituer la suite logique de vies bien remplies pour les aînés     qui confirme leur rôle essentiel autant dans la sphère privée que publique. Le discours     économiste qui présente les aînés comme des boulets pour l’État et les contribuables     reçoit ici sa juste part de bémols. &lt;em&gt;L’Enquête canadienne sur le don, le bénévolat         et la participation&lt;/em&gt; nous apprend à cet égard que si les aînés ne sont pas     les plus nombreux à s’engager, ils sont en contrepartie de grands bénévoles, car     ceux et celles qui le sont constituent de grands donneurs de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour ceux et celles qui voient le travail comme une façon de se valoriser et     de créer des liens, l’engagement est aussi une bonne façon d’y parvenir. Denise     Verrette mentionne : « Lorsque l’heure de ma retraite a sonné, je me sentais vraiment     inutile alors un jour, j’ai ouvert le journal de mon quartier et j’ai pris connaissance     de ce qui s’offrait à moi dans mon milieu. » Devenue bénévole, elle a participé     notamment au programme d’éveil à la lecture &lt;em&gt;Super mamie fait la lecture aux enfants&lt;/em&gt; offerts à la bibliothèque du Mile-End à Montréal. La réflexion de Jacques Fournier     va aussi en ce sens : « Je pense que les gens de la classe moyenne devraient prendre     leur retraite pendant qu’ils sont encore en santé et s’engager bénévolement auprès     de leurs concitoyens. Ils se sentiront utiles. Je crois que travailler plus longtemps     pour acheter des biens superflus n’est pas la solution pour affronter la catastrophe     qu’est le saccage des ressources naturelles et le gaspillage. On devrait aller vers     certaines formes de décroissance conviviale»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’idée est tenace que les aînés constituent un fardeau pour leur famille alors que     la diversité des parcours et des trajectoires de vie nous font voir un autre côté     de la médaille. La contribution des aînés ou des jeunes retraités dans la sphère     familiale est de ce fait incontournable. Véritable outil de conciliation travail-famille,     les aînés donnent un temps d’arrêt à leurs familles ce qui leur permet de souffler     un peu dans cette vie qui va vite. Gardiennage, aide aux devoirs, transport du plus     vieux pour sa pratique de hockey : cette contribution est cruciale. Elle permet     bien sûr aux parents de gagner du temps, mais elle favorise aussi la création de     liens intergénérationnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diversité des parcours et des besoins nous invite à questionner et à réfléchir     sur la place des aînés dans la société et des travailleurs âgés en emploi. En effet,     les fins de carrière et la retraite peuvent contribuer à développer le sentiment     d’utilité et de fierté, et créer des liens de solidarité. La quatrième saison peut     être un moteur dans la vie des travailleurs âgés et des retraités. Les entreprises     ont une responsabilité importante à cet égard, mais les politiques publiques peuvent     influer sur la capacité de celles-ci d’offrir des conditions pertinentes aux travailleurs     âgés. On le voit d’ailleurs dans certains pays européens. Pour dire adieu à Liberté     55, et ce, sans nostalgie…&lt;/p&gt;</description><link>la-necessaire-quatrieme-saison-aller-au-dela-de-liberte-55.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:14:20 GMT</pubDate></item><item><title>Ces technologies qui transforment notre rapport au temps</title><description>&lt;h1 class="theme_defis_enjeux"&gt;DÉFIS ET ENJEUX&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_defis_enjeux" /&gt;
&lt;h2&gt;Ces technologies qui transforment notre rapport au temps&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Julia Gaudreault-Perron, Centre francophone d'informatisation des organisations     (CEFRIO)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le temps, cette denrée précieuse que l’on cherche à travers un rythme de vie effréné     et partagé entre le boulot, les courses, la famille, les loisirs, le ménage et les     nombreux projets. Qui ne se surprend pas à entretenir un rapport tendu avec le temps,     un rapport qui nous fait dire que l’on n’a « pas une minute à perdre » ou que «     le temps passe si vite »? Mais n’est-ce pas aussi le temps qui passe qui nous amène     de nouvelles technologies, souvent capables de modifier significativement notre     mode de vie et de nous faire gagner du temps? Dans une société où le temps est précieux     et où l’on évalue la plupart de nos actions en termes d’efficacité et de rentabilité,     les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont de véritables     leviers de transformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile de comparer la rapidité de communication d’un courriel par rapport à celle     d’une carte postale ou d’un pigeon voyageur pour illustrer l’économie de temps dont     l’évolution des technologies nous permet de bénéficier dans nos communications.     Nul doute, non plus, que l’Internet nous donne accès à une mine d’information en     quelques clics. Mais les technologies nous permettent aussi de gagner du temps grâce     à des outils de planification, de collaboration, d’organisation de l’information,     de transactions en ligne, et bien d’autres. Cela, les générations qui ont grandi     avec l’apparition de ces technologies l’ont bien compris.&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_defis_enjeux"&gt;
&lt;p&gt;Pour un « C », diffuser un statut Facebook faisant état de son opinion politique est une invitation au débat avec son réseau social.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h4&gt;Les TIC et le rapport au temps chez les jeunes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Avec le temps qui passe arrivent de nouvelles générations, comme celle des « C »,     dont les membres sont âgés de 14 à 26 ans et qui ont donc grandi à l’ère du numérique.     Les « C » se servent des technologies pour communiquer, collaborer et créer comme     jamais auparavant. Tout leur rapport à l’espace et au temps s’en trouve d’ailleurs     modifié, puisqu’avec Internet ils ont accès rapidement à l’information qu’ils recherchent     en plus d’être en mesure d’entrer en contact avec d’autres qui s’intéressent aux     mêmes questions qu’eux, qu’ils soient dans le village voisin, dans un autre pays     ou sur un autre continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces jeunes baignent dans une culture d’accessibilité et d’instantanéité, ce n’est     donc pas qu’à des fins de divertissement. Les technologies sont aussi des outils     dont ils se servent pour assumer leurs rôles d’étudiants, de travailleurs, de consommateurs,     de citoyens. C’est aussi le cas de certains de leurs aînés des générations précédentes,     mais, disons-le, les « C » le font de manière plus accentuée et c’est ce qui caractérise     leur génération. À titre d’exemple, ils sont plus nombreux à fréquenter les réseaux     sociaux et à y participer, à communiquer par clavardage, à réaliser des achats sur     Internet, à posséder un téléphone mobile et à utiliser des tablettes numériques     pour se connecter à Internet&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;. L’ouverture au monde que lui propose Internet     cultive chez cette génération une attente d’immédiateté souvent déroutante pour     certains membres des autres générations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons par exemple la participation citoyenne des jeunes. Souvent, les générations     précédentes clament que les « C » ne sont pas engagés socialement, qu’ils votent     peu et militent encore moins. S’il est vrai que selon les jeunes le vote électronique     serait un moyen d’améliorer leur participation aux élections (72 % de ceux qui ne     votent pas le feraient s’ils pouvaient le faire électroniquement&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;), il     est cependant faux de considérer qu’ils n’ont pas d’opinion sur les enjeux sociaux,     politiques ou économiques. Les jeunes ont simplement adopté, dans leur vie citoyenne,     les canaux de communication qu’ils utilisent dans leur vie personnelle, pour la     réalisation de leurs travaux scolaires ou même, pour certains, dans le cadre de     leur travail professionnel. Pour un « C », diffuser un statut Facebook faisant état     de son opinion politique est une invitation au débat avec son réseau social. Partager     une vidéo de sensibilisation à un enjeu environnemental est une façon de contribuer,     par le marketing viral, à la réflexion collective sur cet enjeu et surtout, de manifester     sa propre position. Massivement, ces gestes qui prennent moins de temps qu’une marche     populaire ou une manifestation ont une portée non négligeable, particulièrement     lorsqu’ils sont aussi diffusés par les canaux habituels que sont les médias traditionnels.     Partager du contenu, le relayer et le commenter sont des manières de jouer son rôle     de citoyen rapidement, en quelques clics. Les jeunes de la génération C ont adopté     ces pratiques et vivent leur rôle de citoyen autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux comprendre les attitudes et les comportements de cette génération, c’est faire     tomber les barrières et se donner l’occasion d’interagir en considérant les valeurs     et les attentes de chacun. C’est aussi accepter la différence, découvrir de nouvelles     façons de faire et, pourquoi pas, innover!&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/ces-technologies-qui-transforment-notre-rapport-au-temps.jpg" alt="iPhone et Charlie Chaplin" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Pauline Rémondat&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h4&gt;Transformer ses pratiques grâce aux TIC et gagner du temps&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Avec les technologies, l’accès aux gens – comme l’accès à l’information – est facilité     et accéléré. Plusieurs travailleurs de différents domaines innovent et transforment     leurs pratiques de travail en tirant profit des possibilités qu’offrent les technologies     pour rejoindre leurs collègues, leurs clients, leurs partenaires. Des organisations     se dotent de salles de vidéoconférence pour réunir leurs équipes distribuées sur     le territoire et ainsi réduire les déplacements. D’autres prennent part à des communautés     de pratique virtuelles. D’autres encore expérimentent les outils du Web 2.0, tels     que les réseaux sociaux, pour rejoindre leur clientèle ou pour recruter de nouveaux     employés, notamment ceux de la génération C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple de pratique innovante axée sur le gain de temps est celui des professionnels     des services éducatifs complémentaires dans les petites écoles rurales. Des conseillers     pédagogiques, des orthophonistes, des psychoéducateurs, des conseillers d’orientation     et d’autres spécialistes en milieu scolaire interviennent sur des territoires élargis,     occasionnant des déplacements fréquents entre les différentes écoles. Le temps occupé     par ces déplacements réduit malheureusement d’autant le temps d’intervention auprès     de la clientèle. Dans l’École éloignée en réseau, un projet d’abord mis de l’avant     pour répondre aux besoins de la petite classe multiâge, des professionnels innovent     eux aussi en offrant une partie de leur accompagnement à distance, par le biais     de la vidéoconférence. Que ce soit directement auprès des élèves pour des suivis,     auprès des enseignants pour jouer un rôle-conseil ou encore en équipe multidisciplinaire     pour favoriser les actions concertées, différentes configurations sont imaginées     pour intervenir en réseau. Si elle ne vise pas à remplacer la présence des professionnels     dans les écoles, l’intervention en réseau ajoute cependant la possibilité d’augmenter     la fréquence des suivis auprès de la clientèle en combinant les rencontres en personne     et celles par vidéoconférence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’intervention à distance franchit même parfois les frontières de la commission     scolaire pour s’étendre à des partenariats, avec le milieu de la santé par exemple.     C’est le cas dans le projet &lt;em&gt;Éducation à la nutrition&lt;/em&gt;, dans lequel des nutritionnistes     basés en CSSS soutiennent en vidéoconférence les initiatives des enseignants en     matière d’éducation aux saines habitudes de vie. Plutôt que de se déplacer dans     chacune des écoles touchées par un projet, les nutritionnistes peuvent se brancher     et collaborer en ligne avec les enseignants, voire animer en réseau des capsules     qui s’adressent aux élèves. Considérant le peu de temps disponible pour promouvoir     les saines habitudes de vie en milieu scolaire, il s’agit d’une reconfiguration     des modes de collaboration qui s’avère particulièrement avantageuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces transformations de pratiques, à l’aide de technologies, illustrent comment ces     dernières modifient notre rapport au temps en permettant de réorganiser le travail     afin d’optimiser les services offerts à la population. De telles innovations ouvrent     la porte à de nouveaux modèles de prestation de services en région dans plusieurs     secteurs d’activité.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;En résumé… prendre le temps, c’est souvent en gagner!&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut cependant pas oublier que tout un aspect de la relation temps/technologies     réside également dans le temps d’appropriation des outils et de leurs usages. L’innovation     sociale et l’innovation technologique, si elles permettent de gagner du temps, exigent     aussi de l’individu qu’il se réinvente, qu’il apprenne de nouvelles façons de faire     et qu’il réfléchisse à ses actions. Cela ne peut se faire sans « prendre le temps     », une condition incontournable de l’innovation.&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;Selon les données de l’enquête &lt;em&gt;NETendances 2010&lt;/em&gt; publiée par le CEFRIO. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Selon les données de l’enquête &lt;em&gt;Génération C&lt;/em&gt; publiée par le CEFRIO.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>ces-technologies-qui-transforment-notre-rapport-au-temps.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:14:09 GMT</pubDate></item><item><title>Le temps de l’engagement : avons-nous encore du temps pour les autres?</title><description>&lt;h1 class="theme_defis_enjeux"&gt;DÉFIS ET ENJEUX&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_defis_enjeux" /&gt;
&lt;h2&gt;Le temps de l’engagement : avons-nous encore du temps pour les autres?&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Stéphanie Gaudet, Université d’Ottawa&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La participation sociale qui prend la forme du don de temps grâce au bénévolat ou     à l’entraide au sein de son réseau de proximité représente un geste citoyen à la     base des solidarités sociales. Elle constitue une monnaie d’échange inestimable.     En échangeant son temps, on donne de soi, on se définit avec les autres, on crée     des liens, on développe des solidarités. La participation sociale remplit plusieurs     fonctions; elle peut mener à un plus grand sentiment d’appartenance à sa communauté     et à l’inclusion sociale. Elle constitue une occasion de socialisation politique,     de sensibilisation aux inégalités et de changement social. Pour les individus, elle     est souvent liée à une augmentation du bien-être. Pourtant, depuis une dizaine d’années,     on assiste à une baisse de la participation sociale dans la vie quotidienne des     Québécois et des Canadiens.&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_defis_enjeux"&gt;
&lt;p&gt;La baisse du taux de participation sociale pourrait davantage s’apparenter à une stratégie de survie personnelle – besoin de temps pour soi – qu’à une valorisation de l’individualisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En effet, les Québécois – tout comme les Canadiens – sont de moins en moins nombreux     à offrir du temps pour l’entraide ou le bénévolat dans leur vie quotidienne. Entre     1992 et 2005, le taux de participation sociale a baissé de 35 % au Québec et de     30 % dans le reste du Canada&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;. Cette « crise » s’expliquerait-elle uniquement     par la montée de l’individualisme, compris comme un repli sur soi? À mon avis, on     ne peut réduire l'analyse de ce phénomène à un simple changement culturel. Les effets     des structures sociales, telles que l’organisation temporelle, permettent d’expliquer     en partie ce repli sur soi. Un repli qui laisse deviner une redéfinition du rapport     entre les individus et leur collectivité, mesurable par la baisse de la participation     sociale. Je pense qu’il est important de comprendre cette transformation dans un     contexte de société néolibérale, où les impératifs du marché changent la vie quotidienne     des individus quant à leur emploi du temps.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Les transformations de nos vies quotidiennes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L’organisation du temps représente probablement une des structures les plus contraignantes     de notre vie quotidienne. Ce déterminant social est facteur des effets de classes     sociales, de sexe, d’âge et de lieu de résidence. Lorsqu’on analyse les données     de l’Enquête sociale générale (ESG) sur l’emploi du temps au Canada, on observe     que le temps quotidien moyen consacré au travail rémunéré et au transport a augmenté     de 30 minutes par jour entre 1986 et 2005. Pour cette même période, on note également     une augmentation de 17 % à 25 % du nombre de « bourreaux de travail » (10 heures     et plus de travail par jour). Ces inflations temporelles sont directement liées     à la baisse du temps passé en famille, mais aussi à la baisse du temps passé avec     les amis&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;. Dans ce contexte, il devient logique que le temps « libre     » diminue et que certaines activités disparaissent de notre quotidienneté pour laisser     place à du temps pour soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À ces contraintes s’ajoutent l’intensité du travail et le stress causé par le manque     de temps, ce qui pourrait bien expliquer le besoin des individus à se replier sur     eux-mêmes. On remarque qu’un tiers des femmes qui vivent dans un ménage à double     revenu ressent un grand stress lié au manque de temps&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;; ce stress augmente     d’autant plus quand des enfants d’âge préscolaire sont présents : 38 % des femmes     et 24 % des hommes disent vivre un grand stress.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une telle conjoncture, qui a le temps de prendre soin des autres, de s’engager     dans sa communauté et de participer au sein de sa collectivité? Cette question est     particulièrement pertinente dans le contexte actuel du vieillissement de la population,     où de plus en plus d’individus ont besoin de soutien quotidien, de même que dans     celui des nouvelles structures de gouvernance démocratique, qui interpellent davantage     par le biais de consultations publiques à propos d’enjeux collectifs importants     comme la Commission Bouchard-Taylor, la Commission mourir dans la dignité, les consultations     du BAPE, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Un désengagement contraint&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;L’engagement social et politique, la participation citoyenne, le soin aux autres     ou toutes autres formes d’activités qui nécessitent un don de soi à l’extérieur     de la sphère domestique sont rarement analysés en fonction de l’emploi du temps.     Pourtant, l’analyse des emplois du temps permet de comprendre certains bouleversements     structurels qui sont plus profonds que les simples changements culturels, même s’ils     en sont interdépendants. On constate ainsi que les taux de participation à des activités     bénévoles ont diminué de façon importante tant chez les femmes que chez les hommes     partout au Canada. Le reste du Canada, qui pouvait compter proportionnellement sur     plus de bénévoles, semble particulièrement touché par le retrait des individus de     ce type d’activité. Au Québec, ce qui frappe davantage c’est la baisse importante     du temps accordé aux activités d’entraide, notamment chez les hommes. Environ la     moitié moins d’homme québécois a donné du temps à un membre de son réseau de proximité     en 2005 comparativement à 1992. Chez les femmes québécoises, cette baisse est d’environ     30 %. Ces changements à la baisse, pour les pratiques d’entraide, distinguent les     pratiques des Québécois de celles du reste de la population canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette baisse est attribuable en grande partie aux groupes d’âges plus jeunes (15     à 24 ans) et (25 à 49 ans)&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées     pour expliquer les changements de pratiques chez ces deux groupes. D’abord, les     pratiques d’entraide des jeunes adultes âgés de 15 à 24 ans sont peut-être différentes     en raison de nouveaux modes de sociabilité que l’enquête ne réussirait pas à saisir.     Par exemple, peut-être offrent-ils du soutien émotif et psychologique à travers     les réseaux sociaux ou les textos (téléphone cellulaire)?&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/le-temps-de-lengagement-avons-nous-encore-du-temps-pour-les-autres.jpg" alt="Lapin consultant sa montre" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Illustration : John Tenniel (iStock)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chez le groupe des 25 à 49 ans, il est beaucoup plus facile d’interpréter la baisse.     En effet, ce groupe d’âge se compose majoritairement de travailleurs vivant dans     un ménage où les deux membres du couple travaillent et auquel s’ajoutent des enfants     d’âge préscolaire et scolaire. Entre 1992 et 2005, la participation au marché de     l’emploi des femmes ayant de jeunes enfants a augmenté de façon importante, notamment     au Québec depuis la fin de l’implantation des programmes de CPE en 2000. Ces femmes     donnaient traditionnellement beaucoup de temps au bénévolat et à l’entraide, mais     leurs nouveaux emplois du temps les conduisent à diminuer leur participation sociale.     On peut penser que la baisse de la participation chez les hommes est, quant à elle,     attribuable au partage des tâches domestiques et aux longues journées de travail.     Notons toutefois que les femmes demeurent quand même celles qui assument le plus     grand nombre d’heures de travail non rémunéré au sein des familles, particulièrement     à partir de la naissance du premier enfant.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Le temps : un défi de taille pour la solidarité sociale et le bien-être de nos collectivités&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La baisse de la participation sociale des Québécois entraîne de multiples réflexions     tant sur l’organisation de nos sociétés néolibérales que sur nos pratiques quotidiennes.     D’abord, les individus ont moins de temps pour leur vie privée (famille, amis et     tâches domestiques) et ils n’ont pas vraiment de ressources supplémentaires pour     suppléer à ce déficit temporel. Il n’est donc pas étonnant de constater un repli     sur la sphère domestique. Comment les individus peuvent-ils consacrer du temps pour     l’entraide entre voisins, entre membres de la famille élargie ou au sein d’organisations     bénévoles alors qu’ils peinent à concilier leur travail rémunéré avec les tâches     domestiques et le soin aux enfants? La baisse du taux de participation sociale pourrait     davantage s'apparenter à une stratégie de survie personnelle – besoin de temps pour     soi – qu'à une valorisation de l'individualisme. Il faut donc faire attention aux     analyses moralistes qui attribuent le repli sur la sphère privée, voire domestique,     comme une nouvelle forme culturelle. Il s’agirait peut-être davantage d’une conséquence     d’effets structuraux liés au marché de l’emploi et à l'organisation socioéconomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l’augmentation du temps accordé au travail rémunéré, reliée structurellement     à la forte participation des femmes au marché de l’emploi, représentera probablement     un défi pour la solidarité sociale dans les années à venir. Les femmes des générations     précédentes avaient assuré notre organisation sociale à travers leur travail invisible     : le soutien aux autres (garde des enfants, aide aux personnes vulnérables), leur     travail en tant qu’aidants naturels, leur engagement à travers des organisations     bénévoles et caritatives. On voit déjà que ces activités sont en forte baisse chez     les nouvelles générations de femmes et que les hommes ne suppléent pas pour ce manque     à gagner. Cela aura probablement des conséquences sur la socialisation politique     des enfants, car selon les enquêtes canadiennes, les bénévoles ont majoritairement     vécu dans des familles où les adultes participaient socialement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la longévité moyenne augmentant, les jeunes adultes entrent généralement     plus tardivement sur le marché de l’emploi à temps plein, alors que nos sociétés     sont encore organisées en fonction du temps de travail concentré durant la période     entre 25 et 60 ans. Peu d’options sont mises en place pour réorganiser le temps     de travail tout au cours de la vie : travailler moins intensivement et peut-être     plus longtemps, contrairement au modèle actuel où les individus travaillent très     intensivement et rêvent de prendre leur retraite le plus tôt possible pour s’affranchir     de cette pression; développer de « bons » emplois à temps partiel dans toutes les     catégories d’emplois; instaurer des politiques de banques de temps et de réelles     mesures de conciliation travail-famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, le repli sur soi et sur la sphère domestique constitue une des conséquences     de l’augmentation du temps attribué au travail rémunéré. Les baisses de la participation     sociale quotidienne des individus représenteraient entre autres une réponse pour     survivre à l’emploi du temps de plus en plus chargé des individus et de leurs familles.     Ce phénomène n’est pas sans conséquence sur le bien-être des collectivités, la solidarité     sociale et l’organisation sociale démocratique. Il s’agit là d’un enjeu collectif     auquel il faut s’intéresser, notamment dans un contexte de société vieillissante     où la demande pour l’entraide et la solidarité augmenteront. Notre défi sera de     poser des actions pour soutenir la conciliation entre le travail rémunéré et la     vie personnelle dans tous les types de milieux de travail et de soutenir les individus     qui choisiront de participer socialement.&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;Entre 1992 et 2005, le taux d’individus qui ont donné du temps pour la participation         sociale est passé de 14,1 % à 9,2 % au Québec, de 12,2 % à 10 % en Ontario et de         16,1 % à 11,3 % dans le reste du Canada (ESG, 1992, 2005, Statistique Canada).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Turcotte, M. (2007). Le temps passé en famille lors d’une journée de travail typique,         1986 à 2005. &lt;em&gt;Tendances sociales canadiennes&lt;/em&gt;, Ottawa, Statistique Canada.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Marshall, K. (2009). La semaine de travail de la famille. &lt;em&gt;Tendances sociales         canadiennes&lt;/em&gt; (avril) : 5-15.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Je présente la composition de la participation sociale par groupe d’âge dans Gaudet,         S. (2011). La participation sociale des Canadiens à travers leurs parcours de vie,         &lt;em&gt;Canadian Public Policy/Analyse de politiques&lt;/em&gt;, Parcours de vie XXXVII, p.         33-56.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>le-temps-de-lengagement-avons-nous-encore-du-temps-pour-les-autres.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:13:58 GMT</pubDate></item><item><title>Au temps de l’égalité des sexes</title><description>&lt;h1 class="theme_defis_enjeux"&gt;DÉFIS ET ENJEUX&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_defis_enjeux" /&gt;
&lt;h2&gt;Au temps de l’égalité des sexes&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Nathalie Bissonnette, La &lt;em&gt;Gazette des femmes&lt;/em&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En couple depuis cinq ans, Maude et Sébastien viennent d’avoir leur premier enfant,     Léa. Le plus beau des cadeaux que la vie leur a donnés. Les nouveaux parents sont     prêts à tout pour le bonheur de cette petite, peu importe le temps qu’il faudra     y consacrer…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque Maude gagne le salaire le moins élevé, c’est d’un commun accord qu’ils décident     qu’elle bénéficiera d’une plus grande part du congé parental accordé par le Régime     québécois d’assurance parentale, alors que Sébastien réintégrera son milieu de travail     après les cinq semaines – non transférables à la mère – offertes par le Régime,     ainsi que le font chaque année plus de la moitié des nouveaux pères québécois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par choix autant que par nécessité, Maude consacrera presque tout son temps à Léa     durant sa première année de vie : elle l’allaitera, lui prodiguera tous les soins     requis, se rendra avec Léa chez le pédiatre mensuellement, lui fera visiter son     futur CPE, etc. « Mais, cela est naturel », argueront certains. Vraiment? Le réflexe     de se conformer au modèle traditionnel est peut-être plus juste comme explication,     compte tenu des rôles sociaux attribués culturellement à chacun des sexes, encore     aujourd’hui, et par ailleurs bien ancré dans une logique marchande axée sur la rentabilité.     Bien sûr, Sébastien fera tout en son possible pour rentrer à la maison à une heure     raisonnable, désireux de contribuer au partage des responsabilités domestiques et     familiales. Mais la vie au bureau continue. Les exigences des patrons risquent peu     de diminuer. L’organisation du temps de la petite famille est chamboulée, à jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voilà un autre couple parti à la conquête du temps. Un long parcours, pour ne pas     dire une course folle, qui repose encore beaucoup trop sur les épaules des parents,     celles des femmes encore davantage. Et qui fait trop peu appel à la responsabilité     sociale des organisations.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Le temps des femmes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Dans la vie des femmes, le temps représente depuis toujours un défi quotidien, en     plus de poser des freins à la marche vers l’égalité des sexes. Les Québécoises ont     mis près de 50 ans de lutte pour gagner le droit de vote. Les femmes mariées ont     obtenu la pleine capacité juridique en 1964 (c’était hier!), date avant laquelle     elles devaient obéissance à leur mari.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes passent moins de temps que les hommes à gagner de l’argent parce qu’elles     doivent se consacrer à des activités gratuites : 54 % de leur temps est alloué aux     tâches domestiques, contre 34 % pour les hommes. Pour un travail à temps plein,     elles gagnent toujours un salaire annuel moyen de 39 000 $, comparativement à 50     000 $ pour les hommes. Elles sont essentiellement confinées dans dix professions     traditionnellement féminines, souvent moins bien rémunérées (par exemple secrétaires,     vendeuses, caissières ou commis de bureau) et, par conséquent, vouées à être plus     pauvres que les hommes toute leur vie. Elles sont deux fois plus nombreuses à consacrer     10 heures et plus de leur temps personnel hebdomadaire à des soins ou à de l’aide     aux personnes âgées. Et à 65 ans, elles bénéficient de revenus moyens représentant     les deux tiers de ceux des hommes. L’effet cumulé des inégalités sociales sur le     temps des femmes est un fait. Pouvons-nous envisager de sortir de cette spirale?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre société valorise la productivité, l’efficacité, la profitabilité. Des impératifs     économiques qui, en principe, devraient nous permettre de faire plus, en moins de     temps. Sans compter la multiplication des gadgets électroniques censés aussi nous     faire gagner du temps. Est-ce vraiment le cas? Ces machinettes nous accompagnent     partout, à toute heure du jour. De véritables laisses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Où va donc le temps? Il fuit, pensons-nous. Et si c’était plutôt nous qui courions     de plus en plus vite pendant que lui, fidèle à sa nature, s’écoule à un rythme constant.     N’est-ce pas nous qui nous affairons à le maximiser, à l’optimaliser, à le transformer     en gains, soi-disant tangibles et mesurables? Comme si l’enjeu ultime consistait     à le faire fructifier avec la promesse de le tenir un jour entre ses mains, tel     un trésor gagné à la sueur de son front. Hélas! ce jour est sans cesse repoussé.&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/au-temps-de-legalite-des-sexes.jpg" alt="Illustration" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Illustration : Marie-Claude Guay&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Gagnées nous-mêmes par le culte de la performance, toujours campées dans le rôle     de la gestion de la domesticité et assignées encore davantage que les hommes aux     responsabilités de la sphère privée, nous sommes écartelées entre les courses quotidiennes     à l’épicerie, les allers-retours à la garderie et à l’école, la visite à la résidence     de maman tous les dimanches, la séance de natation des petits le samedi matin, les     entraînements de football…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ne tient-il vraiment qu’à nous, individuellement, de conjuguer à la perfection     nos activités professionnelles et personnelles en devenant des organisatrices aguerries?     Est-ce aux femmes qui souhaitent vivre la maternité de payer les frais du fossé     qui les sépare de leurs collègues masculins sur le plan financier?&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Instaurer une mentalité d’égalité&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Changer les mentalités pourrait sans doute permettre de retrouver une partie de     ce temps perdu. À condition que tous les acteurs de la société s’y mettent. Comment?     Notamment par l’implantation de programmes et de mesures généralisées de conciliation     travail-famille et de promotion de l’égalité, à l’instar de ce que fait l’État québécois…     quoiqu’il y ait toujours place à amélioration. Le Québec pourrait s’inspirer encore     davantage des pays du nord de l’Europe pour instaurer de généreux congés de paternité     réservés aux nouveaux pères. En Suède, le congé parental est de 480 jours avec des     prestations versées pour la majorité de ces journées (390) dans une proportion de     80 % du revenu admissible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 avril dernier, le ministère de la Famille et des Aînés et le Bureau de normalisation     du Québec lançaient conjointement la norme Conciliation travail-famille, une initiative     de plus pour arriver à changer les mentalités. La certification BNQ 9700, dont l’élaboration     découle de la politique québécoise &lt;em&gt;Pour que l’égalité de droit devienne une égalité         de fait&lt;/em&gt;, rendue publique en décembre 2006, vise à encourager un plus grand     nombre d’organisations à développer des mesures et des pratiques d’aide et de soutien     à la conciliation travail-famille. Souhaitons que les employés des deux sexes soient     nombreux à se prévaloir des mesures implantées par les organisations nouvellement     certifiées. Et espérons que cette norme favorise l’émergence d’une culture qui n’ostracisera     plus un parent tenu de quitter le bureau plus tôt pour remplir ses responsabilités     parentales. Comme le soulignait Mme Ines Kolmsee, PDG de SKW Métallurgie, l’une     des plus importantes sociétés industrielles allemandes, et dont les propos étaient     rapportés dans un article rédigé par la rédactrice en chef du magazine &lt;em&gt;Les Affaires&lt;/em&gt; en mars dernier : « Tant que les hommes ne quitteront pas plus souvent à 17 heures     et qu’ils ne prendront pas congé en cas de maladie des enfants, l’attitude des patrons     envers les femmes cadres n’évoluera pas. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certainement. Mais il faut plus. L’aspect social du développement, pour être durable,     doit davantage être pris en considération et intégré dans les stratégies d’expansion     et de croissance des entreprises et des organisations québécoises. Et de ce point     de vue, placer l’atteinte de l’égalité des sexes en tête des priorités pourrait     s’avérer un puissant levier de changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que le constatait la sociologue française Dominique Méda dans un ouvrage intitulé     &lt;em&gt;Le temps des femmes&lt;/em&gt; (Champs actuel, 1998, réédité en 2008), les femmes     françaises travaillent de plus en plus, mais les institutions, les mentalités ne     sont pas encore adaptées à cette nouvelle réalité sociale. Même si le Québec fait     meilleure figure que l’État français en matière d’égalité des sexes, la réflexion     de Dominique Méda demeure pertinente au regard de l’adaptation de la société et     de l’évolution des mentalités, en dépit du temps passé et des différences entre     nos pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son côté, la sociologue Louise Vandelac soulignait à la &lt;em&gt;Gazette des femmes&lt;/em&gt; en 2001 combien l’adoption de mesures d’aide aux familles ne suffisait pas. « Car     le problème de la conciliation, ce n’est surtout pas les enfants! Le problème, c’est     une restructuration du marché du travail qui s’effectue sans souci des conséquences     sociales. Il ne suffit pas de guérir les symptômes, il faut s’attaquer aux causes.     »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, le Conseil du statut de la femme va plus loin en proposant au gouvernement,     dans son avis publié en début d’année, et intitulé &lt;em&gt;Intégrer les femmes aux grands         choix économiques, sociaux et environnementaux&lt;/em&gt;, l’élaboration d’une certification     &lt;em&gt;Égalité&lt;/em&gt; pour faire évoluer les mentalités. Une telle certification, estime     le Conseil, fournirait par exemple l’occasion aux entreprises de faire l’éloge,     auprès de leur futur personnel, de l’atteinte de la parité entre les genres pour     leur gouvernance ou pour leur gestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises québécoises sont aujourd’hui appelées à innover et à déployer des     efforts convaincants pour aider à faire évoluer les mentalités. Cela passera entre     autres – soyons optimistes! – par l’aménagement d’horaires de temps de travail variables     et flexibles, par une plus grande sensibilité aux besoins des individus, femmes     et hommes, par un souci de les respecter et de les accommoder et enfin par un changement     important de l’attitude de celles et ceux qui les dirigent pour qu’enfin, il soit     socialement admis que faire des enfants, c’est aussi une responsabilité collective     et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Choisir une société moins axée sur la rentabilité et plus sur l’essentiel, ce serait     permettre aux deux sexes de s’investir également ailleurs que dans le travail, et     dans d’autres sphères que celles traditionnellement associées soit aux femmes soit     aux hommes. Par exemple, plus de femmes en politique et davantage d’hommes en enseignement     primaire et secondaire!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au temps de l’égalité des sexes, nous ne craindrons plus de voir s’élargir le fossé     qui sépare les femmes de leurs collègues masculins sur le plan des échelles salariales     et des perspectives de carrière en raison d’un congé de parentalité ou du temps     consacré à un proche malade ou à soi-même, car toutes et tous se prévaudront de     ces droits, équitablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce temps-là, peut-être que… l’Assemblée nationale abritera une garderie; les     milieux politiques auront modulé l’horaire des réunions pour laisser aux femmes     ET aux hommes le temps nécessaire à l’éducation de leurs enfants; les cabinets d’avocates     et d’avocats auront assoupli leurs exigences à l’égard de la disponibilité de leur     personnel et, par conséquent, sensibilisé leurs clients à cette mentalité…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations sauront-elles devenir de telles agentes de changement? Il en va     des êtres humains qui les dirigent. De tels efforts pourraient être garants de la     pérennité de nos entreprises et de notre humanité. Car être sensible aux personnes     qui aiment et prennent soin des enfants d’aujourd’hui, c’est se constituer une clientèle     et une main-d’œuvre saine et durable pour demain.&lt;/p&gt;</description><link>au-temps-de-legalite-des-sexes.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:13:49 GMT</pubDate></item><item><title>De la conciliation emploi-famille à l’articulation des temps sociaux tout au long de la vie</title><description>&lt;h1 class="theme_defis_enjeux"&gt;DÉFIS ET ENJEUX&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_defis_enjeux" /&gt;
&lt;h2&gt;De la conciliation emploi-famille à l’articulation des temps sociaux tout au long     de la vie&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Diane-Gabrielle Tremblay, Chaire de recherche du Canada sur les enjeux socio-organisationnels     de l’économie du savoir et ARUC sur la gestion des âges et des temps sociaux.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au cours des dernières années, on a beaucoup entendu parler de manque de temps,     de difficultés de conciliation emploi-famille et, de plus en plus, de gestion des     temps sociaux. Et pour cause. Nombre d’études font état du manque de temps exprimé     par les parents de jeunes enfants, mais aussi d’autres personnes ayant des enfants     plus âgés ou des parents âgés à charge&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;. Ce serait notamment le cas des     gestionnaires et des professionnels qui se sentent plus surchargés de travail que     les autres employés, le nombre d’heures qu’ils consacrent au travail rémunéré étant     significativement plus élevé que celui des autres groupes. À cet égard, les femmes     exerçant des professions libérales ou occupant des postes de gestion semblent avoir     plus de difficultés liées à la conciliation travail-famille que les travailleuses     non qualifiées et manquent de temps dans une proportion plus élevée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs travaux ont démontré que les mesures les plus recherchées pour faciliter     la conciliation tournent autour des mesures temporelles touchant les horaires de     travail, ou encore des mesures spatiales, comme le fait de pouvoir travailler chez     soi à l’occasion&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;. Malgré cela, il semble que si l’on parle de plus en     plus des difficultés de conciliation travail-famille au Québec, beaucoup reste à     faire notamment dans les entreprises&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_defis_enjeux"&gt;
&lt;p&gt;Il faut élargir la teneur des débats sur la conciliation qui renvoient, trop souvent, aux seules responsabilités parentales à l’endroit des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h4&gt;Les réalités et les aspirations en matière de temps de travail&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Mais quelles sont les aspirations des salariés? Et qu’est-ce qui motive ces mêmes     aspirations? Sont-elles toujours liées à des motifs familiaux? Selon notre analyse,     effectuée à partir des données de l’enquête sur le milieu de travail et les employés     (EMTE) de Statistique Canada, 8 % des femmes et un peu moins de 8 % des hommes souhaitent     réduire leurs heures de travail et ce sont les obligations familiales qui sont l’explication     pour 48 % des femmes et 40 % des hommes qui expriment ce souhait. Ceci confirme     donc que les obligations familiales sont de plus en plus importantes pour les hommes     comme pour les femmes. On observe par ailleurs que près de 9 % des femmes ont obtenu     une entente avec leur employeur pour travailler moins d’heures et que ceci s’explique,     dans 30 % des cas, par des motifs familiaux. Du côté des hommes, à peine 4 % d’entre     eux ont obtenu une telle entente pour des obligations familiales dans 8 % des cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l’on constate que la semaine de travail comprimée est plus courante dans les     milieux syndiqués (12 % contre 6 % pour les non syndiqués), on observe au contraire     que les horaires flexibles sont plus courants dans les milieux non syndiqués (38     % contre 25 %); ceci est peut-être dû à la nature du travail, les milieux non syndiqués     étant plus souvent dans les services, alors que les milieux syndiqués peuvent se     retrouver un peu plus dans les milieux industriels, où il est plus difficile de     faire varier ses heures d’entrée et de sortie. En ce qui concerne la connaissance,     à l’avance, des heures supplémentaires, les milieux syndiqués sont un peu plus favorisés     sur ce plan (40 % contre 35 %). Pour ce qui est du télétravail ou du travail à domicile,     il est deux fois plus fréquent dans les milieux non syndiqués (30 % contre 16 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui a trait aux aspirations des salariés en matière de temps de travail, on     note qu’un pourcentage assez important de salariés (8 % des milieux non syndiqués     et 7 % dans les milieux syndiqués) souhaite réduire ses heures de travail, et ce,     souvent pour des motifs familiaux (39 % dans les milieux syndiqués et 45 % chez     les non syndiqués). Nous avons aussi constaté que beaucoup de gens souhaiteraient     la semaine de 4 jours, soit d’une durée normale comprimée en 4 jours, soit d’une     vraie réduction du temps de travail à 4 jours (ou 28 32 heures), pour les gens qui     peuvent se le permettre.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Réfléchir en termes de temps sociaux&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu du contexte – observé au Québec, mais aussi dans d’autres pays – de     vieillissement de la population, de pénurie de main-d’œuvre prévue dans certains     secteurs d’emploi et de la nécessité de soutenir les femmes en emploi, il nous apparaît     important de modifier nos visions de la conciliation emploi-famille, pour penser     cette problématique dans une perspective de parcours de vie. Il s’agit de penser     la conciliation travail-famille non seulement du point de vue des parents de jeunes     enfants, mais aussi des travailleurs plus âgés qui souhaitent souvent des aménagements     du temps de travail, comme le télétravail par exemple, qui leur permettrait de rester     en emploi plus longtemps&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;. Il faut donc élargir la teneur des débats     sur la conciliation qui renvoient, trop souvent, aux seules responsabilités parentales     à l’endroit des enfants, négligeant par le fait même les obligations que l’on peut     avoir à l’endroit d’un conjoint ou de parents vieillissants ou malades. C’est pourquoi     nous proposons d’envisager la conciliation emploi-famille sous l’angle plus large     des parcours de vie, des temps de la vie ou des « temps sociaux »&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/de-la-conciliation-emploi-famille-a-larticulation-des-temps-sociaux-tout-au-long-de-la-vie.jpg" alt="Mère avec sa fille sur une balançoire" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Maude Chauvin&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les temps sociaux renvoient à l’ensemble des temps de la vie personnelle et professionnelle     que l’on cherche à articuler : temps parental, temps de soins, temps de travail,     temps de formation personnelle et professionnelle, loisirs, etc. Ils permettent     ainsi d’envisager la conciliation sur l’ensemble du parcours ou du cycle de la vie.     « Les temps sociaux révèlent un élément essentiel de la structure sociale et de     son mouvement. De grande amplitude, ces temps sociaux affectent à des degrés divers     l'ensemble de la population. Ils sont, selon P. Sansot, des « donneurs de temps     » essentiels, dans la mesure où ils déterminent notamment les grands âges de la     vie (éducation, travail, temps libre) et sont au cœur de la dynamique productrice     des valeurs sociales (éthos du travail, de l'apprentissage, de l'hédonisme et du     bien-être) »&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt;. On peut dire que les temps sociaux sont en quelque sorte     les grands blocs de temps qu'une société s’est donnés pour « désigner, articuler,     rythmer et coordonner les principales activités sociales auxquelles elle accorde     une importance et une valeur particulière »&lt;sup&gt;7&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut reconnaître que l’organisation, l’articulation et la maîtrise des temps     sociaux comportent une dimension collective, en plus d’une dimension individuelle     : les degrés de liberté dans les choix, la conciliation entre les divers temps et     horaires, l’accessibilité des lieux dépendent de l’organisation spatiale et temporelle     de la ville /territoire, de sa qualité et sensibilité aux différents styles de vie     des habitants ainsi que des modes d’organisation de la vie collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À notre avis, réfléchir en termes d’articulation des temps sociaux sur l’ensemble     de la vie permet de trouver une solution mieux adaptée aux enjeux démographiques,     sociaux et économiques posés par la problématique de la conciliation emploi-famille.     Il nous paraît essentiel de reconnaître la diversité des situations en emploi, en     début comme en fin de carrière, et de tenir compte de la diversité des situations     et des aspirations en matière de conciliation emploi-famille en fonction de l’âge.     En d’autres termes, il faut tenir compte davantage des désirs manifestés par les     travailleurs du point de vue de l’articulation entre les différents temps sociaux     (temps personnel, familial, de travail, de loisir, de soins, etc.) auxquels ils     sont confrontés, et ce, sur l’ensemble de la vie active.&lt;sup&gt;8&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Les défis de la conciliation tout au long de la vie&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le fait de réfléchir en termes de temps sociaux amène à voir les choses de manière     plus globale et à constater que chaque individu est confronté à un ensemble de défis     d’organisation de ses temps, mais aussi que ses obligations temporelles changent     au fil du temps. Il faut donc penser la gestion des temps en tenant compte à la     fois des différences entre divers individus à un moment donné ou dans une entreprise     donnée, et des changements que souhaitera cet individu au fil des ans, donc dans     une vision à la fois synchronique (un moment donné) et diachronique (au fil du temps).     Si l’on envisage la situation au fil du temps, tout au long de la vie, on reconnaîtra     que les jeunes veulent généralement augmenter leur temps de travail, alors que les     parents travailleurs veulent souvent le réduire ou l’organiser différemment, tout     comme les plus âgés, mais pour des raisons différentes. Dans ce contexte, il est     important d’envisager les parcours de vie et la conciliation emploi-famille dans     leur ensemble et non pas de réfléchir, de manière isolée, aux enjeux de conciliation     liés aux responsabilités à l’endroit de jeunes enfants, ou encore de parents âgés     et de manière séparée aux demandes des individus en fin de carrière qui souhaitent     des aménagements pour eux-mêmes. Il faut plutôt penser en termes d’articulation     des temps sociaux et de gestion de la conciliation de ces temps sur l’ensemble de     la vie, et ce, afin de tenir compte de la diversité des réalités à un moment donné,     mais aussi tout au long de la vie. Il nous faut trouver les solutions appropriées     et diversifiées compte tenu des enjeux démographiques, sociaux et économiques qui     se posent à nos sociétés sur le plan du vieillissement, mais aussi du manque de     temps signalé par beaucoup de personnes en emploi . Il nous paraît aussi important     de ne jamais oublier la diversité des situations en emploi (longues heures, horaires     variables, sur appel, etc.) afin d’offrir des mesures qui répondent aux besoins     de chacun. En d’autres termes, diversité des situations et diversité des âges nous     invitent ainsi à une réflexion en profondeur sur l’articulation des temps sociaux     tout au long de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;Tremblay, D.-G. (dir.) (2005). &lt;em&gt;De la conciliation emploi-famille à une politique         des temps sociaux&lt;/em&gt;. Québec : PUQ. 287 p.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Tremblay, D.-G. (2008). &lt;em&gt;Conciliation emploi-famille et temps sociaux&lt;/em&gt;. Québec         : PUQ.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Voir notamment Tremblay, D.-G. (2010). &lt;em&gt;La conciliation emploi-famille dans les         entreprises en économie sociale : de meilleures mesures et davantage de soutien         organisationnel?&lt;/em&gt; Rapport de recherche de l'ARUC sur la gestion des âges et         des temps sociaux No 2010-3. Disponible sur le site: &lt;a href="http://www.teluq.uqam.ca/aruc-gats" target="_blank"&gt;www.teluq.uqam.ca/aruc-gats&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Voir Najem, E. et Tremblay, D.-G. (2010). L’incidence des pratiques de conciliation         travail–famille dans les milieux de travail canadiens : les milieux syndiqués sont-ils         mieux pourvus et la situation s’améliore-t-elle? &lt;em&gt;Interventions économiques&lt;/em&gt;.         No 41. (&lt;a href="http://interventionseconomiques.revues.org/398" target="_blank"&gt;interventionseconomiques.revues.org/398&lt;/a&gt;)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Tremblay, D.-G. (2010). &lt;em&gt;D’une culture de retraite vers de nouvelles fins de         carrière?&lt;/em&gt; Montréal : Éd. Saint Martin,143 p.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Roger Sue 1994, cité dans Rochman et Tremblay 2010. &lt;em&gt;Politiques temporelles et         bureaux des temps : des clés de compréhension.&lt;/em&gt; Note de recherche de l’ARUC         sur la gestion des âges et des temps sociaux, voir : &lt;a href="http://www.teluq.uqam.ca/aruc-gats" target="_blank"&gt;www.teluq.uqam.ca/aruc-gats&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Idem.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le projet de l’Alliance de recherche sur la gestion des âges et des temps sociaux         (ARUC-gats) porte sur ce thème, voir : &lt;a href="http://www.teluq.uqam.ca/aruc-gats" target="_blank"&gt;www.teluq.uqam.ca/aruc-gats&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>de-la-conciliation-emploi-famille-a-larticulation-des-temps-sociaux-tout-au-long-de-la-vie.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:13:37 GMT</pubDate></item><item><title>Le temps institutionnel, une résistance à la flexibilisation du temps de travail?</title><description>&lt;h1 class="theme_defis_enjeux"&gt;DÉFIS ET ENJEUX&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_defis_enjeux" /&gt;
&lt;h2&gt;Le temps institutionnel, une résistance à la flexibilisation du temps de travail?&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Éric Pineault, Université du Québec à Montréal&lt;br /&gt; et Daphnée Poirier, sociologue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Notre rapport au temps de travail est en grande partie déterminé par la façon dont     l'économie façonne la temporalité. L'extension ou la diminution de l'emprise du     temps de travail sur nos vies et dans nos sociétés est le résultat d'un compromis     social entre deux régimes de temporalité : le temps formel et abstrait de la production     et les temps des institutions et du quotidien. Or ce compromis, qui a donné naissance     à la journée de huit heures et la semaine de 44 heures il y a un siècle, est aujourd'hui     en crise.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Le cadrage du temps et l’économie capitaliste&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Nous faisons tous l’expérience du temps qui se vit et se rapporte à nos activités     sous deux formes différentes. Premièrement, il y a le sentiment de durée qui accompagne     nos gestes et nos pensées, le temps informel du vécu, aux contours flous mais néanmoins     très réels. Ensuite, il y a le temps formel, ce temps linéaire et extérieur à nous,     qui avance inexorablement et mécaniquement, minute après minute. Ce temps abstrait     est celui qui cadre formellement nos activités, en particulier le travail. Et, finalement,     nous faisons tous l’expérience du hiatus entre ces deux temps : la dernière heure     de travail qui semble s’éterniser ou au contraire la journée de huit heures qui     nous file entre les doigts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des caractéristiques centrales de notre économie est sa soif du temps de travail,     de ce temps formel et abstrait qui cadre notre activité afin de la rendre « productive     ». L'histoire de l'émergence du capitalisme industriel est en effet celle d'une     mise au travail de l'humanité, et le temps joue un rôle clé dans ce processus. La     révolution industrielle n'est pas qu'une affaire de « techniques » et de « machines     ». Les hommes, les femmes, les adolescents et, par la suite, les enfants ont été     massivement absorbés par les manufactures et les chantiers du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle     et du début du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle. Ici au Québec, comme ailleurs, leurs activités     ont été réglées au pas et au rythme de ce temps abstrait du travail pendant de longues     journées de 14 à 16 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La limitation de la soif de l’économie capitaliste pour le temps formel s’est fait,     historiquement, par la fixation politique d’une journée et d’une semaine de travail     dites « normales ». En effet, la limite et la réduction du temps de travail ont     été gagnées de haute lutte à cette époque par les mouvements ouvriers, la semaine     sans congé et la journée de 14 à 16 heures ayant été réduites progressivement. Au     Canada, il faudra attendre 1906 pour une « loi du dimanche » et 1935 pour la fixation     de la journée de travail à huit heures et la semaine de travail à 44 heures&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;.     Ces lois ont été relayées par des conventions collectives qui sont venues offrir     des balises supplémentaires au temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais depuis ces gains, au premier tiers du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, la croissance     de la productivité de l’économie ne s’est pas traduite par une diminution du temps     de travail. Au contraire, avec l’entrée massive des femmes sur le marché du travail     dans le dernier tiers du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, ce temps a connu une certaine croissance,     au détriment des activités hors travail. D’ailleurs, nos sociétés se sont habituées     à la norme de la journée de huit heures et de la semaine de 5 jours avec une « fin     de semaine » (samedi et dimanche). Cette habitude a entraîné la fixation d’un temps     formel des institutions, telles que l’école et les garderies, arrimé à la journée     et la semaine de travail normales.&lt;/p&gt;
&lt;div class="image_article_droite"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol12No1/le-temps-institutionnel-une-resistance-a-la-flexibilisation-du-temps-de-travail.jpg" alt="Horodateur" /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Acilo (iStock)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Or, dans le contexte actuel, c’est justement cette double norme de la journée et     de la semaine qui est en pleine implosion. La lutte pour la journée de huit heures     s’est faite en limitant le plus possible l’emprise du temps de travail sur une journée,     telle qu’elle était comprise dans le cadre du temps routinier : il fallait du temps     dédié au souper, à la vie en famille, aux loisirs du soir, au sommeil, au déjeuner,     à la pause du midi. La revendication d’une réduction de la plage du « temps de travail     », soit le bloc de temps plus ou moins long entre le matin et le soir, reposait     donc sur la légitimité des normes temporelles informelles et coutumières. Tant qu’il     apparaissait normal de consacrer une plage du temps au travail durant le jour, cela     laissait le reste de la journée intact et sans travail. C’était la même chose pour     le découpage coutumier de la semaine en semaine et fin de semaine.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Flexibilisation de l’emploi et fragmentation du temps de travail&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, en réponse à la double contrainte de la financiarisation de la gestion     et de la mondialisation de la concurrence, les entreprises sont devenues court-termistes     dans leur perspective, ce qui se traduit par une flexibilisation de l’emploi. Dans     ce contexte, c’est le cadre même de la « norme » du temps de travail comme plage     homogène, fixe et unifiée d’activités qui se découpent dans une journée et dans     une semaine qui est contestée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par opposition à cet aspect constant, fixe et récurrent, la flexibilisation du temps     de travail se caractérise par un type d’emploi dont les horaires sont irréguliers,     c’est-à-dire ne rentrant pas dans la case horaire « standard » du 9 à 17 heures&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;,     dont la continuité dans le temps et dans l’espace n’est pas assurée&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt; et qui ne promet pas de permanence et de temps plein. Autrement dit, les emplois     qui appartiennent à cette catégorie peuvent avoir des horaires de soir, de nuit,     rotatifs, brisés et sont susceptibles d’être des emplois contractuels et à temps     partiel. Les effets de ces horaires de travail qualifiés d’atypiques provoquent     une fragmentation plus ou moins grande du temps de travail. De plus, les emplois     à horaire atypique entraînent une mise en disponibilité constante de la main-d’œuvre     qui, pour contrer l’aspect de précarité et de vulnérabilité dans lequel elle se     trouve, est astreinte à être constamment disponible afin de répondre aux demandes     constantes de flexibilité et de rentabilité des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Le temps institutionnel comme lieu de résistance à la flexibilisation du temps de     travail&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Alors que nous serions tentés de croire que la flexibilisation du temps de travail     constitue un acquis et que le salarié est contraint en quelque sorte d’y souscrire,     il existe un bastion qui représente à la fois une résistance et un carcan à la prétendue     infiltration de la flexibilisation tous azimuts. Ce bastion est le temps institutionnel     régulé majoritairement par l’horaire des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce temps institutionnel est donc déterminé par un cadre temporel formel et un cadre     temporel informel&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;. Le premier réfère aux différents établissements scolaires     et de garde (garderie, service de garde) dont l’horaire demeure encore régulier     et standard, c’est-à-dire se situant essentiellement du lundi au vendredi de 7 à     18 heures&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt;. Le dépassement potentiel de ces horaires est sanctionné par     des pénalités que les parents fautifs doivent assumer individuellement (exemple     : amende par minute de retard). Le second appartient au cadre culturel et routinier     où le temps est régulé principalement par l’horaire quotidien hors scolaire des     enfants. On pense ici à la routine domestique quotidienne propre à l’institution     familiale déterminée par les devoirs, les repas, le bain et le dodo. Voilà quatre     éléments régulateurs qui, bien que leur respect ne soit pas soumis au même dictat     quantitatif que celui des horaires institutionnalisés du cadre scolaire et des garderies,     appellent toutefois une certaine régularité et une constance dont les conséquences     relèvent d’un entendement implicite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux cadres, formel et informel, du temps institutionnel revêtent donc en ce     sens un caractère rigide qui fait office, d’une part de lieu de résistance et de     frein à la tendance à la flexibilisation du temps de travail et, d’autre part, nécessairement     de carcan en tant qu’élément régulateur du temps hors travail, lieu qui demeure     encore défini par une temporalité dont la cadence est fixe, continue et standard,     c’est-à-dire qui se déroule de 7 à 18 heures du lundi au vendredi.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Le temps de la surconsommation&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Le temps institutionnel fait donc partie des forces qui maintiennent le compromis     temporel des huit heures/jour, 44/heures par semaine, mais il est aussi érodé par     d'autres forces extérieures au travail, lesquelles appuient la tendance à la flexibilité     et à la fragmentation du temps. On pense ici à la transformation radicale des pratiques     de consommation depuis trois décennies. Celle-ci provoque une nouvelle temporalité     qui conteste, à sa manière, les normes du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle de la journée de     huit heures et de la semaine avec une fin de semaine de deux jours consécutifs.     En effet, les pratiques de consommation ont pris une extension temporelle et ont     entièrement investi les journées de fin de semaine, au point où le repos dominical     tend à être remplacé par la journée au « centre d’achat ». Cette transformation     culturelle est extrêmement importante, non seulement par la demande d'horaires atypiques     qu'elle génère dans le secteur des services et du commerce de détail, mais surtout     par le fait qu'elle tend à défaire et refaire les points de repères et normes coutumières     qui structurent le temps informel et routinier du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette brèche culturelle que peuvent s'exprimer les demandes de flexibilité     et de restructuration du temps de travail. Les problèmes que posent la flexibilisation     des horaires et la fragmentation du temps de travail ne peuvent pas être uniquement     attribués à un affaiblissement du mouvement syndical dans le contexte du néolibéralisme;     il faut aussi reconnaître le changement culturel dans l’adhésion aux normes coutumières     de la journée de travail et de la semaine avec une fin de semaine hors travail.     Paradoxalement, ce sont les rigidités du temps institutionnel formel et informel     qui semblent demeurer l'ultime rempart contre la soif de temps abstrait de l'économie     capitaliste. De surcroît, ce sont les revendications pour une solide politique familiale     qui semblent détenir la capacité de vraiment réduire le temps de travail. Ce sont     donc en partie des forces sociales autres que les seuls syndicats, telles que le     mouvement des femmes, qui apparaissent ainsi porteuses d'un nouveau compromis social     concernant le temps.&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;Dion, G. (1986), &lt;em&gt;Dictionnaire canadien des relations du travail&lt;/em&gt;, PUL.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Henly, J. R. (2006), Nonstandard Work Schedules : Employer and Employee-Driven Flexibility         in Retail Jobs, &lt;em&gt;Social Service Review&lt;/em&gt;, University of Chicago, p. 609-634. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Bernier, J. et autres (2003), &lt;em&gt;Les besoins de protection sociale des personnes         en situation de travail non traditionnelle, Synthèse du rapport final&lt;/em&gt;, Gouvernement         du Québec, Ministère du travail, 43 p. Voir aussi : Bernier, J. (2007), Les conventions         collectives et les emplois atypiques, &lt;em&gt;Regard sur le travail&lt;/em&gt;, vol 4, no         1.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;LeBihan et Martin emploient la dichotomie formel/informel en référence au recours         à un système de service de garde formel (garderie, service de garde) et au recours         à un système de garde informel (parent, famille élargie, réseau d’amis, voisinage).         Bien que nous nous en inspirions, nous recourons à la dichotomie temporalité formelle         et temporalité informelle inhérentes aux différentes institutions. Voir : LeBihan,         B. et C. Martin (2004), Atypical Work Hours: Consequence for Childcare, Arrangements,         &lt;em&gt;Social Policy Administration&lt;/em&gt;, vol 38, no 6, p. 565-590. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Il est évident pour les auteurs du présent article que cela constitue une norme         culturelle.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>le-temps-institutionnel-une-resistance-a-la-flexibilisation-du-temps-de-travail.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:13:27 GMT</pubDate></item><item><title>Vox Pop</title><description>&lt;h1 class="theme_defis_enjeux"&gt;DÉFIS ET ENJEUX&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_defis_enjeux" /&gt;
&lt;h2&gt;Vox Pop&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Marie-Josée Langlois&lt;/h3&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Vol11No3/Vox-Pop.jpg" alt="Vox pop" /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lorsque &lt;em&gt;Développement social&lt;/em&gt; a contacté Marie-Josée Langlois, coordonnatrice du Secteur de l’organisation scolaire à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, l’équipe de rédaction était à la recherche de projets novateurs s’adressant aux enfants et permettant d’agir sur la compression grandissante du temps. Elle nous a répondu : « Et si le projet était de paresser un peu? » Extrait de sa réflexion… &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Pour aider les enfants à comprendre le temps et surtout pour contenir leur impatience, les adultes leur apprennent à compter les dodos. &lt;em&gt;Dans deux dodos, ce sera ta fête! Dans dix dodos nous recevrons ta nouvelle petite sœur&lt;/em&gt;… Tout cela en prenant bien soin de montrer les dix doigts de la main et le bedon bien rond enveloppant le bébé à venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, les parents éviteront soigneusement les grands yeux inquiets de leur fille devant la longue journée qui l’attend à la garderie. Celle-ci se croira abandonnée pendant toutes les petites minutes qui s’effriteront si lentement… sans comprendre pourquoi sa mère en rajoute en insistant :  &lt;em&gt;Maman est en retard! Maman va revenir, je t’aime! &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’expérience lui apprendra effectivement que sa mère revient toujours et qu’elle est vraiment toujours pressée. Son père aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l’école, comme à la garderie, tout est bien réglé : la collation, la récréation, les cours, les projets, les ateliers, le service de dîner, le service de garde, l’aide aux devoirs, les activités parascolaires, les instances de participation des parents. Même la gestion des conflits y est organisée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut y faire tout dans les temps prévus : respecter les horaires, la routine, les saisons, les étapes, les bulletins, le code de vie, l’année scolaire, les cycles d’apprentissage, la démocratie… Tout cela pour que les diplômes soient bien ficelés à la fin du secondaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur côté, les parents iront tous les deux travailler après avoir mené leur fille à la garderie et leur garçon à l’école. Ils affronteront le trafic; travailleront; aimeront leur travail; seront performants, équilibrés; prendront le temps de manger santé, d’aller au gym, et de bien participer au programme de santé au travail du patron en empruntant les escaliers et en buvant le moins de café possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, ils partiront du bureau… pas trop tôt! Les responsabilités familiales ne sont pas toujours bien vues professionnellement, mais les retards au service de garde coûtent vraiment très cher. Sans compter qu’il faut absolument éviter le regard dirigé vers la mère indigne ou l’air désemparé de la fillette assise tout habillée sur le pas de la porte pensant déjà que sa mère ne reviendra jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les meilleures conditions, sur le chemin du retour, il n’y aura pas de neige à pelleter pour stationner la voiture, ou de poussette à tirer dans la gadoue sous une bruine frigorifiante. Et puis, les courses auront été planifiées durant le week-end précédent pour éviter la cuisine rapide, humiliation ultime pour la famille modèle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait été question de société des loisirs. Il faut donc maintenant aussi planifier les amusements et la détente, puisque les générations actuelles sont supposées travailler moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur côté, les enfants ne doivent jamais être inoccupés. Ils ont l’occasion de découvrir tout ce qui a fait défaut à leurs parents, sans manquer de sommeil ou mal se nourrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;École ou garderie, cours de danse, cuisine bio… Vite, il faut manger lentement! Attention à la durée prescrite pour le sommeil : se coucher tôt pour être en forme demain! Ne pas omettre les devoirs, les leçons, la lecture du soir, les câlins. Et le bain, il ne faut surtout pas oublier le bain!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Même les vacances ne doivent pas se limiter au prélassement. Elles doivent permettre de bouger, de cultiver l’esprit et de mettre à profit le sens de l’aventure, sans ennuyer les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, les adolescents calment un peu le jeu. Ils font une petite pause obligatoire. Un grand sommeil réparateur et une nonchalance monosyllabique qui viennent déstabiliser et exaspérer les adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi les bobos. Ceux qui forcent à ralentir, à prendre un temps qui n’aurait pas été prévu autrement. Il y a les petites écorchures aux genoux qui font un arrêt dans l’ascension survoltée du weekend. Il y a les maux de ventre, parfaits pour libérer la pression scolaire. Mais il y a aussi les maladies et les accidents qui chamboulent les vies et qui obligent à revoir les priorités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’urgence de procurer le meilleur aux enfants domine. La peur de gâcher leur existence en diminuant la cadence ou en faisant un mauvais choix obsède les parents. Coincés dans le paradoxe qui demande d’organiser excessivement le présent afin offrir plus de liberté dans l’avenir, les enfants seront-ils plus heureux, plus forts, plus confiants, plus outillés?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place restante sur le terrain de jeu, l’initiative supplémentaire possible est constituée du peu d’espace qui reste pour permettre à ces enfants, que nous avons souhaités si furieusement, de grandir tranquillement. Ils partiront si vite de la maison, épuisés d’être des enfants, courant vers leur propre tourbillon…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretemps, ces enfants attendent encore de paresser, entourés de leurs parents, improvisant soudainement un bonhomme de neige ou mangeant des croustilles sur le divan en racontant des blagues, oubliant un instant la télévision, l’ordinateur et la course effrénée. »&lt;/p&gt;</description><link>vox-pop-vol-12-no-1.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:13:17 GMT</pubDate></item><item><title>Au rythme de nos communautés</title><description>&lt;h1 class="theme_defis_enjeux"&gt;DÉFIS ET ENJEUX&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_defis_enjeux" /&gt;
&lt;h2&gt;Au rythme de nos communautés&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Mélanie Chabot, comité de rédaction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;« Que s’est-il passé pour qu’on soit si essoufflé? », s’exclame Chantal Lalonde,         directrice de la Table des partenaires du développement social de Lanaudière. «         Les processus de mobilisation, à la base du développement social, sont des processus         lents, dont les finalités exigent du temps. Alors, comment expliquer que les acteurs         soient si stressés et constamment dans l’urgence? », s’interroge-t-elle. « Nous         ne savons pas ce qui se passe, mais c’est précisément ce qui se passe » a dit un         jour l’écrivain espagnol José Ortega y Gasset&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;…&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Le temps du profit&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Je ne vous apprends sans doute rien en vous disant que nous vivons dans une société     dont le rythme s’accélère et dont le rapport au temps s’établit de plus en plus     sur le mode du présent et de l’immédiateté. Alors que les nouvelles technologies     de l’information et des communications ont littéralement révolutionné le temps réel,     la financiarisation de l’économie nous aurait conduits, selon l’analyse de plusieurs,     à préférer le temps court de la finance au temps long de l’investissement. « La     croissance économique se nourrit du court terme », nous explique Marie-Joëlle Brassard,     directrice de la recherche et du développement au Conseil québécois de la coopération     et de la mutualité. « Plus le temps file, plus le cycle de production et de consommation     s’accélère, plus l’entreprise génère des profits. L’entreprise doit agir vite, plus     vite que ses concurrentes. Accélérer le temps lui permet donc de créer de la richesse,     une richesse fictive, certes, puisqu’elle est le résultat des « croyances » sur     les cotes de la bourse. La vitesse du temps s’accélérant, les dividendes des actions     cotées en bourse rapportent plus aux actionnaires et la valeur de l’entreprise s’accroit     », poursuit madame Brassard. « Mais on ne peut passer sous silence les mécanismes     mis en place par l’État pour suppléer aux brèches de cette économie qui maintient     au minimum vital les exclus du marché du travail. Avec la mondialisation, la recherche     du travail à moindre coût s’est traduite par la délocalisation d’entreprises. Les     écarts de revenus, au lieu de se résorber, continuent de s’accentuer, tant entre     travailleurs au sein d’un même pays, qu’entre les pays. La concentration de la propriété     a fait en sorte que les produits agricoles, qui pourraient nourrir toute la planète,     sont soumis aux aléas des prix du marché économique. Des populations entières sont     entourées de terres arables dont elles ne tirent ni gains économiques, ni subsistance,     soumises à la famine et à de bas salaires. La mesure du prix du travail est alors     fonction de la propriété et non de la répartition des gains réalisés par le travail.     Car dans ce modèle de croissance économique qui se nourrit du court terme, et qui     a intérêt à l’entretenir, les choix sont opérés sur la base du gain économique.     Or, toute organisation ou entreprise qui s’inscrit dans une transformation de la     société, pour répondre aux besoins humains, doit obligatoirement envisager le temps     autrement ». Et c’est précisément là où le bât blesse.&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_defis_enjeux"&gt;
&lt;p&gt;Construire les liens sociaux nécessaires au développement collectif exige du temps. Il faut mobiliser, organiser, éduquer, débattre, rendre compte ensemble du sens à donner au projet d’avenir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h4&gt;Le temps de la démocratie&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Nous l’avons dit, les stratégies de développement collectif exigent du temps. «     Juste de faire en sorte que les gens puissent s’assoir ensemble, qu’une certaine     confiance puisse s’installer entre les acteurs et qu’une vision commune puisse émerger     quant à l’identification du problème ou aux actions à entreprendre peut exiger plusieurs     mois de travail », nous explique Chantal Lalonde. « Alors, imaginez le temps nécessaire     pour arriver à voir des changements sociaux », s’exclame-t-elle. Marie-Joëlle Brassard     renchérit : « Construire les liens sociaux nécessaires au développement collectif     exige du temps. Il faut mobiliser, organiser, éduquer, débattre, rendre compte ensemble     du sens à donner au projet d’avenir. L’engagement, lorsque multiplié par dix, exige     d’expliquer, d’informer, d’éduquer, de mobiliser dix fois plus. Dans une entreprise     coopérative, par exemple, l’engagement multiplié par 100, par 1000, par centaines     de milliers de membres, exige d’agrandir l’espace social pour se muer en « mouvement     ». Cet objectif ambitieux suppose évidemment que des règles et des lois favorisent     les échanges et la participation. Mais au-delà des règles, ce sont des personnes     réunies qui donnent les grandes orientations. Car la vie et le sens donné dans la     coopérative reposent sur l’engagement et les orientations prises qui auront passé     l’épreuve des débats et des délibérations. Pour cela, il faut laisser aux réflexions     le temps et l’espace pour respirer, le temps d’évoluer, le temps de s’ancrer dans     les esprits et de prendre forme dans un milieu de vie ».&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_defis_enjeux_gauche"&gt;
&lt;p&gt;Il faut laisser aux réflexions le temps et l’espace pour respirer, le temps d’évoluer, le temps de s’ancrer dans les esprits et de prendre forme dans un milieu de vie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;h4&gt;Le développement collectif : en tension entre deux logiques?&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;« Le monde du social et ses processus sont-ils vraiment compris par nos politiciens     et acteurs économiques? » questionne Chantal Lalonde. « Car la réponse a un impact     important sur la vitesse à laquelle on doit travailler. Et force est de constater     que nous sommes souvent pris entre deux logiques contradictoires : le temps nécessaire     aux processus versus les exigences de résultats, souvent à court terme, dictés par     des programmes et politiques auxquels un financement est rattaché » poursuit-elle.     « À cela, il faut ajouter que, pour les citoyens, le temps nécessaire entre la réflexion     et l’action est souvent trop long, voire démotivant. Pour maintenir la mobilisation,     pour répondre aux exigences de résultats, il nous faut donc mettre sur pied un nombre     considérable de petits projets. Si bien que j’ai le sentiment qu’on est souvent     plus dans l’activisme que dans l’action », d’expliquer cette routière du développement     social. « Bien sûr, ces petits projets engendrent des résultats positifs pour les     communautés, mais des fois j’ai l’impression qu’on en vient à perdre de vue l’objectif     global qu’on s’était fixé. D’où le sentiment de nombreux intervenants d’être constamment     dans l’urgence et, conséquemment, l’essoufflement de certains ».&lt;/p&gt;
&lt;div class="accroche_defis_enjeux"&gt;
&lt;p&gt;Les politiques et programmes publics ou privés ont tendance à fixer des balises de temps lorsqu’ils demandent aux membres d’une communauté de se mobiliser autour de certaines attentes et des moyens financiers qui s’y rattachent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour Geneviève Giasson, coordonnatrice du projet &lt;em&gt;IMPACT&lt;/em&gt;, cette tension     entre les deux logiques, cette façon de voir le développement de nos communautés     en temps programmé, pose un problème fondamental. « Le point de départ est faussé     quand on met côte à côte des logiques programmées et des logiques de communauté.     Les politiques et programmes publics ou privés ont tendance à fixer des balises     de temps lorsqu’ils demandent aux membres d’une communauté de se mobiliser autour     de certaines attentes et des moyens financiers qui s’y rattachent. Dès lors, on     fixe le temps, on l’encadre. On enligne les communautés dans des démarches essentiellement     linéaires, dans un temps précis, alors que la base de la mobilisation repose sur     la construction patiente de liens de confiance, de réseaux et de constats communs,     d’une solidarité entre les gens. Et tout ça, ça n’a pas de temps précis », d’expliquer     celle qui est à mettre sur pied un projet qui vise à accompagner les communautés     locales dans leurs processus de mobilisation. « Or, si on ne prend pas le temps     de créer une réelle mobilisation autour du projet, sa réussite risque fort d’être     mise en péril ». Denis Bourque, professeur titulaire au Département de travail social     et des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais va plus loin : «     Lorsque chaque politique ou programme atterrit dans les communautés pour proposer     une concertation autour de ses propres objectifs, cela crée sur le terrain une dynamique     d’épuisement de l’intersectorialité et affaiblit, en les multipliant, les concertations     locales&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; ». Il poursuit : « La réponse aux aspirations de développement     concerté des communautés territoriales ne passe donc pas par l’ajout de nouvelles     structures, mais par une recomposition de celles existantes et un renouvellement     des pratiques de concertation. Les acteurs sociaux sont appelés à se donner un projet     commun en cohésion avec leurs missions respectives, tout en repoussant les frontières     des missions sectorielles et thématiques dans la recherche de l’intérêt général,     qui ne peut être produit par l’agrégation des intérêts collectifs mais par un processus     de conciliation basé sur la démocratie délibérative&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt; ».&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Le beau risque : au rythme de nos communautés&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Selon l’avis de tous, le jeu en vaut la chandelle. « Les entreprises collectives     durent dans le temps plus longtemps que les entreprises en général », nous rappelle     Marie-Joëlle Brassard&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;. « Et je pense que leur pérennité repose justement     sur ce projet social construit lentement dans l’espace collectif. En favorisant     l’expression d’une gouvernance de proximité, c’est-à-dire en lien avec le milieu     de vie, les projets collectifs favorisent l’expression des particularités propres     à leur territoire. En ce sens, les projets collectifs représentent plus qu’un simple     projet pour la communauté. Ils reflètent son avenir ». Pas étonnant donc que les     communautés qui réussissent le mieux actuellement au Québec soient celles dont le     capital social et la vie démocratique sont les plus dynamiques.&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;Cité dans : Zaki Laïdi (1999), &lt;em&gt;La tyrannie de l’urgence&lt;/em&gt;, Montréal, Fides,         p. 7. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Denis Bourque (2008), &lt;em&gt;Concertation et partenariat. Entre levier et piège du         développement des communautés&lt;/em&gt;, Québec : Presses de l’Université du Québec,         p. 66. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Ibid&lt;/em&gt;., p. 90. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Selon une étude de la Direction des coopératives sur le taux de survie des coopératives,         62 % d’entre elles sont encore opérantes après cinq ans, et 44 % après dix ans.         Pour toutes les entreprises dans leur ensemble au Québec, ces taux sont de 35 %         après 5 ans et de 19,5 % après 10 ans. Par ailleurs, quatre coopératives sur dix         franchissent le cap de dix ans d’existence, pour deux sur dix chez les entreprises         en général. Sur l’ensemble des dix premières années d’activité, le taux de survie         des coopératives dépasse en moyenne de 25,3 % celui des entreprises du Québec.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>au-rythme-de-nos-communautes.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:13:01 GMT</pubDate></item><item><title>Bas-Saint-Laurent - Mise en place du Carrefour de soutien aux aidants au Bas-Saint-Laurent </title><description>&lt;div class="icone_article_droite"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Communes/icone_bas_st_laurent.jpg" alt="Carte du Québec" /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;h1 class="theme_chez_nous_en_region"&gt;Chez nous en région&lt;br /&gt;Bas-Saint-Laurent&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_chez_nous_en_region" /&gt;
&lt;h2&gt;Mise en place du Carrefour de soutien aux aidants au Bas-Saint-Laurent&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Marie-Hélène Chouinard, Carrefour de soutien aux aidants du Bas-Saint-Laurent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques mois déjà, la région du Bas-Saint-Laurent travaille à la mise en     place des activités d’un Carrefour de soutien aux aidants, qui vise l’amélioration     de la qualité de vie des proches aidants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les proches aidants sont aujourd’hui l’un des piliers essentiels au maintien à domicile     des personnes vieillissantes. Au Québec, c’est plus de 300 000 personnes qui assument     ce rôle et, dans la très grande majorité des cas, cette aide se conjugue au féminin.     Depuis quelques années, la vulnérabilité des proches aidants inquiète… et avec raison.     Au Bas-Saint-Laurent, comme ailleurs au Québec, on observe qu’un des facteurs qui     influencent l’état de fragilité des aidants est le recours tardif aux services existants.     Très souvent, les proches aidants ne se reconnaissent pas comme tels et, par conséquent,     ne sont pas très conscients des services disponibles pour les soutenir dans leur     rôle. Par ailleurs, il est à noter qu’actuellement la majorité des services offerts     sont orientés vers la personne aidée. La rareté des ressources, entre autres, laisse     la personne proche aidante démunie à tous égards.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Corriger le tir et aider les aidants!&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;C’est en quelque sorte la mission que s’est donnée l’Appui pour les proches aidants&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;. Avec le support au déploiement de Carrefours de soutien à travers le Québec, la     stratégie principale vise à encourager la mobilisation et l’implication, dans chacune     des régions administratives du Québec, des acteurs légitimes et reconnus qui sont     préoccupés par la situation des aidants et par l’amélioration de leur qualité de     vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bas-Saint-Laurent a été choisi en 2010 comme l’une des trois régions pilotes&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; pour mettre en place son Carrefour de soutien aux aidants. Actuellement, nous sommes     à développer notre approche régionale et à mieux comprendre la réalité, ou plutôt     les réalités, que sont les nôtres. Notre territoire est vaste et la diversité identitaire     de ses communautés en augmente la beauté, mais aussi la complexité. Notre défi consiste     donc à bien comprendre les besoins, à connaître les services existants, à saisir     les contraintes et les occasions qui influencent la qualité de vie des personnes     proches aidantes de notre région pour finalement prioriser nos choix d’actions régionales     qui amélioreront sensiblement, et de façon durable, leur mieux-être.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce processus a pour objectif fondamental la complémentarité avec les ressources     actuelles de soutien aux aidants. Il s’agit d’un exercice qui demande vigilance     et objectivité, car dans ce domaine, les émotions et les attentes sont grandes,     à tous les niveaux. À terme, les cibles à atteindre sont : a) pouvoir compter socialement     sur des aidants informés et en confiance dans leur rôle; b) que les proches aidants     ressentent un bien-être psychologique au sein de leur entourage, incluant avec la     personne qu’ils aident; et c) que les proches aidants disposent « enfin » de temps     pour eux. Cette vision passe nécessairement par des services d’information, de formation,     de soutien psychologique et de répit. Ils doivent être offerts aux proches aidants     de façon personnalisée, précocement, en complémentarité et de manière accrue. Nous     n’aurons pas trop de toutes les épaules à la roue pour parvenir à de tels changements,     mais la volonté de faire ensemble et de faire mieux offre déjà une impulsion de     qualité.&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;La société de gestion pour les 200 millions de dollars contribués par le gouvernement du Québec et la Famille Chagnon.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les deux autres sont la Montérégie et les Laurentides.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>bas-saint-laurent-vol-12-no-1.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:12:40 GMT</pubDate></item><item><title>Mauricie - Un nouvel outil important pour la Mauricie en matière d’habitation </title><description>&lt;div class="icone_article_droite"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Communes/icone_mauricie.jpg" alt="Carte du Québec" /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;h1 class="theme_chez_nous_en_region"&gt;Chez nous en région&lt;br /&gt;Mauricie&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_chez_nous_en_region" /&gt;
&lt;h2&gt;Un nouvel outil important pour la Mauricie en matière d’habitation&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Marie-Andrée Nadeau, Consortium en développement social de la Mauricie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L’amélioration de la qualité de vie des gens est un objectif omniprésent lorsqu’on parle de développement social, et cela commence assurément par l’habitation, un besoin de base pour chacun d’entre nous. C’est donc avec fierté que le comité de travail en habitation du Consortium a présenté, le 1er février dernier, un nouvel outil important pour la région, soit le &lt;em&gt;Portrait de l’habitation en Mauricie – Bilan, besoins et perspectives&lt;/em&gt;. Pour l’occasion, messieurs Christian Savard de la Conférence régionale des élus de la Mauricie et Hubert De Nicolini de la Société d’habitation du Québec, de même que madame Marie-Denise Prud’Homme du Consortium en développement social de la Mauricie ont adressé un mot aux nombreux partenaires présents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document exhaustif, disponible sur le site Internet du Consortium, nous apprend notamment que les logements construits avant les années 1960 représentent plus du tiers des constructions en Mauricie et que de 8 à 10 % de ceux-ci nécessitent des réparations majeures. On y apprend aussi que le nombre de familles aidées par les différents programmes d’aide à l’habitation sociale et communautaire a considérablement diminué au cours des dernières années; en 2001, alors que 87,7 ménages sur 1000 étaient aidés, 74,2 ménages sur 1000 ont reçu du soutien en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus d’y retrouver les plus récentes données en matière d’habitation, ce document de référence nous informe des besoins de chacun des territoires, identifie les projets en cours, présente des solutions novatrices, répertorie les sources de financement disponibles et propose des pistes d’action pour répondre aux besoins de la communauté. Bien que chaque territoire ait ses particularités, on observe plusieurs besoins en commun, tel que l’accès aux logements sociaux et communautaires – notamment pour les familles monoparentales et les personnes seules –, les besoins en rénovation pour des propriétés ou des logements vieillissants, et la pénurie de logements accessibles aux personnes handicapées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commandé par le comité de travail sur l’habitation, ce portrait a été réalisé par la sociologue consultante, madame Sandy Torres, sur une période de 11 mois, soit de février à décembre 2010, et a permis de mobiliser des gens de plusieurs secteurs sur la situation de l’habitation en Mauricie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prochaine étape pour le comité régional est maintenant de publiciser ces données et d’accompagner, au besoin, des comités territoriaux de développement social dans la diffusion du profil de leur propre territoire, à partir des données du portrait global. Les personnes intéressées par cette présentation sont invitées à contacter le Consortium.&lt;/p&gt;</description><link>mauricie-vol-12-no-1.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:12:30 GMT</pubDate></item><item><title>Laurentides - Voyons loin, agissons ensemble pour un développement durable</title><description>&lt;div class="icone_article_droite"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Communes/icone_laurentides.jpg" alt="Carte du Québec" /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;h1 class="theme_chez_nous_en_region"&gt;Chez nous en région&lt;br /&gt;Laurentides&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_chez_nous_en_region" /&gt;
&lt;h2&gt;&lt;em&gt;Voyons loin, agissons ensemble pour un développement durable&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; Antoine-Labelle : vers une vision d’avenir commune!&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Caroline Collin, Corporation de développement communautaire des Hautes-Laurentides&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de la démarche collective &lt;em&gt;Voyons loin, agissons ensemble pour un développement         durable&lt;/em&gt;, le territoire de la MRC d’Antoine-Labelle s’apprête à franchir     une étape décisive pour son avenir. Le 30 avril 2011, un Forum citoyen réunissait     intervenants, élus locaux et citoyens afin de définir ensemble une vision d’avenir     pour cette communauté et jeter les bases d’un plan pour passer à l’action. Le but     de cette démarche globale était de permettre la revitalisation sociale et économique     d’Antoine-Labelle (un territoire qui subit toujours les effets de la crise forestière)     en rassemblant les acteurs des différents secteurs d’activités du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Voyons loin&lt;/em&gt; a pris naissance en janvier 2010 alors que s’est mis sur pied     un comité de pilotage ayant pour but d’accompagner la réalisation de toutes les     étapes de la démarche et d’assurer son bon déroulement. Ce comité représentatif     de la communauté d’Antoine-Labelle est formé de 22 personnes représentant 16 organisations     locales à caractère communautaire, économique, politique et institutionnel. Notons     que la création de ce comité émerge elle-même d’une volonté de certains participants     du colloque sur le développement social et durable, organisé en mars 2009 par la     Corporation de développement communautaire des Hautes-Laurentides, de donner des     suites concrètes à cet événement inspirant. Ainsi, l’Institut pour le progrès socio-économique     a été embauché à l’été 2010 par le comité de pilotage pour faire le travail terrain.     Toutefois, le comité demeure le chef d’orchestre de toute la démarche puisqu’il     est très présent et actif à toutes les étapes, en amont et en aval, puis valide     les résultats. On peut donc dire qu’il s’agit réellement d’une démarche « du, par     et pour le milieu ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait même ajouter « avec » le milieu. En effet, au cœur de Voyons loin, se     trouve le souci de faire participer les citoyens afin que toute cette démarche soit     collée sur la réalité vécue par la population, qu’elle réponde aux besoins et aux     ambitions de toutes les composantes de la communauté (citoyens, entrepreneurs, élus,     institutions, organismes communautaires, etc.) et que la vision d’avenir qui en     résultera soit vraiment partagée par tous. Ainsi, en plus de huit tables rondes     tenues à l’automne dernier auprès de 80 acteurs de terrain, cinq soirées de consultation     citoyennes ont eu lieu, en février dernier, à des endroits différents sur le vaste     territoire d’Antoine-Labelle, de manière à prendre le pouls d’un maximum de citoyens     sur l’avenir du territoire qu’ils habitent. Au total, c’est donc 230 participants     qui ont saisi l’occasion de s’exprimer sur les six grands thèmes couverts par &lt;em&gt;Voyons         loin&lt;/em&gt;, des thèmes qui se veulent aussi des conditions de succès pour l’avenir     d’Antoine-Labelle : diversification économique, relève motivée et qualifiée, dynamisme     de la communauté, milieu de vie de qualité, mise en valeur durable de l’environnement,     participation citoyenne et leadership.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite au Forum citoyen, les priorités et les pistes d’actions issues de cette journée     seront retravaillées pour en faire un véritable plan d’action, qui sera bonifié     et entériné par le comité de pilotage vers la fin du printemps. Puis, à l’automne     2011, se mettront en place les mécanismes de suivi. Pour plus d’informations, consultez     le &lt;a href="http://www.voyonsloin.ca" target="_blank"&gt;www.voyonsloin.ca&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description><link>laurentides-vol-12-no-1.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:12:19 GMT</pubDate></item><item><title>Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine - Un travailleur de corridor au Cégep de la Gaspésie et des Îles </title><description>&lt;div class="icone_article_droite"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Communes/icone_gaspesie.jpg" alt="Carte du Québec" /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;h1 class="theme_chez_nous_en_region"&gt;Chez nous en région&lt;br /&gt;Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_chez_nous_en_region" /&gt;
&lt;h2&gt;Un travailleur de corridor au Cégep de la Gaspésie et des Îles&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Ghislain Anglehart, Conférence régionale des élus de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine&lt;br /&gt; et Geneviève Bouffard, Engagement Jeunesse Gaspésie - Les Îles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis février 2009, les résidences du campus de Gaspé du Cégep de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine accueillent en leurs murs une nouvelle ressource : un travailleur de corridor. Le projet résulte d’une entente conjointe entre le Cégep et la direction de Santé publique de l’Agence de santé et de services sociaux de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. Chapeauté par le Centre de ressourcement, de réinsertion et d’intervention (CRRI), le travailleur de corridor, à raison de 30 heures par semaine, travaille auprès des jeunes étudiants qui logent à la résidence du Cégep afin de les écouter et de leur venir en aide lorsque ceux-ci traversent des périodes difficiles.&lt;/p&gt;
&lt;h4&gt;Prévenir le suicide et la toxicomanie&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Les tâches du travailleur de corridor s’inscrivent à la fois dans les programmes de services d’aide à la réussite de l’institution d’enseignement et dans le Plan d’action régional en santé publique 2009-2012, volet « prévention du suicide », dont l’un des objectifs vise à développer des pratiques d’intervention adaptées à la réalité de la détresse masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’année dernière, le travailleur de corridor est intervenu auprès d’une centaine de jeunes. Ses interventions sont multiples et vont de l’écoute à la référence, en passant par les services d’aide en santé mentale. Il est également appelé, lorsque la situation l’exige, à intervenir en dépendance, en situation de crise et en gestion de stress. Le travailleur de corridor peut aussi, au besoin, organiser des activités communautaires et de groupe afin de sortir les jeunes de l’isolement et contribuer ainsi à les sensibiliser quant à diverses problématiques. Occasionnellement, il peut représenter le jeune dans certaines situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Cégep de la Gaspésie et des Îles, le travailleur de corridor est devenu une véritable personne ressource pour les étudiants résidants. Sa neutralité et son impartialité lui permettent de bâtir avec eux un important lien de confiance, élément essentiel dans un cheminement à la fois personnel, académique et social.&lt;/p&gt;</description><link>gaspesie–iles-de-la-madeleine-vol-12-no-1.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:12:07 GMT</pubDate></item><item><title>Lanaudière - Prendre le temps de réfléchir à nos pratiques</title><description>&lt;div class="icone_article_droite"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Communes/icone_lanaudiere.jpg" alt="Carte du Québec" /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;h1 class="theme_chez_nous_en_region"&gt;Chez nous en région&lt;br /&gt;Lanaudière&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_chez_nous_en_region" /&gt;
&lt;h2&gt;Prendre le temps de réfléchir à nos pratiques&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Marie-Pier St-Louis, Table des partenaires du développement social de Lanaudière&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Même en période d’activités intenses, la Table des partenaires du développement social de Lanaudière (TPDSL) a choisi de se donner le temps de réfléchir à sa manière de pratiquer la concertation. En effet, il existait plusieurs questionnements quant aux rôles que devait jouer la Table dans l’ensemble des pratiques en développement social qui ont cours sur le territoire lanaudois. Ayant la volonté d’améliorer l’arrimage des concertations et des partenariats en développement social de la région, un processus de réflexion a pris naissance au printemps 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dès la première rencontre du Groupe de réflexion sur les pratiques de concertation (GRPC), composé d’employés de l’Agence de la santé et des services sociaux de Lanaudière (ASSSL) et de la TPDSL, il a été décidé de s’allier des contributeurs provenant de l’ensemble des territoires pour réaliser cette démarche avec une approche dynamique de co construction. En septembre, une première rencontre élargie a donc été organisée avec des représentants des six municipalités régionales de comté (MRC), trois personnes provenant d’organisations régionales et deux membres de la TPDSL, appelés les Sages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe a réfléchi aux objets et aux cibles d’actions à prioriser, à la manière de travailler et au rôle que la Table devrait jouer. Il a aussi priorisé certains partenaires en développement social et identifié les manières les plus adéquates de travailler ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe des Sages s’est réuni à cinq reprises. Parallèlement, le GRPC a analysé les discussions des rencontres et proposé une marche à suivre. Les résultats de cette réflexion seront présentés au conseil d’administration de la Table des partenaires qui devra se positionner et s’ouvrir à un éventuel changement de pratiques. À l’issue de la réflexion, la Table des partenaires désire que ce temps lui ait permis de se donner les moyens de mieux réaliser sa mission qui est de réduire les inégalités sociales et de santé et d’améliorer l’arrimage entre ses différents partenariats, locaux et régionaux, grâce à un positionnement clair et des manières de faire efficaces et prometteuses.&lt;/p&gt;</description><link>lanaudiere-vol-12-no-1.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:11:56 GMT</pubDate></item><item><title>Laval - La participation citoyenne, moteur de transformation sociale</title><description>&lt;div class="icone_article_droite"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Communes/icone_laval.jpg" alt="Carte du Québec" /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;h1 class="theme_chez_nous_en_region"&gt;Chez nous en région&lt;br /&gt;Laval&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_chez_nous_en_region" /&gt;
&lt;h2&gt;La participation citoyenne, moteur de transformation sociale&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Mathieu Leclerc, Corporation de développement communautaire (CDC) de Laval&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La région de Laval a réalisé en 2008 2009 une démarche citoyenne dont le point culminant a été la tenue d’un forum social régional. Cette démarche s’inscrivait dans la foulée des forums sociaux mondiaux et s’inspirait directement de leurs valeurs et principes. Devant le constat que les citoyens ont de moins en moins de lieux pour influer sur les enjeux sociaux en dehors des périodes électorales, la région de Laval a fait le choix d’organiser une démarche qui place les citoyens au cœur même de l’action et des prises de décision. Grâce à la démarche du Forum social de Laval 2009, les Lavallois ont pu jouer un rôle déterminant dans l’amélioration de leurs conditions de vie!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons qu’à l’automne 2008, des forums locaux ont été organisés dans chaque quartier de Laval (neuf forums), permettant ainsi aux citoyens d'exprimer leurs préoccupations locales et d’identifier ensemble les enjeux de leur quartier et la façon dont ils pourraient améliorer leur milieu de vie. En tout, plus de 600 personnes et près de 100 organismes avaient participé à ces événements, où ont été enclenchées des initiatives citoyennes visant chacune à améliorer leur quartier. Ainsi, les citoyens reprenaient le contrôle de l’amélioration de leur quartier et avaient un impact déterminant sur leur milieu de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, le Forum social de Laval, qui s’est tenu en avril 2009 au Collège Montmorency, a permis de rassembler plus de 500 citoyens, qui ont discuté des enjeux de leur région grâce à une programmation diversifiée  : plus de trente-cinq ateliers, une dizaine de spectacles, vingt-quatre kiosques, cinq chantiers régionaux et deux plénières/conférences. Dans le cadre des cinq chantiers régionaux, des comités de citoyens ont été formés afin de travailler aux projets d'amélioration des milieux de vie qui ont été choisis par les citoyens ayant participé au Forum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans plus tard, une grande partie de ces projets a été réalisée par les citoyens, et plusieurs autres comités de citoyens sont toujours en action. Amélioration du transport en commun dans les zones non desservies, accès à une saine alimentation, amélioration des relations interculturelles et intergénérationnelles, création d’un premier écoquartier à Laval, etc., voilà les projets démarrés, portés et réalisés par les citoyens de Laval!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partenaires du Forum social de Laval se réjouissent que de grandes initiatives citoyennes en soient ressorties. C’est pourquoi ils souhaitent poursuivre et renforcer ce qui a été commencé en 2009 et développé depuis, en démarrant l'organisation de la deuxième édition du Forum social de Laval, prévue à l’automne 2012. Cette nouvelle édition devrait permettre non seulement d'approfondir les réflexions de celle de 2009, mais aussi de renforcer les initiatives citoyennes créées alors et de mettre en place de nouvelles initiatives touchant des enjeux qui n'auraient pas été couverts la première fois et que les citoyens jugeraient incontournables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CDC de Laval et de nombreux autres organismes travaillent donc à l'organisation de ce grand rendez-vous citoyen, auquel sera invité à participer l'ensemble de la population lavalloise. Les organismes communautaires et leurs partenaires interpellent l’ensemble des organisations et des citoyens qui seraient intéressés à collaborer à la réalisation de cette nouvelle édition du Forum social de Laval, afin qu’ils se joignent à nous! Pour plus d’informations, visitez &lt;a href="http://www.forumsocialdelaval.org" target="_blank"&gt;www.forumsocialdelaval.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;</description><link>laval-vol-12-no-1.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:11:44 GMT</pubDate></item><item><title>Le temps retrouvé ou le temps de la solidarité</title><description>&lt;h1 class="theme_mot_redaction"&gt;Mot de la rédaction&lt;/h1&gt;
&lt;hr class="theme_mot_redaction" /&gt;
&lt;h2&gt;Le temps retrouvé ou le temps de la solidarité&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;par Mélanie Chabot, comité de rédaction&lt;/h3&gt;
&lt;div class="image_article_gauche"&gt;&lt;img src="/Data/Sites/1/GalleryImages/Communes/Melanie_Chabot.jpg" alt="Photo de Mélanie Chabot" /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;p class="article_photo_credit"&gt;Photo : Fanny Ducharme&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;« Contraint par sa femme aux durs travaux des champs pour lesquels il est peu doué, Alexandre ne rêve que d'une chose : ne rien faire. C’est ainsi qu’il profite de son veuvage pour retrouver son indolence naturelle. Or, son comportement sème rapidement le trouble dans le petit village par l'exemple qu'il donne. Si une partie des habitants décide alors de le forcer à reprendre le travail, Alexandre commence à faire des émules, qui s'essayent, comme lui, à la paresse.&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt; » &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En février 2008, un article paru dans Le Devoir&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; allait me faire découvrir un militant peu connu de la gauche européenne du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, un dénommé Paul Lafargue qui, en 1883, publiait un petit ouvrage qui allait être, pendant un bon moment, « l’ouvrage le plus traduit après le &lt;em&gt;Manifeste du parti communiste&lt;/em&gt; (1848) ». L’ouvrage en question?&lt;em&gt;Le Droit à la paresse&lt;/em&gt;. Par cet article, j’allais apprendre que Lafargue remettait alors en question « cette passion pour le travail qui semble avoir perverti ce qu’il concevait comme la mission historique du prolétariat : établir un nouvel ordre social afin d’utiliser les progrès technologiques générés par le capitalisme dans l’intérêt des travailleurs ». Or, près de 150 ans plus tard, et malgré les avancées techniques, des études nous apprennent que les travailleurs québécois travaillent de plus en plus, pour gagner souvent moins qu’il y a 30 ans&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;. D’autres nous informent que près du tiers des Canadiens se disent être des bourreaux de travail&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;, que le temps passé en famille fond comme neige au soleil&lt;sup&gt;5&lt;/sup&gt; et que les Québécois, tout comme les Canadiens, sont de moins en moins nombreux à offrir du temps pour l’entraide ou le bénévolat&lt;sup&gt;6&lt;/sup&gt;. Pourtant, dans une entrevue accordée à TVA en octobre 2006, Lucien Bouchard déclarait que les Québécois ne travaillent pas assez. On travaillerait moins que les Ontariens, infiniment moins que les Américains. Il faudrait travailler plus!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de cette rencontre avec Lafargue à travers l’article cité plus haut, ce sont ces paradoxes qui m’ont récemment incitée à revoir cette ode à la vie qu’est le film d’Yves Robert : &lt;em&gt;Alexandre le Bienheureux&lt;/em&gt;. Et près de 50 ans plus tard, en plus de constituer une véritable bouffée d’air frais, ce petit film m’est apparu d’une actualité criante. Car un constat s’impose : qu’on parle de temps social, de temps personnel, de temps en famille, de temps travaillé, emprunté ou consommé, mon entourage – tant personnel que professionnel – semble vivre une insatisfaction généralisée quant au temps disponible, nécessaire, souhaitable, espéré. D’où le présent numéro sur la question du temps et, surtout, sur celle de sa compression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps n’affecte pas que les individus. Il constitue également un enjeu important pour le développement social en agissant sur la capacité de nos communautés à s’organiser et à se mobiliser sur divers enjeux. C’est ainsi qu’en première partie de ce numéro, on s’intéresse à l’impact de la compression du temps sur les pratiques de développement collectif, sur la conciliation travail-famille-vie personnelle, sur l’égalité hommes-femmes, sur l’engagement social et la participation citoyenne. Puis, nous vous présentons comment plusieurs communautés, en usant d’imagination collective, réussissent à couper court à l’accélération du temps. Projets de conciliation travail-famille-vie personnelle, services de proximité et services à la personne, entraide, troc et échanges de services, voilà autant d’astuces qui font appel à la solidarité et que vous prendrez plaisir à découvrir en deuxième partie de ce numéro. Faites des émules de vos communautés! Et inspirez-vous!&lt;/p&gt;
&lt;ol class="nbp"&gt;
&lt;li&gt;Yves Robert (1968), &lt;em&gt;Alexandre le bienheureux&lt;/em&gt;, DVD, 1 heure 40 minutes, France, Studio Canal Vidéo. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Éric Darier (2008), Paul Lafargue fustigerait Lucien Bouchard. Pour sauver la planète il faudrait revenir au droit à la paresse de ce militant de la mouvance de gauche de l’Europe du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle,&lt;em&gt;Le Devoir&lt;/em&gt;, samedi 23 et dimanche 24 février, p. B6. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Eve-Lyne Couturier et Bertrand Schepper (2010), &lt;em&gt;Qui s’enrichit, qui s’appauvrit. 1976-2006&lt;/em&gt;, Montréal, Institut de recherche et d’informations socio-économique, Ottawa, Centre Canadien de Politiques Alternatives. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Leslie-Anne Keown (2007), Les bourreaux de travail et leur perception du temps,&lt;em&gt;Tendances sociales canadiennes&lt;/em&gt;, no 83&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Martin Turcotte (2007), Le temps passé en famille lors d’une journée de travail typique, 1986 à 2005,&lt;em&gt;Tendances sociales canadiennes&lt;/em&gt;, no 83&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Stéphanie Gaudet (2010). Bénévolat et entraide : le temps du désengagement?,&lt;em&gt;L’état du Québec 2010&lt;/em&gt;, Montréal, Boréal, p. 383.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description><link>le-temps-retrouve-ou-le-temps-de-la-solidarite.aspx</link><pubDate>Wed, 08 Jun 2011 14:01:45 GMT</pubDate></item></channel></rss>
