Cet article à été publié dans le volume 12, numéro 2, octobre 2011

SUR LE TERRAIN


Travailler et vivre une retraite digne, c’est possible maintenant

par Lise Gervais, Relais-Femmes

Les personnes salariées œuvrant au mieux-être de leurs concitoyens et concitoyennes tout au long de leur vie professionnelle se retrouveront bien souvent, à leur retraite, avec des revenus sous le seuil de la pauvreté. C’est en réponse à cette situation que le régime de retraite par financement salarial des groupes communautaires et de femmes (RRFS-GCF) a été mis sur pied. Il se veut une réponse adaptée aux milliers de personnes salariées du vaste secteur communautaire.

Travailler dans un groupe communautaire, dans un groupe de femmes, dans une entreprise d'économie sociale ou dans un organisme culturel rime souvent avec bas salaires et avantages sociaux à peu près inexistants. Les employeurs n'ont pas les moyens financiers de donner des avantages sociaux, ce qui favorisait l’attraction et la rétention de leurs salariés; de plus, les bas salaires pratiqués dans ces organismes ne permettent pas beaucoup d’épargne individuelle. Si bien que ces personnes salariées ne pouvaient espérer compter, jusqu’à tout récemment, que sur les régimes publics de retraite, notoirement insuffisants pour assurer un revenu au-dessus du seuil de pauvreté.

Travailler et vivre une retraite digne, c’est possible maintenant

Photo : Masaltof (iStock)

Le RRFS-GCF offre un régime à prestations déterminées par financement salarial, c'est-à-dire un régime où la rente est garantie, indépendamment de la situation financière du prestataire, de l'âge de son décès ou même du rendement du régime. Cette approche favorise les personnes salariées, car elle garantit une rente à la retraite (les prestations) et aide les employeurs à offrir un avantage social même si, normalement, ils seraient incapables d’assumer le risque et la charge d’un régime classique à prestation déterminée.

L'obligation de l'employeur se limite à verser la cotisation convenue; il n'exerce aucune forme de contrôle sur le Fonds de retraite et n’est pas lié par d’éventuels déficits actuariels. Ce sont les participants et participantes qui assument collectivement le contrôle du Fonds, car ils en supportent les risques et en retirent les bénéfices. Ce régime se distingue d'un régime à cotisations déterminées, dont le montant des cotisations est connu, mais dont le revenu et la durée des rentes seront déterminés au moment de la retraite, selon la performance du régime et les aléas du marché; de telles caractéristiques font supporter le risque aux rentiers, individuellement.

L’approche prudente et souple du RRFS-GCF permet de garantir, tout au long de la retraite, une rente annuelle de 10 $ pour chaque 100 $ initialement investi dans la Caisse. Si la santé financière du régime le permet, il est prévu d’indexer les rentes. Le régime est de type « interentreprises » et permet aux salariés de travailler chez différents organismes membres. Par respect pour l'autonomie administrative de ces organismes membres, il est permis à chacun de déterminer son niveau de cotisation, à l’intérieur de certaines balises : la cotisation totale doit se situer entre 2 et 18 % du revenu des employés et l'employeur doit cotiser le même montant que les salariés (ou davantage). Les personnes salariées peuvent de plus racheter des années de services ou verser des cotisations individuelles additionnelles.

Conformément aux valeurs du secteur communautaire, le régime s'est doté d'une gouvernance représentative des divers secteurs d’intervention des organismes participants, où les hommes et les femmes sont équitablement représentés. Lorsque le Fonds aura atteint une taille d’actifs suffisante, il souhaitera déployer sa politique de placements socialement responsables tout en garantissant le versement des rentes promises.

En mai 2011, le régime comptait 2369 personnes, provenant de 323 groupes, avec une encaisse de 7 024 329 dollars. Pour en savoir plus, consultez www.regimeretraite.ca