SUR LE TERRAIN
Une plante importée de Russie crée de l’emploi à Sainte-Rita
par Melina Schoenborn, collaboration spéciale
Sainte-Rita est une municipalité dite dévitalisée, située à quelque 40 kilomètres de Trois-Pistoles. Sa population décline et son économie, basée sur les produits de la forêt et de l’agriculture, a subi les assauts de la crise qui a secoué tout le Québec. Les 350 âmes qui tiennent le fort ne se sont pas avouées vaincues pour autant.
Photo : BIOproduits
Les producteurs agricoles ont trouvé une façon novatrice d’augmenter leurs rendements financiers. Ils cultivent, cueillent et transforment têtes de violon, quenouilles, champignons sauvages, baies d’églantiers et salicorne, pour ne nommer que ceux-là. Leurs produits sont vendus au grand public.
L’entreprise sociale permet aux utilisateurs du territoire de diversifier leurs activités agricoles dans une approche de développement rural durable. La coopérative Les BIO-produits de Sainte-Rita réunit actuellement plus de125 membres, preuve qu’il y avait de réels besoins de ce côté.
En 2005, les élus municipaux ont formé une table de concertation pour tenter de stimuler le développement économique de Sainte-Rita. « Au terme de cette réflexion, tous les membres de cette table s’entendaient sur la nécessité de créer un modèle de coopérative qui puisse rejoindre le plus de gens possible », explique Francine Ouellette, directrice générale et chargée de projets de la coopérative. Deux ans plus tard, BIO-produits Sainte-Rita voyait le jour.
Depuis, la culture de la camerise – une toute nouvelle variété de fruit, homologuée au Québec depuis 2007 – a permis à l’entreprise d’économie sociale de se démarquer. Ce petit fruit qui pousse sur les terres de la Russie et de la Scandinavie est maintenant disponible dans les forêts de la MRC Les Basques.
« Nous avons reçu le soutien du Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec (CDAQ) pour un projet d’une durée de quatre ans sur l’optimisation de cette nouvelle culture. En fait, tant au niveau municipal, régional et provincial, tous nos partenaires ont été ouverts et favorables au dialogue. Notre député nous a beaucoup soutenus dans nos démarches de financement », affirme Madame Ouellette.
Photo : BIOproduits
La directrice générale croit que dans le Bas-St-Laurent, dans les municipalités peu peuplées, la coopérative est le type d’entreprise qui fonctionne le mieux, car il crée un sentiment d’appartenance dans la population. « En plus de rejoindre tous les utilisateurs du territoire, nous incluons une dimension intergénérationnelle au projet. Les ainés sont riches de savoir-faire, ils transmettent ce bagage aux jeunes dans le cadre d’emplois étudiants bâtis sur mesure ».
Pour l’instant, la coop n’est pas autonome financièrement, mais espère le devenir dès 2013. Cela dépend de Dame Nature. D’ici là, l’entreprise va se chercher des revenus supplémentaires dans la vente d’un livre de recettes, qui remporte un succès certain. La crème de quenouilles, les canapés d’églantiers et le gratin de salicorne y sont à l’honneur.
« Des groupes provenant de la France, du Nouveau-Brunswick ou de la paroisse d’à côté viennent nous voir pour obtenir des conseils », confie la directrice générale. Elle affirme que c’est tout à fait possible pour les communautés rurales de s’organiser et se développer. Pour réussir, il faut avoir une vision d’avenir et trouver une façon ingénieuse d’exploiter ce qui se trouve dans sa cour!